TÉMOIGNAGES. Depuis l’annonce des droits de douane par Donald Trump, les ménages tricolores ont laissé des plumes sur les marchés. Plusieurs d’entre eux ont accepté de relater à La Tribune ces derniers jours angoissants où leur portefeuille d’actions a viré au rouge.
« Voir toutes ses valeurs dans le rouge. C'est affolant ! On se demande si on ne va pas tout perdre. » C'est peu dire que Benjamin* éprouve, ces derniers jours, l'angoisse du petit épargnant. Depuis le 2 avril et l'annonce de l'instauration des droits de douane par Donald Trump, son portefeuille fond à vue d'œil. « J'ai investi environ 3 000 euros à la fin de l'année dernière. Mais depuis mercredi, mon portefeuille accuse une perte de presque 1 000 euros », souffle le bientôt quadragénaire qui regrette de s'être lancé en bourse « au mauvais moment ».
1 000 euros, c'est aussi la perte subie par Elvire* qui a ouvert un plan d'épargne en actions (PEA) en juillet 2024. Pourtant, l'apprentie boursicoteuse, qui a investi 5 000 euros sur les marchés, était persuadée d'avoir trouvé la martingale. « En février, mes placements m'avaient rapporté 595 euros, grâce notamment à deux ETF (Exchange Traded Fund) américains indexés sur des valeurs techs qui affichaient +18 % pour l'un et +37 % pour l'autre », détaille-t-elle. « Des ETF hyper rentables qui venaient compenser des pertes liées à des actions françaises comme Stellantis pour lesquelles j'avais investi », souligne la Parisienne.
Chez Marie*, c'est le fatalisme qui domine ces derniers jours. La jeune femme qui gagne très bien sa vie dans la communication a perdu presque 5 000 euros depuis la baisse des marchés provoquée par l'administration américaine. « J'accuse une perte de - 17 % dans mon portefeuille. Notamment à cause de valeurs comme LVMH », précise-t-elle, résignée. Le géant du luxe provoque aussi bien du tracas à Benjamin. « Quand j'ai acheté l'action, elle était à 750 euros, elle est descendue aux alentours de 500 euros ! », constate, dépité, le père de famille.
Vient alors l'inévitable question : que faire ? Tout vendre ? Profiter de la baisse des prix pour acheter ? « J'ai choisi de ne pas bouger, reprend Marie. Je joue le long terme en me disant que c'est le jeu. » Mais pas si simple de faire le dos rond quand ce sont ses économies qui s'évaporent. « Le dilemme entre attendre et vendre est terrible », glisse Elvire. D'autant que ce mardi, le CAC 40 reprend des couleurs. Cette Parisienne dynamique a néanmoins fait son choix : « Je vais endurer la situation en attendant que ça remonte », livre-t-elle. Même si elle confie qu'elle pourrait, dans un moment de doute, « retirer sa mise pour éviter une chute encore plus brutale ».
Continuer à investir
Benjamin, lui, a choisi de se montrer proactif en choisissant de renforcer des valeurs moins exposées aux soubresauts des marchés. « J'ai racheté Engie ou La Française des Jeux par exemple, des valeurs que j'avais déjà dans mon portefeuille », indique-t-il. Son idée : se recentrer sur des valeurs françaises, peu onéreuses, et même tenter quelques paris comme avec Atos, dont l'action est à terre. Le tout, en conservant, pour l'instant, ses valeurs en souffrance, telles que Nvidia ou LVMH.
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Corentin* lui aussi réfléchit à la marche à suivre. « Je pense à acheter des actions individuelles peu chères », explique-t-il. Une stratégie à rebours de celle qu'il a menée jusque-là, en privilégiant exclusivement les ETF. « J'ai un ETF actions US, trois ETF EU et deux ETF sur les marchés émergents », précise le jeune homme. « Je songe aussi à acheter du Nvidia, par exemple, des actions d'habitude très chères et qui sont aujourd'hui 'soldées', en me disant que l'on aura toujours besoin de puces électroniques. »