Primaire de la gauche : les cinq choses à savoir sur le scrutin

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Dans une quinzaine jours débutera la campagne des Primaires citoyennes pour le Parti socialiste et ses alliés.
Dans une quinzaine jours débutera la campagne des Primaires citoyennes pour le Parti socialiste et ses alliés. (Crédits : © Regis Duvignau / Reuters)
Les prétendants à la primaire de gauche ont quinze jours à partir de ce jeudi pour déposer leur candidature à la Haute autorité. Les candidats officiels seront connus le 17 décembre prochain.

Article publié le 29/11/2016 à 8h00, mis à jour le 01/12/2016 à 10h43

La droite et le centre ayant désigné leur candidat, c'est au tour de la gauche de se lancer. À partir de ce jeudi, les prétendants aux Primaires citoyennes ont quinze jours pour déclarer leur candidature à la Haute autorité. L'exercice est rodé pour le PS, qui a organisé les premières primaires de France en 2011, attirant 2,6 millions de votants au premier tour, puis 2,9 millions au second.

■ La Belle Alliance Populaire

"BAP", ces trois lettres risquent de monopoliser journaux, radios et télés pendant quelques temps. Il s'agit des initiales de la "Belle Alliance Populaire", regroupant l'ensemble des partis politiques qui seront représentés aux Primaires citoyennes en janvier prochain. Autour du Parti socialiste, des mouvements de centre gauche et écologistes seront présents : Génération écologie, le Front démocrate et le Parti écologiste, né de la scission des pros-gouvernement d'EELV.

■ Les candidats officiels seront connus le 17 décembre

Évidemment, tout le monde ne peut pas se présenter à ce scrutin. Pour la primaire de la droite et du centre, où 11 personnalités avaient annoncé leur candidature, seules 7 ont été retenues, faute d'avoir de soutiens suffisants pour les autres. Les Primaires citoyennes fonctionnent sur la même base. La Haute autorité réclame à ses candidats de fournir les parrainages de :

  • 5% des parlementaires PS, ou
  • 5% des membres titulaires du Conseil national, ou
  • 5% des maires des villes de plus de 10.000 habitants répartis dans dix départements et quatre régions, ou
  • 5% des conseillers régionaux et départementaux de dix départements et quatre régions.

Les volontaires ont entre le 1er et 15 décembre pour déposer leur dossier à la Haute autorité des primaires citoyennes. Celle-ci se prononcera le 17 décembre et dévoilera la liste des candidats officiels.

■ Les candidats déclarés et le suspense à la tête de l'Etat

Depuis l'été dernier, plusieurs personnalités ont proposé leur candidature à ce scrutin. Il s'agit notamment, côté frondeurs, de :

  • Arnaud Montebourg, ancien ministre du Redressement productif de François Hollande ;
  • Benoît Hamon, député des Yvelines et ancien ministre de l'Education de François Hollande ;
  • Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris ;
  • Gérard Filoche, membre du bureau national du PS.

Pour la "gauche de gouvernement" :

  • François de Rugy (Parti écologiste), vice-président de l'Assemblée nationale et ancien membre d'EELV;
  • Jean-Luc Benhamias (Front démocrate), ancien député européen.

Reste à connaître la décision de François Hollande. Ce scrutin sera pour le chef de l'Etat l'occasion de clarifier sa stratégie, à savoir si oui ou non il est candidat à sa ré-élection et s'il passe par cette primaire. Quid également de Manuel Valls ? Dans le Journal du Dimanche, le premier ministre n'avait pas exclu de se présenter au scrutin contre le président de la République.

À noter également que le fondateur de Nouvelle Donne, Pierre Larrouturou, a annoncé sa candidature à la primaire ce jeudi dans les colonnes du Parisien.

■ Mélenchon, Macron et le PRG font bande à part

Si des incertitudes planent sur certaines candidatures, eux, pour sûr, n'en seront pas. D'abord, Jean-Luc Mélenchon, arrivé quatrième à la présidentielle de 2012 : le co-fondateur du Parti de gauche a annoncé sa candidature dès février dernier et à réitérer dimanche son refus de participer à toute primaire. Parti seul, celui-ci a reçu le soutien des militants communistes qui ont voté à 53,6% samedi pour assurer sa campagne, alors que les élus du parti avait voté contre trois semaines plus tôt.

Emmanuel Macron, lui aussi, a décidé de faire cavalier seul. L'ancien ministre de l'Economie a déclaré sa candidature le 16 novembre dernier dans un centre d'apprentissage à Bobigny (Seine-Saint-Denis). Dans la foulée, le fondateur du mouvement "En Marche !" a publié son livre-programme "Révolution" où il présente sa vision "anti-système".

Enfin, surprise du côté du Parti radical de gauche (PRG). Pourtant présent en 2011 avec la candidature de Jean-Michel Baylet, le parti de centre gauche s'affranchit du PS en annonçant samedi la candidature autonome de Sylvia Pinel, ancienne ministre du Logement et vice-présidente du conseil régional d'Occitanie.

■ 22 janvier 2017 : le premier tour

Après un peu plus d'un mois de campagne, entrecoupée des fêtes de fin d'année, les électeurs devront venir départager les candidats le 22 janvier prochain, date du premier tour du scrutin.

Cette année, le PS a vu les moyens à la baisse. Seuls un peu plus de 8.000 bureaux de vote seront installés, principalement dans les zones où la gauche a réalisé des scores corrects aux dernières élections. Le choix des zones géographiques a fait l'objet de longues discussions entre les organisateurs et Arnaud Montebourg. Pour rappel, le PS avait déployé 9.500 bureaux de vote en 2011 et Les Républicains plus de 10.200 cette année.

Pour voter, les électeurs devront signer une charte affirmant leur adhésion aux valeurs de la gauche et des écologistes et s'acquitter de 1 euro à chaque tour, contre 2 euros pour la primaire de la droite et du centre.

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Commentaires
a écrit le 01/12/2016 à 13:28 :
Mais jusqu'où va aller le "Moi Président". Il déclare dans la presse régionale que le "revenu universel" suscite archaïsme et ironie. I l ne trouve pas mieux que de proposer maintenant "un patrimoine universel" pour acheter le vote des citoyens français avec l'argent public, alors que le déficit de la France est à plus de 1200 milliards d'euros.
Il faut se mobiliser gauche, droite, centre, extrême gauche, extrême droite et aller voter à la primaire socialiste pour qu.il ne soit pas élu.
a écrit le 01/12/2016 à 12:45 :
il faut que les gens de droite aillent voter aussi pour faire comme la gauche a la primaire de droite
a écrit le 29/11/2016 à 13:48 :
pour moi on devrait faire du "défrichage" à 3 tours ou pourraient passer d'autres personnalités plus originales, on en garde 10 puis 2, mélanchon pourrait passer ainsi que les écolos faire un petit tour, et la gauche pourrait au front en rangs serrés car en face il y a du lourd.
a écrit le 29/11/2016 à 12:39 :
J'ai hâte de découvrir les programmes de Benhamias, Filoche, Montebourg et les suivants qui vont se déclarer.
a écrit le 29/11/2016 à 12:34 :
Nous avons à 15 % éliminé un ténor des républicains. Idem nous allons éliminer hollande au primaire
a écrit le 29/11/2016 à 9:04 :
Le but des primaires, de "gauche" ou de droite, est le même, éliminer le plus possible de partis dissidents, tandis que les électeurs ont largement tendance à s'éparpiller le système les rappellent à l'ordre de la sorte.

Une stratégie primitive pour des politiciens primaires.
a écrit le 29/11/2016 à 8:34 :
le PS va-t-il courir le risque d'une primaire avec seulement un ou deux millions de votants accentuant ainsi indirectement le discrédit du parti?
a écrit le 29/11/2016 à 8:26 :
Signer une charte ?!? .... vaste foutaise !
QUI va verifier qu'elle est respectée ?
a écrit le 29/11/2016 à 8:26 :
Signer une charte ?!? .... vaste foutaise !
QUI va verifier qu'elle est respectée ?

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