Le financement de l'autonomie des personnes âgées risque de donner des sueurs froides au gouvernement. Après les scandales des maisons de retraite révélées par plusieurs vastes enquêtes journalistiques, l'exécutif a décidé de s'attaquer à ce dossier particulièrement sensible. Il a ainsi soutenu une proposition de loi sur le bien vieillir et le grand âge, quelques mois après l'adoption de la réforme houleuse des retraites au printemps 2023.
Particulièrement copieux, le texte a été voté à l'Assemblée nationale et au Sénat au début du mois de février. Il doit désormais passer l'épreuve d'une commission mixte paritaire (CMP) à une date encore inconnue. Reste une question ô combien délicate : le financement. Or, elle intervient alors l'exécutif a décidé de serrer la vis budgétaire. Faute de croissance économique solide, Bercy a décidé de tailler dans les dépenses de l'Etat à hauteur de 10 milliards d'euros pour 2024. Et il ne semble pas vouloir s'arrêter là.
Pourtant, l'arrivée à un âge avancé des premières générations du baby-boom va mécaniquement provoquer des hausses de dépenses de protection sociale dans l'accompagnement et la prise en charge de l'autonomie. Dans un rapport présenté ce mardi, le Haut Conseil de la famille, un organisme rattaché à Matignon, a tiré la sonnette d'alarme.