Que pensent les Français de leurs relations au travail ?

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Les Français seraient 65% à estimer que les relations avec d'autres personnes dans le milieu professionnel se dégradent.
Les Français seraient 65% à estimer que les relations avec d'autres personnes dans le milieu professionnel se dégradent. (Crédits : REUTERS/Lucas Jackson)
Une large majorité des Français estimeraient que les relations humaines se sont dégradées dans le milieu professionnel. Pourtant, ils sont plus enthousiastes sur la qualité des relations entretenues avec leurs collègues, selon un récent sondage Viavoice.

Le monde du travail reste difficile pour de nombreux Français. À l'occasion de la Fête des voisins au travail, l'institut Viavoice dévoile ce jeudi un sondage s'intéressant à l'opinion des Français sur les liens sociaux qu'ils entretiennent en entreprise. Il a été réalisé en ligne du 28 au 30 septembre 2017, sur un échantillon de 1.017 personnes, représentatif de la population française de 18 ans et plus, dont plus de la moitié (557) sont actifs.

Pour la quatrième année consécutive, l'étude livre un constat partagé, mais qui reste bien plus positif que les précédentes éditions. Les Français seraient tout de même 65% à estimer que les relations humaines dans le travail se sont dégradées ces dernières années. Les sondés âgés entre 50 et 64 ans, considérés comme des "seniors" dans l'entreprise, sont plus des trois quarts (75%) à être de cet avis.

Le pessimisme largement en retrait

Bien qu'ils soient aujourd'hui deux tiers à estimer que les relations au travail se dégradent, le taux d'opinions pessimistes des Français sur les liens sociaux  en entreprise s'est amoindri en quelques années. En effet, les résultats de l'étude pour l'année 2014 donnaient pas moins de 82% des sondés qui en avaient une opinion peu optimiste, soit une baisse de 17 points en 3 ans.

Et ce retrait notable serait directement lié avec "l'amélioration des perspectives économiques" selon Viavoice. Dans le même sens, le sondage précise qu'aujourd'hui presque un tiers (29%) des actifs interrogés estiment cette année que ces relations au travail se sont améliorées, alors qu'ils n'étaient que 11% en 2014. De plus, les chiffres de cette année sur le sentiment de pression au travail sont de bon augure, puisque 58% des actifs sondés ne se sentent "pas du tout", ou "plutôt pas" sous pression dans leur espace professionnel.

Améliorer les relations au travail

Et si les Français sont majoritairement pessimistes sur l'amélioration de ces relations, la population active questionnée est très largement satisfaite de leur qualité. Ils sont pas moins de 88% à considérer les relations qu'ils entretiennent avec leurs collègues de bureau comme "bonnes", et même 39% les qualifient de "très bonnes". Seuls 4% des sondés les trouvent "plutôt mauvaises", alors que 8% "ne se prononcent pas".

L'étude s'est aussi intéressée aux attentes des Français quant à l'amélioration de leurs relations au travail. Sur l'ensemble de l'échantillon (actifs et non-actifs), 38% d'entre eux avancent la solidarité comme l'un des points d'amélioration, et 36% préfèrent la confiance. Ils sont un tiers (33%) a réclamer un peu plus de convivialité, et 30% à choisir l'écoutent comme principal manque dans les relations entre collègues au travail. Aussi, 29% espèrent plus des moments de partage, comme les pauses café, les déjeuners ou encore les séminaires.

Pour les actifs, le rapport de force s'est un peu modifié en comparaison avec 2015 selon le sondage. La majorité (52%) pensait alors d'abord à la solidarité, lorsqu'ils ne sont plus que 41% aujourd'hui à la considérer comme essentielle. Les "moments de partage" gagnent 10 points en deux ans, pour finalement représenter un tiers des réponses. Ils sont également 6% plus nombreux à attendre de la convivialité dans les relations humaines au travail. De quoi donner des idées aux dirigeants d'entreprises, afin que leurs salariés soient plus épanouis, voir plus productifs dans leur environnement professionnel.

> Lire aussi : Entre bonheur et frustration, le paradoxe du salarié français

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Commentaires
a écrit le 06/10/2017 à 11:47 :
Incivilités: saleté, bruit du corps, vol, tabac, drogue, moquerie, sujets polémiques
Dénonciation de collègues
Communautarisme religieux, ethnique
Promotion canapé
Incertitude professionnelle
Management directif
Courtermisme
Non écoute des remontées du terrain
Procédures et process lourds
Réponse de le 07/10/2017 à 12:32 :
Il faut arrêter les pauses café autour de la machine, ça énerve. Prendre à la place une tisane décontractante et apaisante. Ensuite, le soir une bonne verveine avant le coucher et tout ira mieux.
Réponse de le 07/10/2017 à 16:38 :
Dans le cadre des accords passés avec l'ensemble des délégués du personnel et du CHST, afin de favoriser votre épanouissement personnel dans et hors de l'entreprise:

- Pour éviter toute perte de concentration, la pause de 10 minutes à la mi-journée est déplacée en fin de journée afin d'anticiper votre départ vers votre foyer. Au regard de votre départ amélioré de nos locaux, cette durée sera déduite de votre temps de travail et non rémunérée.

- Pour vous épargner tout risque de maux au travail, vous pouvez télécharger puis imprimer puis signer votre lettre de démission située dans le fichier "bien-être". La date et l'heure seront automatiquement mentionnées. Veuillez la déposer à l'accueil ou dans la boite à lettres située sur le parking.

Votre DRH.
La volonté de mieux vous servir
Réponse de le 07/10/2017 à 19:03 :
Dans le cadre des mesures destinées à prévenir les risques psycho sociaux, nous vous informons de la mise en place de filets "antichute" dans la cage d'escalier du bâtiment central. Ils peuvent supporter la chute d'un poids jusqu'à 150 kg.

Désormais le bureau où se déroule les entretiens d'évaluation, de débriefing, préalables au licenciement se situe au rez de chaussée, à côté de l'infirmerie.

Votre DRH, partenaire de votre mieux être au travail.
a écrit le 06/10/2017 à 9:54 :
"Pourtant, ils sont plus enthousiastes sur la qualité des relations entretenues avec leurs collègues, selon un récent sondage Viavoice."

Il n'y a pas de pourtant qui tienne étant donné que tout ceci est logique, comme les conditions de travail se dégradent beaucoup de salariés vont choisir un boulot plus pour l'ambiance au travail afin de se retrouver avec des gens sympa qu'avant, l'ambiance générale ayant une importance bien plus déterminante au sein d'un travail contraignant.

Tous les salariés que je connais et ça fait beaucoup, reposent leurs orientations, affectations ou spécialisation selon les gens avec qui ils vont travailler, j'en ai vu refuser des promotions afin de rester dans leur équipe dans laquelle tout le monde s'entend bien.

Bref tandis que le système nous pressurise de plus en plus la valeur fondamentale humaine reprend du poil de la bête, c'est l'instinct de survie qui se joue là.
Réponse de le 06/10/2017 à 11:34 :
Cet article me fait repenser à un "débat" que j'ai eu récemment avec quelques collègues d'une de mes équipes sur une pause déjeuner : Réussir sa vie ou réussir dans la vie. Les avis étaient partagés, de manière assez tranchée, entre les plus jeunes et ceux plus âgés. Pour certains, réussir sa vie est essentiel, ils opteront (entre autre) pour l'ambiance au travail. Pour d'autres, réussir dans la vie se concrétise par un (très) bon salaire le plus vite possible et l'accumulation de biens matériels. Leur "valeur" pour eux se lit via la reconnaissance des autres de ce qu'ils possèdent, et non de ce qu'ils sont.
Peut être que l'idéal se situe entre le deux : un salaire permettant de vivre correctement et une bonne ambiance entre collègues.

Réponse de le 06/10/2017 à 12:56 :
"Pour d'autres, réussir dans la vie se concrétise par un (très) bon salaire le plus vite possible et l'accumulation de biens matériels"

En effet, ceux qui quelques années après sont tétanisés par la dépression.

Ne penser qu'à soi et au matériel c'est sortir de ce qui nous fait nous autres humains, le lien social, sans les autres je n'existe pas, la chimère consumériste ne dure qu'un temps.

Mes amis eux se concentrent essentiellement sur leurs relations professionnelles, pouvoir rigoler avec les autres plusieurs fois par jour quand on fait un métier sous pression c'est indispensable.
Réponse de le 06/10/2017 à 16:57 :
"Peut être que l'idéal se situe entre le deux : un salaire permettant de vivre correctement et une bonne ambiance entre collègues".

Jusqu'à temps d'être en compet avec un pays à bas coût. L’ambiance entre collègues peut devenir rapidement délétère avec le système des évaluations individuelles qui va déterminé la misérable augmentation individuelle, surtout au bout de quelques années et comme les quotas de notation sont envoyés par service 2 ou 3 mois avant les entretiens, cela laisse le temps au management de trouver des coupables , qui mettre en 3 cette année ? , le gars malade ,le délégué , celui qui est arrivé une fois en retard dans l'année. Et si tout le monde bosse bien, qui choisir ?
Réponse de le 06/10/2017 à 17:56 :
@ La Chose : votre avis se respecte et se comprend. Mais on ne doit pas travailler dans la même boite. Même si, et il est vrai, les augmentations de salaire se font maintenant à dose homéopathique, les valeurs humaines doivent rester prépondérantes. Quand on n'a plus que ces valeurs à partager, il faut l'expliquer et le faire partager. Cela fait des années que je ne me suis pas versé d'augmentation, mais j'ai permis à d'autres d'en bénéficier. Sans mettre la zizanie.

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