Moins d’énergie, plus de services : la balance des paiements française repasse au vert
La Tribune

Le rapport annuel de la Banque de France sur la balance des paiements en 2024 comporte quelques bonnes nouvelles.
Reuters
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Le rapport annuel de la Banque de France sur la balance des paiements en 2024 comporte quelques bonnes nouvelles.
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La France retrouve des couleurs sur le front de ses échanges extérieurs. Selon le rapport annuel de la Banque de France, le solde des transactions courantes redevient excédentaire en 2024, à hauteur de 2,7 milliards d'euros, après deux années de déficits marqués (-29,4 milliards en 2023 et -37,7 milliards en 2022). Ce redressement s'inscrit, note le rapport, dans un contexte de « réduction du déficit commercial, portée par le fort repli de la facture énergétique et le redressement des échanges de biens industriels », mais aussi « d'un nouvel accroissement de l'excédent des services ».
Le déficit commercial, bien que toujours important (60 milliards d'euros), se réduit nettement grâce à une contraction des importations de biens, notamment énergétiques donc, et une dynamique plus favorable dans les secteurs industriels comme la pharmacie ou la métallurgie. Les exportations de biens, elles, reculent légèrement (-1,5 %), reflet d'une demande mondiale atone.

Côté services, l'excédent bondit à 56,5 milliards d'euros, profitant d'une forte progression des exportations (+7,4 %), en particulier dans les services aux entreprises et la réassurance. Les échanges de voyages et de transport se redressent également. La France tire un avantage comparatif croissant dans le secteur tertiaire, notamment vis-à-vis des pays tiers - États-Unis, Royaume-Uni et Suisse en tête -, avec lesquels elle enregistre ses plus forts excédents. « La France, souligne le rapport de la Banque de France, se distingue à la fois par des échanges de services (en pourcentage du PIB) plus importants comparativement aux autres pays européens de l'échantillon », mais aussi « par une part relativement plus élevée des petites entreprises (moins de 50 salariés) dans les échanges de services ».
Cependant, cette embellie est partiellement tempérée par la dégradation du solde des revenus primaires, en repli à 54,9 milliards d'euros, contre 60 milliards en 2023. En cause : la hausse progressive des taux d'intérêt, qui pèse sur le solde net des revenus d'investissements de portefeuille et des autres investissements. Le déficit sur ces derniers atteint 39,3 et 23,6 milliards respectivement, effaçant une partie des gains issus des investissements directs à l'étranger.
Sur le plan financier, le compte reste quasi à l'équilibre, avec des entrées nettes de capitaux de 6,9 milliards d'euros. Cette stabilité masque des dynamiques contrastées : les investissements directs sortants s'effondrent, passant de 82,8 à 15,4 milliards d'euros, en lien avec une moindre activité de fusion-acquisition. Les investissements entrants, eux, résistent mieux, atteignant 25,2 milliards (contre 34,8 milliards en 2023), illustrant une attractivité toujours présente, notamment auprès des investisseurs suisses, allemands et néerlandais.
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Enfin, la position extérieure nette de la France s'améliore sensiblement, à -670,4 milliards d'euros, soit -22,9 % du PIB, contre -31,9 % en 2023. Cette amélioration provient en grande partie de valorisations favorables sur les actifs détenus à l'étranger, portées par « la hausse des prix d'actifs et plus marginalement la dépréciation de l'euro ». Elle ne doit toutefois pas masquer la persistance d'une dette extérieure nette élevée, à 42 % du PIB.
Si la France retrouve un semblant de souffle sur sa balance des paiements, les déséquilibres structurels - déficit commercial, dépendance énergétique, vulnérabilité aux taux - demeurent. À la veille d'un durcissement possible des échanges mondiaux, notamment avec les États-Unis, le répit pourrait être de courte durée.
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Les services aux entreprises, le moteur discret de l'excédent
Derrière l'amélioration spectaculaire du solde des services français en 2024 - porté à 56,5 milliards d'euros - un pilier mérite une attention particulière : les services aux entreprises. Souvent éclipsés par les exportations de luxe ou les performances du tourisme, ces services intermédiaires (conseil, ingénierie, informatique, R&D, etc.) contribuent à eux seuls à la moitié de la hausse de l'excédent des services cette année.
Le solde des « autres services aux entreprises » bondit de 5,8 milliards d'euros, porté par des exportations en hausse de près de 9 %, nettement plus dynamiques que les importations. Cette performance renoue avec les niveaux records observés avant la crise sanitaire. Elle illustre l'intégration croissante de la France dans « les chaînes de valeur intellectuelles mondiales », notamment dans les secteurs de l'innovation et de la transformation numérique.
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