Retraites : Macron demande au gouvernement de trouver « la bonne manœuvre »

Les débats budgétaires à l'Assemblée s'annoncent musclés. Le gouvernement envisage de faire passer une partie de la réforme des retraites par amendements, au sein du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), qui doit être présenté en Conseil des ministres lundi. Un biais législatif qui fait débat aux sommets de l'Etat. La présidente de l'Assemblée nationale n'est pas favorable à une réforme par amendements. De son côté, le chef de l'Etat réaffirme qu'à ses yeux, une réforme des retraites en France est une « nécessité ».
« Le gouvernement doit lancer une discussion avec les forces sociales, syndicales et patronales, avec les forces politiques », a également déclaré le chef de l'État dans un entretien à BFMTV diffusé jeudi.
« Le gouvernement doit lancer une discussion avec les forces sociales, syndicales et patronales, avec les forces politiques », a également déclaré le chef de l'État dans un entretien à BFMTV diffusé jeudi. (Crédits : POOL)

La réforme du système de retraites, promesse de campagne d'Emmanuel Macron, d'abord en 2017 puis en 2022, est revenue à l'agenda. Depuis la rentrée, le gouvernement envoie plusieurs signaux qui indiquent que ce sera bien le cas. Ce jeudi, dans une interview à BFM TV, le président de la République a réaffirmé qu'à ses yeux, une réforme des retraites en France est une « nécessité ».

Pour faire passer sa réforme, Emmanuel Macron avait évoqué la possibilité de le faire par le biais d'un amendement au projet de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), qui doit être présenté en Conseil des ministres lundi. Une méthode, considérée comme « un coup en douce » par certains et qui suscite de vives oppositions, y compris dans les rangs du gouvernement. À commencer par François Bayrou, qui a jeté un pavé dans la mare durant le week-end en se disant « opposé au passage en force ».

Alors que les voix s'élèvent sur cette réforme très sensible, le président Emmanuel Macron a tenté de calmer les esprits, rejetant toute volonté de passer en force. « Le gouvernement doit lancer une discussion avec les forces sociales, syndicales et patronales, avec les forces politiques, et trouver, c'est son travail, avec le Parlement la bonne manœuvre », a-t-il estimé dans un entretien à BFMTV réalisé dans la nuit de mercredi à jeudi, réclamant que la réforme se fasse « de la manière la plus apaisée possible ». « Ils verront comment cela doit cheminer », a-t-il ajouté, assurant ne pas vouloir « préempter » le contenu de la réforme qui correspond, a-t-il rappelé, à « un engagement de campagne ».

La présidente de l'Assemblée opposée au passage par amendement

Pour faire passer sa réforme par amendement, il faudra déjà trouver les bons arguments auprès de la présidente de l'Assemblée nationale. Yaël Braun-Pivet (parti Renaissance) s'est déclarée « pas favorable » à cette méthode. Elle l'a fait savoir ce jeudi au micro de France Info : « les amendements du gouvernement ne doivent pas porter en eux-mêmes une réforme substantielle ». Yaël Braun-Pivet demande à l'exécutif de « prendre le temps de la concertation » et réclame une « réforme globale qui doit paraître équitable à nos concitoyens ».

« Je n'ai jamais été favorable, et c'est une constante chez moi, aux amendements qui portent en eux-mêmes une réforme d'importance parce qu'ils n'ont pas été expertisés par le Conseil d'État, ils n'ont pas fait l'objet d'une étude d'impact, ils n'ont pas été travaillés par les parlementaires en amont au sein de leur commission », a argumenté la présidente de l'Assemblée nationale. D'autant plus que le texte budgétaire, s'il passait par amendements, pourrait passer probablement grâce au recours de l'article 49.3 de la Constitution, qui permet l'adoption d'un texte sans vote sauf motion de censure.

Pour l'instant, le débat reste vif. Mais l'exécutif n'a pas encore tranché, car la voie budgétaire ne permet pas d'aborder certains sujets comme les régimes spéciaux, que le chef de l'Etat s'est engagé à supprimer.

Le CRS demande « une réponse » aux déficits, sans privilégier une mesure d'âge

L'avis du Comité de suivi des retraites (CSR), rendu jeudi, vient toutefois fournir un nouvel argument à l'exécutif pour insister sur les déficits à venir. Une semaine après les sombres projections du Conseil d'orientation des retraites - qui prédit un retour rapide et durable aux déficits - les experts du CSR, chargés de rendre un avis au gouvernement, prennent acte d'un « risque de déséquilibres résiduels significatifs à court et moyen terme » et « recommande de trouver une réponse (à ces) problèmes », au risque de déficits « significatifs » dans un avenir proche, sans toutefois prendre parti pour une mesure d'âge.

Mais trois ans après le long bras de fer contre la dernière tentative de réforme, l'ensemble des syndicats promettent un automne noir si le gouvernement impose une nouvelle réforme des retraites dès cette année. Un avis partagé par une majorité de Français. Selon un sondage Elabe pour BFMTV, diffusé jeudi, seules 13% des personnes interrogées se disent favorables à une réforme des retraites « en urgence », contre 51% qui demandent « le temps de la concertation et du débat » et 36% qui ne l'estiment pas nécessaire.

(Avec agences)

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 14
à écrit le 22/09/2022 à 23:15
Signaler
J'aurais bien aimé entendre quelques représentants de nos caisses de retraite sur les comptes et les projections; Leur aurait-on interdit de parler? Vu les brillants résultats de nos élites gouvernementales présentes et passées, je ne vois pas de rai...

le 23/09/2022 à 8:25
Signaler
on voit bien le mec qui sort une idee mais qui est incapables de dire comment il faut faire et qui laisse les autres dans la panade .de ces idees farfelu. surtout quand on refuse le dialogue avec les partenaires sociaux

le 23/09/2022 à 10:24
Signaler
@ludwig: Si l'on veut privilégier l'efficacité du ministère, je pense qu'il faudrait appliquer la même recettes que celle qu'on applique dans les entreprises en redressement: élaguer et restreindre drastiquement les dépenses. Difficile à accepter dan...

à écrit le 22/09/2022 à 18:44
Signaler
Bonjour, Déjà la bonne manœuvre s'est que tout les privilèges qui finis le travail a 52, 54, 57 , ou 60 ans travail un peux plus .... Ensuite supression des régimes spéciaux des politiques.... Rappel actuellement l'âge l'égard de départ à la retra...

le 23/09/2022 à 8:55
Signaler
c'est a lui seul de trouver la solution il a voulu sa reforme qu'il trouve le courage de s'impliquer totalement il y a dans l'humanite une chose pour communiquer le dialogue il suffit d'entendre et de comprendre les autres et pas sa seule pers...

à écrit le 22/09/2022 à 15:33
Signaler
Le système de retraite actuel s'apparente à un emprunt perpétuel, les cotisations des actifs servent à payer les pensions des retraités,tant qu'une certaine confiance quant à la stabilité économique du pays existe le système fonctionne mais à co...

à écrit le 22/09/2022 à 15:12
Signaler
Pour le régime de retraite, il faut prendre exemple sur les Anglais. Le Prince Charles III ne commence à travailler qu'à l'âge de 73 ans.

à écrit le 22/09/2022 à 14:03
Signaler
De toute manière, qu'il réussisse ou pas à imposer sa vision dogmatique, tout sera à revoir parce qu'inadapté ! McKron gagne du temps en nous le faisant perdre !

le 22/09/2022 à 14:56
Signaler
Croire que sans réforme, tout restera identique relève de la pensée magique ou consiste à se mettre la tête dans le sable. Réformer a un prix et ne pas réformer également. Ce que l'on refuse de payer par la réforme se répercutera inévitablement sur l...

le 23/09/2022 à 9:50
Signaler
Allons-y gaiement pour une pension forfaitaire égale pour tous, assise sur une cotisation proportionnelle au salaire, ce qui n'est pas plus néfaste que tout autre réforme! ;-)

à écrit le 22/09/2022 à 12:56
Signaler
Disons que c'est plus la période des métiers stables que l'on a pendant 40 ans, stables et valorisants, dont ont bénéficié, même si c'est à débattre, les boomers ne pouvant qu'imposer un changement de dogme. Aménager le travail selon l'age du travail...

le 22/09/2022 à 14:44
Signaler
si les socialistes comme m macron navait pas detruits les industries et creer le chomage de masse les caisses serait pleine meme pour les energies ils ont trouver leurs capacites a detruire et maintenant le clore la destrution de la france il ...

le 22/09/2022 à 15:49
Signaler
"il laisse entrer sur le territoire toute l’imigration possible en sachant tres bien que l'integration est devenus impossible" Oh je pense que nous pouvons nous avancer encore plus loin tranquillement, c'est une pierre deux coups, des immigrés visibl...

à écrit le 22/09/2022 à 12:55
Signaler
Macron ferait mieux de faire une réforme pour mettre fin aux injustices liées à l'existence de 42 systèmes de retraite. Ainsi, il est urgent de modifier le mode de calcul des pensions des polypensionnés public-privé qui sont actuellement très pénal...

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.