Dès sa première interview télé, Michel Barnier a tendu la main aux partis du bloc central et, singulièrement, à la gauche. Le nouveau Premier ministre a évoqué sur TF1 à la veille du week-end deux chantiers sociaux et fiscaux : l'« amélioration » de la réforme des retraites pour « les personnes les plus fragiles » d'une part et la « justice fiscale » d'autre part. Des thèmes qui s'éloignent peu ou prou du cœur du programme défendu par les 47 députés de son parti, LR.
S'agissant des retraites, le nouveau locataire de Matignon a posé le cadre des discussions qu'il promet d'avoir avec les partenaires sociaux. Pas question d'aggraver les comptes publics. Les « améliorations » suggérées devront respecter l'équilibre financier prévu par la loi adoptée l'an dernier avec le 49.3 et contestée dans la rue. L'âge légal de 64 ans ne semble pas remis en question.
De quoi peuvent-ils parler ? Le dossier de la pénibilité pourrait être posé sur la table, selon toute vraisemblance. D'autant que les négociations entre syndicats et patronat sur l'usure au travail n'ont pas abouti. « Nous avons proposé nous-mêmes une conférence sociale et une conférence des parties prenantes sur la qualité de vie au travail », rappelle le député Ensemble pour la République (EPR, ex-Renaissance) Marc Ferracci. « Nous devons reprendre la discussion avec les partenaires sociaux », approuvet-il. Un accord atténuerait la contestation persistante. La gauche et le RN, eux, veulent toujours effacer la réforme.