Taxe sur les grandes entreprises : le scénario du gouvernement mis en doute
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Le parvis de la Défense.
Reuters
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La pression fiscale devrait monter d'un cran en France. En plein marasme des finances publiques, le gouvernement Barnier a annoncé qu'il envisageait 20 milliards d'euros de hausse de la fiscalité dans son budget 2025 présenté ce jeudi 11 octobre après plusieurs reports. Dans les pistes évoquées par Matignon et Bercy figure notamment une augmentation des prélèvements sur les entreprises. À ce stade, les derniers arbitrages sont encore en cours mais l'exécutif semble privilégier une hausse de l'impôt sur les sociétés.
En attendant la présentation du projet de loi de finances 2025, l'institut des politiques publiques (IPP) dirigé par l'économiste Antoine Bozio, co-auteur du récent rapport sur les exonérations sociales vient de livrer ce mercredi 9 octobre une évaluation de l'impact d'une hausse de l'impôt sur les 300 sociétés visées par le gouvernement (+8%) sur les finances publiques.
Résultat, le rendement annoncé par le gouvernement (8 milliards d'euros) pourrait être bien décevant. L'économiste et co-directeur du pôle entreprises à l'IPP, Laurent Bach, a calculé dans un scénario que le rendement serait plutôt de 6,2 milliards d'euros, soit 23% de moins de ce qui est prévu par le Trésor. Comment expliquer cette divergence ? « On peut s'attendre à ce que cette mesure rapporte moins que 8 milliards d'euros car les entreprises peuvent investir moins ou déplacer des profits à l'étranger », souligne l'économiste contacté par La Tribune.
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Les 8 milliards d'euros de rendement attendus semblent donc optimistes, car ce chiffre repose sur l'hypothèse que les entreprises maintiendront leurs comportements actuels. Or, une hausse de l'IS peut se traduire par des changements de stratégie des entreprises. L'économiste rappelle néanmoins qu'il est difficile d'avoir un rendement négatif sur une hausse de l'IS de 8% car « le taux de 25% n'est pas très élevé ». Dans le viseur du gouvernement figurent en priorité les grands groupes et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) ayant un chiffre d'affaires supérieur à 1 milliard d'euros.