Prix planchers pour les agriculteurs : pourquoi la tentative française risque de faire pschitt
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La proposition de loi approuvée à l'Assemblée nationale doit encore passer devant le Sénat.
JON NAZCA
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La proposition de loi approuvée à l'Assemblée nationale doit encore passer devant le Sénat.
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C'était inattendu : jeudi, l'Assemblée nationale a approuvé en première lecture une proposition de loi écologiste en faveur de prix planchers pour les agriculteurs. Un texte de la députée de la Drôme Marie Pochon envers lequel l'exécutif s'était montré très réticent à l'instar de la ministre déléguée auprès du ministre de l'Agriculture, Agnès Pannier-Runacher, qui avait jugé ce dispositif « inopérant ». « La piste conduisant à des prix administrés doit être écartée » car ce n'est pas le gouvernement qui « peut déterminer le prix pour un secteur économique », avait-elle affirmé, précisant néanmoins que ce dernier « partage pleinement (sa) préoccupation » quant au revenu des agriculteurs. Mais, quelque temps plus tôt lors de sa visite au Salon de l'Agriculture, le président de la République, lui-même, s'était engagé à instaurer une telle mesure : « C'est la chose la plus engageante qu'on ait jamais faite », avait alors scandé Emmanuel Macron.
Concrètement, le texte adopté permet de « garantir un revenu digne aux agriculteurs » en fixant un prix minimal, et ce, par « une conférence publique » dans les filières qui le souhaitent, ou sur décision du gouvernement en cas de désaccord. Autrement dit, les instances décideront ainsi de seuils au-dessous desquels les industriels ne pourront pas acheter aux producteurs leurs aliments et les distributeurs ne pourront pas proposer à la vente. Le texte prévoit que les prix ainsi déterminés permettent de rémunérer les agriculteurs à hauteur de deux fois le Smic, le prix minimum pouvant être revu tous les quatre mois.
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Mais cette mesure pose de nombreuses questions, à commencer par celle de la compétitivité des produits français. Car, bien que l'intention de la loi soit louable, une fois appliqués, les prix planchers pourraient bien se retourner contre les agriculteurs qu'ils sont pourtant censés protéger. C'est d'ailleurs ce sur quoi alertait Agnès Pannier-Runacher : « L'instauration d'un prix minimal qui, par définition, ne s'appliquerait qu'à la production nationale, pourrait favoriser les produits importés au détriment de nos agriculteurs ». Des produits notamment venus d'Europe.