Salaire fractionné : « une fausse bonne idée », pour le patronat

Fanny Guinochet
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Photo d'illustration
Nicolas Guyonnet / Hans Lucas via Reuters Connect

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Va-t-on vers un salaire, versé chaque semaine, ou de façon fractionnée, plutôt qu'à la fin de chaque mois comme aujourd'hui ? C'est la proposition du député Jean Laussucq, dont l'objectif est d'aider les Français à mieux boucler leur budget en leur apportant plus de souplesse. « Ce système de mensualisation était protecteur il y a 50 ans, mais maintenant, il est trop rigide », explique l'élu EPR - anciennement Renaissance sur BFM.
D'où son idée de permettre au salarié de demander le paiement de son salaire en plusieurs fois, - entre 3 à 5 fois dans le mois - alors qu'actuellement la loi ne comporte pas cette possibilité de versements échelonnés.
Pas question toutefois de supprimer totalement la mensualisation, qui restera la règle, mais d'assouplir les versements pour qu'ils puissent intervenir à n'importe quel moment. « Si un salarié a un souci le 7 du mois, une dépense imprévue, - par exemple il doit payer sa chaudière qui vient de tomber en panne, faire des réparations sur sa voiture -, il faut qu'il puisse le faire sans perdre de l'argent », plaide le député.
Aujourd'hui, il est seulement possible d'obtenir le versement d'un acompte, le 15 du mois, pour la moitié du salaire, mais pas à un autre moment dans le mois. L'employeur ne peut refuser, puisqu'il s'agit d'heures de travail déjà effectuées, contrairement à une avance sur salaire, qui correspond au paiement d'un travail encore non effectué.
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Du côté des employeurs, il n'y a pas d'opposition de principe à cette proposition portée par le député. Reste qu'elle soulève des inquiétudes : ces paiements risquent d'augmenter les coûts. « Car il faudra recalibrer les logiciels, et cela entraînera une gestion plus pointue des paies avec des allers-retours... les gestionnaires ne manqueront pas de nous les facturer », avance Jean-Eudes du Mesnil du Buisson, secrétaire général de la CPME. Même avis du côté du Medef, qui craint une contrainte supplémentaire : « ce serait complexe à gérer ».
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Fanny Guinochet