Milee, le distributeur de publicités aixois placé en liquidation, 5.000 emplois menacés
latribune.fr
L'entreprise avait été créée en 1979 sous le nom de Société de Distribution et de Promotion avant de changer de nom pour Adrexo puis Milee (photo d'illustration).
L’entreprise Milee (ex-Adrexo) a été placée en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Marseille ce lundi. Spécialisée dans la distribution de prospectus publicitaires et en difficulté depuis plusieurs années, elle comptait sur son placement en redressement judiciaire en mai pour redresser la pente. En vain. 5.000 employés, à temps plein ou partiel, devraient être supprimés en France.
Clap de fin pour Milee, la filiale du groupe Hopps auparavant connue sous le nom d'Adrexo. Le distributeur de prospectus publicitaires a été placé en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Marseille ce lundi, comme l'a annoncé la direction dans un communiqué.
Le tribunal a rendu sa décision « après avoir entendu le rapport des administrateurs et mandataires judiciaires et constaté que le paiement des salaires ne pouvait être assuré par les entreprises », est-il précisé.
Élu de la Confédération autonome du travail (CAT), syndicat majoritaire au sein de l'entreprise, Philippe Viroulet a confirmé ce lundi à l'AFP que « les salaires d'août n'ont pas été payés ». « On s'y attendait, on voyait la trésorerie devenir inexistante », a-t-il expliqué, précisant que cette procédure conduira au licenciement des « 5.000 salariés qui restaient ».
L'entreprise, basée à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), espérait pouvoir se remettre sur pied depuis son placement en redressement judiciaire le 30 mai dernier. Cette procédure d'observation supervisée par deux administrateurs judiciaires et deux mandataires judiciaires devait durer six mois. Mais l'absence de trésorerie a précipité les choses et a aussi empêché la possibilité d'une poursuite d'activité ou tout projet de reprise.
« Une offre de reprise non financée à date avait été déposée, suite à l'appel d'offres initié par les administrateurs judiciaires, ne permettant pas de ce fait son examen futur par le tribunal compte tenu de l'impossibilité de poursuivre l'activité en l'absence de trésorerie »,détaille la direction de Milee.
La direction de Milee avait initialement annoncé en mars un plan de restructuration prévoyant la suppression de 3.500 postes. Mais avant qu'il ait pu être mis en place, « les pertes n'ont pu être endiguées et la trésorerie est ressortie trop affaiblie à la fin du premier trimestre », avait indiqué la direction pour expliquer sa demande de redressement judiciaire.
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Des difficultés de longue date
La direction expliquait aussi, pour justifier son placement en redressement judiciaire, que le secteur de la distribution d'imprimés publicitaires, dont elle était un des leaders, est « un domaine en grande souffrance ». En cause : des « éléments extérieurs imprévisibles » (« gilets jaunes », Covid, inflation...) mais aussi « le changement d'habitude des consommateurs engendré par des préoccupations environnementales ». Cette « accumulation n'est plus supportable en matière de trésorerie », indiquait l'entreprise.
Il est vrai que le secteur de la distribution d'imprimés publicitaires a presque fondu de moitié en quatre ans en France. Il est passé de 10,4 milliards d'imprimés publicitaires en 2019 à 5,7 milliards en 2023, selon La Poste, qui, également pénalisée par un marché en baisse, a annoncé en avril le reclassement au sein du groupe des salariés de sa filiale de prospectus publicitaires Mediaposte.
La direction pointée du doigt
La CAT avait, elle, plutôt pointé du doigt la direction. Selon le syndicat, elle porte « une lourde responsabilité du fait du mode de gestion de l'entreprise et plus généralement du groupe Hopps ».
Un des élus avait dénoncé les « erreurs » de la direction pour organiser l'acheminement de plis électoraux lors des départementales et régionales de juin 2021, en ne s'appuyant pas sur les distributeurs expérimentés mais sur des intérimaires. L'État avait résilié quelques mois plus tard cet important marché initialement prévu pour quatre ans. C'est notamment parce que son nom avait été entaché par cette histoire que l'entreprise avait troqué son nom Adrexo pour Milee.
Le groupe avait pourtant tenté de redresser l'activité en lançant, au printemps 2023, « 150€ », un média principalement numérique visant à fournir aux consommateurs un meilleur « accès à toutes les promotions proches » de chez eux. Mais selon la CAT, si le groupe a « tenu » jusque-là, c'est grâce à des emprunts et aides diverses et à la vente de sa société Colis Privé pour près de 600 millions d'euros en 2022 à l'armateur CMA-CGM (actuel propriétaire de La Tribune).
La liquidation de Milee signe en tout cas le clap de fin d'une entreprise qui aura fonctionné durant 45 ans. Elle avait en effet été créée en 1979, alors sous le nom de Société de Distribution et de Promotion.