Rénovation énergétique des bâtiments : le crédit d'impôt remplacé par une prime

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(Crédits : Fotolia)
La mesure, qui doit entrer en vigueur le 1er janvier 2020, est jugée complexe et contre-productive par une partie de la droite.

L'Assemblée a adopté jeudi le remplacement progressif d'un crédit d'impôt, ouvert à tous pour la rénovation énergétique des bâtiments, par une prime réservée aux ménages modestes, une mesure jugée complexe et contre-productive par une partie de la droite.

L'article 4 de la loi de finances 2020 voté par les députés répond à un engagement pris en 2017 par le président Emmanuel Macron.

Coup d'envoi le 1er janvier 2020

Il donne la possibilité aux ménages modestes de bénéficier à partir du 1er janvier 2020 d'une prime versée par l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) dès qu'ils engagent des travaux de rénovation énergétique et d'économie d'énergie pour leur logement.

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L'ancien système fondé sur un crédit d'impôt pour la transition énergétique (CITE) récupérable l'année suivante sera maintenu jusqu'au 31 décembre 2020 pour les ménages non-éligibles à cette prime, à l'exception des plus riches qui en seront exclus. Grâce à un amendement, ils pourront toutefois en bénéficier pour des travaux d'isolation des parois opaques (les murs, le toit, les combles et le plancher).

Cela représente "400 millions pour les primes, autant pour le crédit d'impôt en 2020 et 800 millions de primes en 2021", a indiqué le ministre de l'action et des comptes publics Gérald Darmanin.

Une mesure contre-productive selon l'opposition

"Vous excluez de l'aide des gens supposés aisés: un célibataire qui perçoit 27.706 euros par an ou un couple avec deux enfants qui gagnent 56.438 euros par an", a regretté Marc Le Fur (LR) rappelant que 50% des travaux de rénovation effectués au titre du CITE l'ont été ces dernières années par des ménages aisés.

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"On va avoir un paradoxe: ceux qui ont les moyens de faire quelque chose n'auront pas d'aide. Et ceux qui n'en ont pas les moyens auront un tel reste à charge qu'ils ne feront pas les travaux", a-t-il lancé.

Le communiste Alain Brunnel a dénoncé une "nouvelle mesure d'économie budgétaire qui mobilise 800 millions d'euros en 2020 contre 900 en 2018 et 1,6 milliard en 2017".

La prime, un "effet déclencheur"

"Pourquoi 50% des travaux de rénovation sont réalisés par les personnes aisées? c'est parce qu'elles ont la trésorerie pour le faire", a expliqué Gérald Darmanin, notant que ces familles "vivent dans les endroits moins consommateurs d'énergie que les logements des classes populaires".

"Et pourquoi les classes populaires ne font pas ces travaux qui sur le long terme leur rapporteraient de l'argent, c'est parce qu'elles n'ont pas le capital d'investissement", a-t-il ajouté. "L'effet déclencheur, ce sera la prime".

La secrétaire d'État Emmanuelle Wargon (transition écologique) a indiqué s'être fixé pour objectif d'ouvrir le dispositif des primes aux propriétaires bailleurs pour l'exercice 2021.

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Commentaires
a écrit le 18/10/2019 à 15:37 :
Crédit d'impôt ou prime, le résultat est le même: c'est un gaspillage de nos impôts; il est vraisemblable que cela bénéficie davantage à de hauts revenus; c'est l'évidence.
a écrit le 18/10/2019 à 10:24 :
Ça fonctionne comment pour les bailleurs (pauvres ou riches) ? Louer une passoire, ça leur importe peu, c'est pas eux qui paient les factures d'énergie, n'y vivant pas. Une prime quand on habite, ça permet de voir la différence une fois l'amélioration apportée, mais sinon ?
Avant de vouloir remplacer un mode de chauffage carboné par autre chose, la première étape est peut-être de mieux isoler pour déjà réduire la facture et les émissions de CO2 en même temps. Sinon le nouveau chauffage aura du boulot pour chauffer les courants d'air.
a écrit le 18/10/2019 à 10:23 :
Maintenant, on est riche à 27706 euros par an, 2300 par mois. Ca baisse d'après Hollande c'était 4000 euros par mois. Encore quelques années de socialisme et les smicards seront enfin riches!

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