Nouvel échec dans la revente du magazine Marianne
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En 2023, avec 129.000 exemplaire vendus, Marianne avait vu sa diffusion baisser de 1,3% par rapport à 2022. (photo d'illustration)
Reuters
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En 2023, avec 129.000 exemplaire vendus, Marianne avait vu sa diffusion baisser de 1,3% par rapport à 2022. (photo d'illustration)
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C'est un nouveau coup dur pour Marianne. Après l'arrêt des discussions sur le rachat avec le milliardaire conservateur Pierre-Edouard Stérin, rejeté par la rédaction après la révélation par le Monde d'accointances avec l'extrême droite, le magazine a annoncé aujourd'hui l'arrêt des négociations avec l'entrepreneur Jean-Martial Lefranc. En cause : un manque de garanties sur l'indépendance éditoriale, selon une partie de la rédaction.
Son propriétaire, CMI France, « prend acte de ce que les discussions avec M. Lefranc sont terminées »" et déplore « une situation inédite (qui) place le magazine dans une conjoncture incertaine », écrit le groupe du magnat tchèque Daniel Kretinsky (Elle, Télé 7 jours...) dans un communiqué transmis à l'AFP, se disant toutefois « déterminé à trouver un avenir pour le titre », mis en vente depuis fin avril.
Des « négociations exclusives » étaient ouvertes avec Jean-Martial Lefranc, un entrepreneur de 62 ans ayant fait carrière dans les jeux vidéos et propriétaire du groupe de presse jeunesse Fleurus depuis 2009. M. Lefranc proposait 8,5 millions d'euros, CMI France se disant disposé à prendre en charge une partie des coûts de reprise, pour 3 millions d'euros.
Ces discussions ont vite tourné court lorsque l'entrepreneur a annoncé avoir « la ferme intention » d'intervenir dans la ligne éditoriale du journal et de « remédier personnellement » aux articles ne répondant pas, selon lui, aux « exigences de la déontologie journalistique ». La rédaction s'était alors dite « prête à user de tous les moyens pour obtenir satisfaction dont la grève ». Une réaction qui n'avait pas plu à ce potentiel acheteur, jugeant que la « radicalité » de la société des rédacteurs de Marianne (SRM) compromettait le rachat du titre.
Le groupe, propriétaire de Marianne depuis 2018, « indiquera prochainement les grandes orientations qui pourraient alors être retenues », selon le communiqué.
En 2023, avec 129.000 exemplaire vendus, Marianne avait vu sa diffusion baisser de 1,3% par rapport à 2022, derrière ses concurrents Le Point (291.000, -1,5%), L'Obs (190.000, -7%) et L'Express (144.000, -5%), selon l'Alliance pour les chiffres de la presse et des médias.
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L'hebdomadaire a perdu 3 millions d'euros en 2023, pour 12 millions d'euros de chiffre d'affaires. Il défend une ligne éditoriale souverainiste, pro-laïcité, antilibérale en économie et critique des élites. C'est ce ton qui a incité Daniel Kretinsky, libéral en économie et favorable à la construction européenne, à se séparer du magazine.
(Avec AFP)
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