Pourquoi la réforme du CICE pourrait-être bénéfique pour l'emploi

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Dans sa forme actuelle, le CICE cristallise les critiques en raison de son faible impact sur l'emploi malgré un coût élevé (20 milliards d'euros par an).
Dans sa forme actuelle, le CICE cristallise les critiques en raison de son faible impact sur l'emploi malgré un coût élevé (20 milliards d'euros par an). (Crédits : Reuters)
En rendant plus lisibles les avantages qu'elle confère aux entreprises, la transformation du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) en baisses de charges, prévue pour 2019, pourrait avoir un "effet significatif sur l'emploi", rapporte une étude de l'Institut des politiques publiques (IPP) présentée ce jeudi 11 octobre. Cependant des différences notables apparaîtraient en fonction des secteurs d'activité.

La réforme du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), cette réduction d'impôts accordée aux entreprises sur les salaires inférieurs à 2,5 fois le Smic créer afin de renforcer leur compétitivité, pourrait s'avérer être une aubaine pour l'emploi en France. C'est tout du moins la conclusion d'une étude réalisée à la demande de l'Assemblée nationale par l'Institut des politiques publiques (IPP) et publiée ce jeudi 11 octobre.

"L'explication qui nous semble la plus cohérente avec les résultats empiriques aujourd'hui connus est le fait que le CICE a été largement perçu comme une baisse d'impôt sur les sociétés plutôt que comme une réduction du coût du travail", analyse dans son étude l'IPP.

Lire aussi : La difficile transformation du CICE en baisse de charges

Or, la réforme du dispositif "va rendre lisible et saillante la baisse du coût du travail, qui était peu transparente avec le crédit d'impôt", estime cette étude. "Suivant cette interprétation, la bascule du CICE pourrait avoir un effet significatif sur l'emploi, via un effet sur la trésorerie des entreprises et sur la lisibilité de la réduction du coût du travail", ajoute l'étude, qui n'avance toutefois pas de données chiffrées.

Des différences selon les secteurs d'activités

Le plan du gouvernement consiste à remplacer le CICE actuel par une baisse de charges de six points pour les salaires allant jusqu'à 2,5 fois le Smic et de 10 points pour les salaires compris entre 1 et 1,6 Smic. Cette mesure va peser lourdement sur le déficit public en 2019, puisque l'Etat devra payer "double", c'est-à-dire supporter le remboursement du CICE pour 2018 et la baisse de cotisations pour l'année en cours, soit un total de 40 milliards d'euros.

Lire aussi : La transformation du CICE en baisse de charges : une fausse bonne idée ?

Selon l'IPP, toutes les entreprises ne bénéficieront toutefois pas de la même façon de ce coup de pouce financier. Motif : le choix retenu par le gouvernement de favoriser prioritairement les faibles salaires. "Les secteurs intensifs en main d'œuvre peu qualifiée sont globalement gagnants", tout comme "le secteur non lucratif", souligne l'étude, qui cite parmi les principaux bénéficiaires l'hôtellerie et la restauration, les services administratifs ou encore la santé et l'action sociale. "Les secteurs peu intensifs en main d'œuvre faiblement rémunérée", notamment l'industrie et la finance, seront eux "légèrement perdants", tandis que les effets seront à peu près neutres pour la construction, le commerce et les transports.

Le CICE, dans sa forme actuelle, a fait l'objet de vives critiques en raison de son faible impact sur l'emploi malgré un coût élevé (20 milliards d'euros par an). Selon France Stratégie, seuls 100.000 emplois net auraient ainsi et créés ou sauvegardés sur les années 2014 et 2015.

(Avec AFP)

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a écrit le 12/10/2018 à 14:16 :
Avant :Pourquoi le CICE pourrait-être bénéfique pour l'emploi.
Résultat :20 milliards d'euros par an pour 100.000 emplois net ou passe le pognon ?

Aujourd'hui :Pourquoi la réforme du CICE pourrait-être bénéfique pour l'emploi.
Résultat :
Réponse de le 15/10/2018 à 14:48 :
S'il existe encore un peu d'industrie en France c'est bien grâce au CICE qui a permis de compenser une partie du différentiel des coûts salariaux avec l'Allemagne (au niveau horaire le coût du travail français n'est plus que trèslégèrement supérieur au coût allemand... le seul problème est que sur la gamme de production française on est plutôt en concurrence avec l'Espagne voire l'Italie, et donc le CICE est largement sous-dimensionné pour avoir des effets spectaculaires....).
a écrit le 12/10/2018 à 8:41 :
Il faut appliquer la note n°6 du CAE; cela correspond à ce que disent des prix Nobel d'économie. Mais qui est capable de le comprendre? Il faut répartir les prélèvements sociaux sur le travail et sur l'ENERGIE. Le travail et l'énergie correspondent à une même grandeur physique et s'expriment avec les mêmes unités. Il n'y a pas d'autres solutions. C'est urgent!
Réponse de le 12/10/2018 à 9:32 :
L'énergie est déjà très lourdement taxée en France et ça entraîne des comportements similaires à de l'optimisation fiscale voire à de la délocalisation pour échapper à cette taxation. Exemple : quand un camion traverse la France sans y ravitailler en carburant puisqu'à partir de janvier la France aura le triste privilège du gazole le plus cher d'Europe, coiffant au poteau à cause de la hausse faramineuse des taxes programmées (après celle, déjà faramineuse, de janvier 2018) la Suède, le Royaume-Uni et l'Italie. Est-ce que cette taxation améliore d'un iota nos positions économiques ? J'en doute fortement.
Réponse de le 12/10/2018 à 17:08 :
Merci cher Bruno, pour l'intérêt que vous porter à mes commentaires. Je vous répondrais simplement qu'ils correspondent à ceux exprimés par JM Jancovici mais avec un autre raisonnement et qu'ils correspondent aussi aux propos exprimés par le prix Nobel d'économie 2018. Il existe une relation entre cout du travail et prix de l'énergie, avec une valeur optimale qu'il faut atteindre progressivement. Cela correspond à la productivité.
Réponse de le 12/10/2018 à 21:06 :
J'apprécie beaucoup certaines analyses de Jancovici, notamment celles où il prouve que la bascule vers le 100% renouvelable en matière de production électrique (et donc se passer de nucléaire) est une ruineuse foutaise. Ceci étant il n'est nullement favorable à une énergie hors de prix. Je pense qu'il existe effectivement un optimum de prix de l'énergie, mais qu'il est largement dépassé en France...
a écrit le 11/10/2018 à 19:45 :
Arrêtez avec les annonces de baisses de charges, le montant est juste ridicule, et pour l employeur et pour l employé. C est comme annoncer à un citoyen que ses impôts vont baisser de 50 euros par an...
a écrit le 11/10/2018 à 19:35 :
Article totalement délirant et coupé de la réalité : si les sommes mises en jeu dans le CICE et dans les baisses de charges sont identiques, la compétitivité prix des entreprises françaises restera identique. La seule chose que fait cette transformation, c'est de doper par du déficit la croissance. En effet, le déficit français va augmenter l'année prochaine pour fiancer cette transformation.Une première depuis 2009 ! En fait, on a un TRUMP ou un SALVINI à la tête de l'état.
La République de la Médiocrité.
Réponse de le 12/10/2018 à 9:26 :
Même à compétitivité prix inchangée une baisse de charges est immédiate et a priori définitivement acquise, alors qu'un crédit d'impôt est différé et en plus il peut être supprimé plus facilement. En gros un "tiens" vaut mieux qu'un "tu l'auras".
Réponse de le 12/10/2018 à 13:14 :
Mais non!La baisse des charges touche toutes les entreprises.Le CICE profite aux mieux organisées ,soit les plus grosses

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