Présidentielle : le 24 avril 2022, un faux remake de 2017

Marc Endeweld
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Marc Endeweld
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
En introduisant son lumineux essai politique, Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, Karl Marx expliquait : « Hegel remarque quelque part que tous les grands faits et les grands personnages de l'histoire universelle adviennent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d'ajouter : la première comme tragédie, la seconde fois comme une farce ».
Cinq ans après 2017, on retrouve en effet la même affiche pour le second tour de la présidentielle. Derrière ce scénario annoncé ces derniers jours par les sondeurs et les commentateurs, se cachent pourtant de nombreuses surprises dans les résultats, et de nombreuses incertitudes pour la suite de l'histoire.
Contrairement à 2017, les conditions du second tour risquent d'être bien plus compliquées pour Emmanuel Macron. Après cinq ans de règne, le président candidat apparaît dans l'opinion comme l'homme du passif. Même s'il a réussi l'exploit à obtenir plus de 27% des voix, le rejet dans les urnes contre son bilan et sa politique a été massif hier soir. Et dans son entourage et ses soutiens, la plus grande erreur serait de se laisser bercer par les appels à faire barrage à Marine Le Pen venus de tout l'arc politique. La colère dans le pays est telle que ces injonctions risquent d'être peu efficaces.
Les premières projections sondagières pour le second tour devraient davantage inquiéter. Lucide, Emmanuel Macron en est d'ailleurs bien averti. Depuis plusieurs jours, il tente de faire prendre conscience à ses troupes du danger à venir. En apparence, son discours de premier tour est apparu dans la forme rassembleur, ouvert. Le président a multiplié les clins d'œil aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon, à la jeunesse, et aux quartiers populaires.
À lire également
Signe de son inquiétude, il a même reconnu que de nombreux électeurs qui se rallieront à lui le feront pour faire barrage à Marine Le Pen, et non pour soutenir sa politique. Il y a cinq ans, il avait dit exactement le contraire le soir du premier tour en expliquant que sa victoire signifiait un blanc seing donné à sa future politique. Emmanuel Macron a donc tenté de faire du Jacques Chirac façon premier tour 2002, mais dans le même temps, il n'a fait aucune concession sur le fond de son programme.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Marc Endeweld