Matignon : Michel Barnier prend les commandes
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L'ex-ministre des Affaires étrangères et ancien commissaire européen est nommé Premier ministre.
Reuters
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L'ex-ministre des Affaires étrangères et ancien commissaire européen est nommé Premier ministre.
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L'ensemble du gouvernement sortant ainsi que quelques parlementaires sont invités ce soir à l'Elysée, selon BFM TV. « L'idée est de définir la nouvelle ère politique », indiquent nos confrères. Une nouvelle ère qui passe par un changement de sémantique : exit le mot « cohabitation », l'Elysée préfère le terme de « coexistence ».
Ce soir, Michel Barnier est officiellement entré à Matignon. Désormais se pose la question de son gouvernement... Quelles seront les personnalités politiques qui vont l'accompagner ? Qui choisir pour incarner une forme de rupture et redresser le pays ? Selon BFM TV, certains membres de l'exécutif souhaiteraient conserver un maroquin. Pêle-mêle, on évoque Sébastien Lecornu qui était à la Défense, Stéphane Séjourné qui occupait le Quai d'Orsay, ou encore Rachida Dati nommée ministre de la Culture dans le gouvernement Attal. Figureront-ils dans le nouveau gouvernement Barnier ? Rien n'est moins sûr.
Réagissant auprès de La Tribune, le directeur délégué général de La Transalpine, association de promotion du projet ferroviaire Lyon-Turin, Stéphane Guggino a indiqué : « L'implication de Michel Barnier dans le Lyon-Turin a été constante dans le projet, que ce soit en tant que président du Conseil général, en tant que député, ou député européen. En tant qu'élu savoyard, il connaît les enjeux du projet. Nous considérons que c'est l'un des plus inlassables promoteurs de la liaison, à tous les étages décisionnels qu'il a pu occuper, et il a toujours valorisé les enjeux économiques, écologiques et européens du dossier. »
« Cette nomination démontre un mépris du vote des électeurs », a déclaré la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet à l'issue de la nomination de Michel Barnier à Matignon.
« Les précédentes prises de position (de Michel Barnier) nous inquiètent fortement » au vu des sujets qui sont sur la table, a poursuivi la syndicaliste, alors que le nouveau Premier ministre s'était notamment prononcé pour la retraite à 65 ans lors de sa campagne pour la primaire de la droite en 2021.
Ce soir, le Nouveau Front populaire a réaffirmé son opposition à la nomination de Michel Barnier dans un communiqué. « Faisant fi du vote des électeurs et des électrices, le président de la République a fait le choix de désigner un Premier ministre tributaire du soutien du Rassemblement national, issu d'un parti qui a fait 5,41% aux élections et qui ne s'est pas engagé contre l'extrême droite entre les deux tours des élections législatives », rappelle le NFP. La gauche affirme qu'elle censurera le gouvernement de Michel Barnier.
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Homme « d'expérience », ayant « le sens de l'intérêt général » : les organisations patronales ont salué la nomination à Matignon de Michel Barnier, tout en lui fixant d'emblée leur propre cahier des charges, poursuivre une politique favorable aux entreprises.
La première organisation patronale attend désormais du locataire de Matignon qu'il « propose un cap économique qui réponde aux enjeux que doivent relever les entreprises françaises ».
Députée Les Républicains de la 3e circonscription de Savoie, Emilie Bonnivard connaît très bien Michel Barnier. Elle était dans son équipe de campagne en 2022 lorsqu'il était candidat aux primaires de la droite pour l'élection présidentielle.
Le Premier ministre sortant Gabriel Attal a quitté Matignon à pied et vient d'arriver, entouré d'une nuée de journalistes, à l'Assemblée nationale.
Michel Barnier a promis « des changements et des ruptures » lors de sa passation de pouvoir avec Gabriel Attal à Matignon, le nouveau Premier ministre affichant sa volonté de « davantage agir que parler » et de « dire la vérité » sur « la dette financière et écologique ».
Répondant à Gabriel Attal, il a assuré que l'école resterait « la priorité », citant également la sécurité, l'immigration, le travail et le pouvoir d'achat.
19h11 - La passation de pouvoir est terminée
La passation de pouvoir entre Gabriel Attal et Michel Barnier est terminée.
Après le discours d'adieu de Gabriel Attal à Matignon, le nouveau Premier ministre Michel Barnier a pris la parole. Le locataire de la rue de Varenne n'a pas caché que la France vit un « moment grave ».
Le trentenaire qui s'apprête à quitter Matignon dresse un constat lucide sur la vie politique de l'Hexagone : « La politique française est malade, mais je crois que la guérison est possible », a lancé Gabriel Attal pendant son discours de passation de pouvoir.
« La France a un Etat durable, un Etat solide. (...) Les Français sont un grand peuple, viscéralement indomptable et profondément attachés au valeur de la République », a salué l'ancien Premier ministre sur le perron de Matignon.
18h34 - la passation de pouvoir a débuté
La passation entre Gabriel Attal et Michel Barnier a commencé à Matignon.
L'ancien Premier ministre a défendu le choix de Michel Barnier à Matignon, son ami de promotion à l'ESCP sur le plateau de BFM. « C'est un gaulliste, c'est un européen, et quelqu'un de très humain », a-t-il notamment précisé.
« L'AMF salue la nomination d'un Premier ministre au terme d'une longue période d'attente et appelle de ses vœux la constitution d'un gouvernement sans délai, pour mettre fin à la situation du « gouvernement démissionnaire » qui place le pays et les collectivités locales dans l'incertitude », écrit l'Association des maires de France dans un communiqué.
« Le nouveau gouvernement doit établir un dialogue de confiance pour relancer la décentralisation et rompre avec les discours stigmatisant les collectivités locales. L'AMF est à la disposition du nouveau Premier ministre et de son futur Gouvernement pour y travailler ensemble », indique le texte des élus locaux.
Le chef de l'Etat a adressé sur X ses remerciements au Premier ministre sortant Gabriel Attal. « Avec le Gouvernement, vous avez fait avancer le pays et contribué à son rayonnement dans un moment important. Au service de nos concitoyens, la France au cœur », écrit le Président.
18h02 - Michel Barnier est arrivé à Matignon
Nommé Premier ministre par Emmanuel Macron, Michel Barnier est arrivé rue de Varenne. Il a été accueilli par Gabriel Attal sur le perron. Les deux hommes vont échanger en tête-à-tête pendant quelques minutes.
Le tapis rouge est en place, le personnel de Matignon attend derrière des rubans la passation de pouvoir entre Gabriel Attal et Michel Barnier. Celle-ci devrait avoir lieu à 18h.
En 1971, Michel Barnier, 20 ans, s'exprime à la télévision. Il est déjà un étudiant engagé, comme l'atteste une archive de l'INA.
Exercice coutumier lorsqu'un nouveau locataire est nomme à Matignon, les archives refont leur apparition. L'Institut national de l'audiovisuel (Ina) a partagé un extrait vidéo d'un entretien de Michel Barnier, en septembre 2021. Il ne mâche pas ses mots sur la gestion d'Emmanuel Macron.
Dans un communiqué transmis à La Tribune, l'organisation patronale a salué la nomination du nouveau locataire de Matignon ce jeudi. « Il était urgent de mettre fin à la vacance du pouvoir qui prévalait depuis les dernières élections législatives, insiste-t-on. Le climat d'incertitude est en effet néfaste aux entreprises de France, singulièrement aux TPE et PME, dont les décisions d'investissement, de développement et d'embauche sont assez largement gelées. »
Comme d'autres organisations patronales et professionnelles, l'U2P demande à être reçue par Michel Barnier.
Ce jeudi, Michel Barnier a été nommé Premier ministre, et chargé par le chef de l'Etat de former un gouvernement. A quelle échéance connaîtra-t-on le visage de ce dernier ? En règle générale, l'exercice dure entre un et trois jours. Comme le rappellent justement nos confrères de France info, il peut parfois prendre plus de temps de prévu : en 2020, 20 jours s'étaient écoulés entre l'annonce des ministres et des secrétaires d'État du gouvernement de Jean Castex.
Lors d'un point presse organisé ce jeudi, avant la nomination de Michel Barnier, la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) a une nouvelle fois alerté sur la situation critique du BTP. L'organisation professionnelle réclame de facto « des actions immédiates ».
En prenant « acte de la nomination de Michel Barnier, homme politique de droite », et en dénonçant « un déni démocratique qui va à l'encontre des résultats issus des élections législatives », la Confédération paysanne, soutenue par les agriculteurs de gauche, demande au Premier ministre de la recevoir en urgence pour discuter de la crise agricole en cours.
Elle espère en effet pouvoir présenter ses priorités « à cet homme de dialogue », que le syndicat rappelle avoir déjà eu comme interlocuteur en tant que ministre de l'Agriculture et Commissaire européen au marché intérieur (entre 2010 et 2014). La FNSEA et les Jeunes Agriculteurs, syndicats majoritaires, l'appellent pour leur part « à placer l'agriculture dans les priorités immédiates de son gouvernement », et à nommer « dans les plus brefs délais un ministre de l'Agriculture ».
Michel Barnier, qui a été ministre de l'Environnement du gouvernement Balladur entre 1993 et 1995, puis ministre de l'Agriculture et de la Pêche du gouvernement Fillon entre 2007 et 2009, doit faire mieux pour la transition écologique que Gabriel Attal. C'est l'appel que lui lance le WWF. Ce dernier estime en effet que son gouvernement doit « remettre ces enjeux au premier plan de ses actions [après une législature] marquée par de graves reculs ».
« La nomination de Michel Barnier au poste de Premier ministre doit tourner la page des errements du gouvernement Attal, marqué par un affaiblissement des engagements en matière d'environnement et de santé publique », convient Générations futures. L'ONG rappelle que « Michel Barnier, en tant que ministre de l'Agriculture, a su résister aux pressions, notamment celles de la FNSEA, durant les négociations du Grenelle sur les pesticides », et qu'« il avait également ouvert son ministère aux associations environnementales, rompant ainsi avec la seule cogestion traditionnelle entre l'État et les syndicats agricoles dominants ».
Séquence insolite ce jeudi après-midi à Paris. L'épouse de Michel Barnier, Isabelle Barnier, a glissé un mot aux caméras de BFMTV. « Evidemment qu'il est concentré ! Il est concentré, il est sérieux, il va faire au mieux, il va donner le maximum et on va l'entourer », a-t-elle affirmé.
Pour Bruno Le Maire, c'est une page importante de sa vie politique qu'il s'apprête à fermer. Le ministre de l'Economie depuis 2017 va quitter Bercy, sans doute déçu de laisser les finances publiques de l'Hexagone dans une situation difficile. Avant une future passation de pouvoir avec son successeur, Bruno Le Maire a remercié Gabriel Attal et ses collègues pour « notre travail en commun ». Sans oublier d'adresser à la future équipe ses « voeux de succès ».
La députée apparentée au groupe du parti présidentiel Ensemble pour la République, Stella Dupont, n'a pas caché sa déception à l'annonce de la nomination de Michel Barnier rue de Varenne.
La nomination de Michel Barnier a été très mal accueillie par l'Union étudiante, syndicat étudiant classé à gauche, issu d'une scission de l'Unef qui « appelle à se mobiliser par tous les moyens ».
« Ça met vraiment totalement en danger la démocratie », a-t-elle ajouté, estimant que ce choix est « vraiment à contretemps total des aspirations qui se sont fait entendre par les urnes ». « Là, c'est vraiment la goutte de trop ».
Le maire de Nice, Christian Estrosi, a réagi à la nomination de Michel Barnier à Matignon. « Nous avons siégé et gouverné ensemble », c'était alors sous Nicolas Sarkozy, a-t-il confié.
L'élu, qui lui trouve les qualités adéquates pour gouverner la France, souligne la connaissance « précieuse » dont dispose le nouveau Premier ministre de la gestion des collectivités territoriales. Le numéro 2 d'Horizons salue également « l'expérience, le sens du consensus et l'idéal politique » de Michel Barnier, rappelant au passage leur héritage commun, celui issu du Général de Gaulle.
Le président de la Métropole Nice Côte d'Azur aura peut-être de meilleurs rapports avec le nouveau locataire de Matignon, lui dont les relations avec Gabriel Attal s'étaient quelque peu tendues dernièrement.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a félicité Michel Barnier pour sa nomination comme chef du gouvernement français, estimant que l'ancien négociateur du Brexit avait « les intérêts de l'Europe et de la France à coeur ».
Le Rassemblement national a « donné une forme de quitus » à la nomination de Michel Barnier à Matignon, a dénoncé le député et ancien président socialiste François Hollande.
Indigné par la nomination de Michel Barnier à Matignon qu'il juge illégitime, le Parti socialiste a fait savoir dans un communiqué qu'il « censurera le gouvernement » du nouveau Premier ministre.
Riche d'une très longue carrière politique, Michel Barnier a notamment été l'un des initiateurs de la liaison ferroviaire Lyon-Turin, à la fois lorsqu'il était président du Conseil départemental de Savoie, mais aussi en qualité de député européen.
L'ancien ministre LR de l'Intérieur Brice Hortefeux a réagi auprès de La Tribune à la nomination de Michel Barnier : « Il a des aptitudes, des postures et surtout des projets qui sont susceptibles de rassembler », a déclaré l'ancien député européen.
Ancien directeur de cabinet d'Elisabeth Borne à Matignon, devenu ministre de la Santé, Aurélien Rousseau connaît parfaitement les rouages du pouvoir macroniste. Ayant démissionné avec fracas de son poste de ministre au moment du vote de la loi immigration, il a été élu député de la 7e circonscription des Yvelines sous la bannière socialiste en juillet. Et cet après-midi, l'ancien soutien d'Emmanuel Macron n'a pas caché son amertume face au choix de Michel Barnier à Matignon.
Homme de droite, âgé de 73 ans, ancien négociateur du Brexit pour l'Union européenne, découvrez notre portrait de cet ancien chiraquien qui, après un long parcours politique, va accéder à Matignon.
La députée de La France insoumise, Aurélie Trouvé, a réagi vivement à la nomination de Michel Barnier sur BFM TV. Elle y a dénoncé « un coup de force du président de la République et un coup de force contre la démocratie ».
Elle avait fait savoir qu'elle y était favorable. La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a donc rendu public, cet après-midi, un courrier dans lequel elle demande à Emmanuel Macron l'ouverture d'une session extraordinaire au Parlement. « Le Premier ministre doit en effet pouvoir se présenter devant la représentation nationale pour exposer priorités et participer à des séances de questions », écrit-elle.
Le parti présidentiel, Renaissance, a indiqué, cet après-midi, qu'il allait « dans les prochaines heures » présenter ses « priorités programmatiques au Premier ministre », précisant qu'il n'y aura « pas de censure automatique mais des exigences sur le fond sans chèque en blanc ».
Un temps pressenti pour être nommé Premier ministre - il tenait la corde il y a encore 24
heures - David Lisnard félicite Michel Barnier, dont l'arrivée à Matignon « met fin à un
blocage préjudiciable à la direction de la France ». Le maire de Cannes souligne que la tâche est « difficile » et le « courage », nécessaire pour affronter la situation. Le président des maires de France de rappeler les « réalités et les défis financiers, sécuritaires, migratoires, économiques, numériques, écologiques, éducatifs, sociaux, culturels, démographiques, géopolotiques... » à relever.
👉 On connaît désormais l'horaire : la passation de pouvoir entre Gabriel Attal et Michel Barnier aura lieu, cet après-midi, à 18h, à Matignon.
« Merci ! » Dans une courte vidéo d'un peu plus d'une minute, Gabriel Attal, qui s'apprête à quitter Matignon dès cet après-midi, a tenu à remercier les Français. « Etre Premier ministre est l'honneur de ma vie », rappelle celui qui n'aura pas eu le temps d'imprimer pleinement sa marque à Matignon (7 mois et 23 jours). « Ma détermination a agir pour les valeurs de la République est intacte », martèle le trentenaire. Et de prendre, déjà, rendez-vous pour la suite : « Le lien que nous avons est ce que j'ai de plus précieux. Comptez sur moi pour continuer à le tisser.»
Pour la leader des Ecologistes, pleinement engagée dans la mise sur pied du Nouveau Front populaire (NFP), la nomination de Michel Barnier ne passe pas du tout. « Tout ça pour ça », déplore Marine Tondelier. « C'est un scandale », lâche celle qui s'est battue tout l'été pour faire nommer Lucie Castets à Matignon. « Extrêmement inquiète », elle lance un appel aux électeurs du NFP : « Ne vous résignez pas ! C'est exactement ce qu'ils attendent. »
Interrogée devant le siège du Rassemblement national à Paris, Marine Le Pen n'a pas montré un grand enthousiasme à la nomination de Michel Barnier à Matignon. Elle a néanmoins reconnu que « Michel Barnier semble répondre au moins au premier critère que nous avions réclamé, c'est-à-dire, quelqu'un qui soit respectueux des différentes forces politiques et capable de pouvoir s'adresser au Rassemblement national, qui est le premier groupe de l'Assemblée nationale ».
L'ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron, Edouard Philippe, a lui aussi réagi sur X. Candidat officiellement déclaré à la présidentielle de 2027, il n'a pas manqué d'adresser ses « félicitations chaleureuses » à Michel Barnier. Et d'ajouter, lucide sur la situation du pays, « sa tâche s'annonce rude mais la difficulté ne lui a jamais fait peur. Et nous serons nombreux à l'aider ».
Longtemps pressenti à Matignon, le patron de la Région des Hauts-de-France a finalement été coiffé au poteau. Ce qui ne l'a pas empêché d'adresser à Michel Barnier ses « vœux de succès au service de la France et dans l'intérêt des Français face aux nombreux défis qui s'annoncent ».
Renaissance ne votera pas de « censure automatique » contre le gouvernement que doit former Michel Barnier, mais portera « des exigences sur le fond, sans chèque en blanc », a fait savoir jeudi le parti d'Emmanuel Macron. « Le Parti socialiste n'ayant jamais voulu soutenir la candidature de Bernard Cazeneuve », Emmanuel Macron « fait donc le choix d'un Premier ministre de droite », accuse par ailleurs Renaissance.
Emmanuel Macron ne respecte pas la « souveraineté populaire » et le « choix issu des urnes », a déclaré Mathilde Panot, cheffe de file des députés LFI à l'Assemblée nationale. De son côté, Jean-Luc Mélenchon a accusé le chef de l'Etat d'avoir « volé l'élection ».
« Nous entrons dans une crise de régime », s'est inquiété de son côté le patron du Parti socialiste, Olivier Faure. Consécutives à la dissolution de l'Assemblée nationale, les élections législatives ont donné naissance à un hémicycle divisé en trois blocs (NFP, camp présidentiel et extrême droite). Les élus rassemblés sous la bannière Nouveau Front populaire (NFP) sont arrivés en tête, sans toutefois obtenir de majorité.
Dans un communiqué transmis à La Tribune, le patron de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Renaud Muselier, a félicité Michel Barnier. « Michel Barnier est une personnalité de qualité, un homme d'Etat : je veux le féliciter pour sa nomination ! », a-t-il écrit.
Même son de cloche des Régions de France. « Régions de France adresse ses félicitations à Michel Barnier, ainsi appelé, dans un contexte de crise politique et institutionnelle, à piloter une nouvelle étape de l'action gouvernementale », indique-t-on dans un communiqué.
Le patron du Rassemblement national a réagi rapidement à la nomination du nouveau Premier ministre ce jeudi. « Nous jugerons sur pièces son discours de politique générale, ses arbitrages budgétaires et son action », a-t-il averti, confortant le fait que son parti ne censurera pas le gouvernement de Michel Barnier.
Le nouveau locataire de Matignon va avoir du pain sur la planche. La Tribune vous a résumé les dossiers clés qui attendent le nouveau chef de gouvernement.
Après 60 jours d'attente, la fumée est devenue blanche. L'Elysée a annoncé ce jeudi que Michel Barnier est nommé Premier ministre. Emmanuel Macron demande à Michel Barnier de « constituer un gouvernement de rassemblement au service du pays », a fait savoir l'Elysée dans un communiqué. Il s'est « assuré » qu'il réunisse les conditions de stabilité et de rassemblement le plus large.
« Cette nomination intervient après un cycle inédit de consultations au cours duquel, conformément à son devoir constitutionnel, le Président s'est assuré que le Premier ministre et le gouvernement à venir réuniraient les conditions pour être les plus stables possibles et se donner les chances de rassembler le plus largement », souligne la présidence dans un communiqué transmis à La Tribune.
Michel Barnier, hyper favori, est sorti peu avant 13 heures d'un entretien avec Emmanuel Macron à l'Elysée. Le probable futur Premier ministre a été raccompagné dans le vestibule par le chef de l'Etat, qui l'a salué d'une poignée de main, avant que Michel Barnier ne s'engouffre dans sa voiture.
Selon les informations de nos confrères de BFMTV, le Rassemblement national ne prévoit pas de censurer le gouvernement de Michel Barnier. Le parti d'extrême droite attendra le « déclaration de politique générale », a-t-on confirmé auprès de l'AFP. Emmanuel Macron « fait du Jurassic Park en permanence, c'est-à-dire aller rechercher des fossiles à qui on essaie de redonner vie », avait pourtant taclé le député Jean-Philippe Tanguy sur France inter, plus tôt dans la matinée.
En avril dernier, Michel Barnier livrait un entretien à La Tribune Dimanche, suite au discours d'Emmanuel Macron à la Sorbonne sur l'Union européenne. L'ex-ministre des Affaires étrangères et ancien commissaire européen, saluait alors certaines avancées dans le discours du chef de l'État, tout en dénonçant des ambiguïtés.
Crise politique, 60e jour.... Emmanuel Macron n'en finit pas de chercher le nom du prochain Premier ministre, un casse-tête que le président pourrait finalement résoudre ce jeudi, la piste de Michel Barnier succédant désormais à droite à celle de Xavier Bertrand. Après encore un jour sans fin mercredi où une annonce dans la soirée était envisagée, le sommet de l'État espère une issue jeudi. Deux longs mois après le second tour des législatives.
L'hypothèse d'une annonce de nomination de Michel Barnier a commencé à circuler dans la soirée de mercredi. Un conseiller de l'exécutif a détaillé les multiples qualités de l'ancien candidat à la primaire LR de 2021: il est « Macron-compatible », il permet la participation de LR à une coalition de gouvernement, il ne serait pas censuré immédiatement et ne sera pas candidat en 2027, selon lui. Mais l'Élysée a refusé de confirmer ou démentir qu'il avait été reçu mercredi par Emmanuel Macron.
L'essentiel à retenir
Dans la foulée des élections européennes, Emmanuel Macron a acté la dissolution de l'Assemblée nationale, le 9 juin dernier. Inédite, cette décision a conduit à la tenue d'élections législatives, le 30 juin et le 7 juillet. Le scrutin a donné lieu à un hémicycle sans majorité, découpé en trois blocs : le Nouveau Front populaire - arrivé en tête -, le camp présidentiel, et l'extrême droite.
A l'issue d'une trêve estivale et olympique, le chef de l'Etat a lancé des consultations avec les différentes forces politiques en présence à l'Assemblée. Il a refusé la candidate du NFP, Lucie Castets, au poste de Premier ministre, laissant planer le doute sur l'identité du nouveau locataire de Matignon durant de longues semaines. Les noms des ex-ministres, l'un de gauche l'autre de droite, ont été régulièrement cités pour prendre la tête d'un gouvernement dans cette configuration politique très complexe. Emmanuel Macron était à la recherche d'un Premier ministre qui puisse ne pas faire l'objet d'une censure immédiate à l'Assemblée.
Pour aller plus loin, La Tribune vous propose...
👉 Notre dossier spécial D'une crise politique à une crise institutionnelle, retour sur 3 mois d'errance
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