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Retraites : le rapporteur du budget veut inscrire la réforme dans les textes budgétaires cet automne

latribune.fr

Publié le 19 septembre 2022 à 12:53 - Mis à jour le 19 septembre 2022 à 18:58

Rapporteur du budget

Selon le rapporteur général du budget, Jean-René Cazeneuve, la réforme des retraites « s'impose absolument à nous ».

Reuters

Le Quotidien Numérique

16 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Jean-René Cazeneuve s'est dit favorable à l'idée d'inscrire la réforme tant contestée dans l'un des trois textes budgétaires en préparation (vraisemblablement le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2023, PLFSS). Une idée qui divise au sein du camp présidentiel et qu'a contestée le patron du MoDem François Bayrou s'opposant « au passage en force ». Les syndicats, comme la CFDT, n'ont pas manqué également de dénoncer un tel choix.

« A un moment donné, il faut le faire ». C'est en ces termes que le rapporteur général du budget, Jean-René Cazeneuve, s'est exprimé, ce lundi, devant l'Association des journalistes économiques et financiers (Ajef). Le député Renaissance du Gers s'est, ainsi, montré favorable à l'idée d'entamer la réforme des retraites dans les textes budgétaires de cet automne. Concrètement, il plaide pour que la réforme, âprement débattue depuis trois ans, soit inscrite dans l'un des trois textes budgétaires en préparation (vraisemblablement le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2023, PLFSS).

Selon l'élu, elle « s'impose absolument à nous », estimant que puisque le gouvernement ne veut ni creuser davantage la dette publique ni augmenter les impôts, « on ne peut jouer que sur la durée de travail » pour financer le système de retraites. « Il y a eu deux ans de concertation sur la précédente réforme des retraites, et plus la concertation était longue, plus il y avait de gens qui étaient contre. Ceux qui vous disent qu'il faut attendre n'ont quelquefois juste pas le courage » de faire la réforme, a tancé le parlementaire.

Bayrou « opposé au passage en force »

Mais l'hypothèse prônée par ce dernier divise d'autant plus le camp présidentiel qu'en 2019, la précédente tentative de réformer les retraites s'était soldée par des grèves massives qui avaient paralysé les transports. Néanmoins, Emmanuel Macron a promis durant sa campagne de porter l'âge légal de la retraite à 65 ans et l'exécutif n'a pas exclu que la réforme soit adoptée rapidement, via le PLFSS présenté le 26 septembre en Conseil des ministres.

  • Lire aussi :Réformes de l'assurance chômage et des retraites : le gouvernement prêt à passer en force

Une idée contestée par le patron du MoDem François Bayrou, pilier du camp présidentiel, qui s'est dit samedi « opposé au passage en force » que constituerait selon lui un amendement au PLFSS. « Si on se lance dans cette voie-là, alors nous sommes certains de coaliser d'abord les oppositions entre elles, puis de diviser la société française », a-t-il prédit dans les colonnes du Parisien. Le centriste a appelé l'exécutif à prendre « le temps de la pédagogie ». « La question des retraites, ce n'est pas seulement une question pour le gouvernement, mais pour toute la société française. Ce n'est pas une question pour l'immédiat, mais pour les décennies qui viennent. C'est donc le moment de rassembler plutôt que d'opposer », a-t-il ajouté. Emmanuel Macron « a proposé dès sa campagne présidentielle une nouvelle méthode, celle de la concertation, de la construction de solutions en commun. C'est d'ailleurs pour cela qu'il a voulu et créé le Conseil national de la refondation. Or le passage en force, c'est le contraire de l'esprit du CNR qui réclame d'examiner les problèmes ensemble », a-t-il encore expliqué estimant qu'« avec cette méthode, avec un travail préalable en commun, j'ai la conviction qu'elle peut être adoptée dès l'été 2023 ».

La CFDT s'y opposera « par tous les moyens »

Les syndicats sont eux aussi montés au créneau pour condamner un tel choix. Le premier syndicat français, la CFDT a promis dimanche de s'opposer « par tous les moyens » au passage de la réforme des retraites par ce véhicule législatif, « une mesure brutale ». Invité sur France Inter, le patron de la CFDT, Laurent Berger, a indiqué que « s'il y a déloyauté en passant par le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), la CFDT arrêtera les discussions dans le cadre du Conseil national de la refondation (CNR) ». « Le président a été élu par les citoyens qui ont voté contre la candidate d'extrême droite. Et il leur marcherait sur la gueule ? », s'est-il indigné. En cas de passage en force ou « quelle que soit la décision du couple de l'exécutif (...) d'intégrer une réforme des retraites dans le PLFSS avec un report de l'âge légal de la retraite, nous serons en opposition frontale », a martelé le syndicaliste.

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L'exécutif veut rassurer

Pour tenter d'éteindre le feu des critiques, l'exécutif s'est voulu rassurant à l'instar de la ministre déléguée aux PME, Olivia Grégoire. « Il ne faut pas faire croire que le PLFSS serait un passage en force. Pour avoir siégé longtemps en commission de finances, on passe beaucoup de temps sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale », a-t-elle assuré sur RMC, ajoutant : « On aura, je crois dès la fin de semaine, un éclairage » sur la façon dont le gouvernement compte procéder.

Un peu plus tôt, Stéphane Séjourné, le nouveau secrétaire général du parti Renaissance (ex-La République en marche) a affirmé que « personne ne veut un passage en force sur cette réforme de retraites », tout en défendant « une réforme qui s'impose » en rappelant qu'il faut « travailler plus longtemps dans une nation où on vit plus vieux et on rentre plus tard en moyenne dans la vie active ». « On a eu le courage d'avancer sur cette réforme. L'opinion publique est assez mature pour aller vers une réforme qui nécessite que les gens travaillent un peu plus longtemps », a ajouté l'ancien conseiller politique d'Emmanuel Macron à Bercy et à l'Elysée. « Il y aura une discussion parlementaire. Le 49-3 ne peut être qu'une conséquence qui permet également au Parlement de sanctionner le gouvernement », a-t-il enchaîné.

Quant au ministre du Travail, Olivier Dussopt, il a reçu ce lundi les syndicats et le patronat pour une « réunion de concertation » et « afin d'échanger sur les conclusions du Conseil d'orientation des retraites ». Il est toutefois resté flou sur le calendrier du passage de la réforme au Parlement : « ça peut être en octobre, comme ça peut être au printemps.  (...) cela fait partie des procédures possibles ». « L'objectif, c'est que les premiers éléments de la réforme puissent être mis en œuvre courant 2023 parce que nous avons une urgence à agir et surtout à équilibrer le système », a-t-il encore insisté.

La réunion a tourné au dialogue de sourds. Invités à discuter du dernier rapport du Conseil d'orientation des retraites (COR) publié la semaine dernière, les syndicats n'ont pu que constater leurs désaccords avec un Olivier Dussopt suspecté de « noircir la perspective financière pour légitimer une mesure qui interviendrait rapidement », selon Yvan Ricordeau, négociateur attitré de la CFDT.

Au contraire, pour lui « il n'y pas le feu dans le système de retraite, donc ne mettons pas le feu dans le pays sur cette question ».

Une position partagée par toutes les organisations présentes. « Il n'y a pas péril en la demeure », affirme ainsi Catherine Perret au nom de la CGT, qui menace par avance de « couper immédiatement toute discussion avec le gouvernement » et de « rentrer dans la confrontation sociale » si une réforme des retraites était intégrée au prochain budget de la Sécurité sociale.

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A une semaine de la présentation du projet de loi, « cette piste, y compris avec passage par le 49-3, n'a pas été écartée », indique Cyril Chabanier. Pour le leader de la CFTC aussi, un tel « passage en force » mettrait « fin aux concertations » et déboucherait « sur un conflit qui irait sûrement dans la rue ».

(Avec AFP)

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