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Budget 2025 : pour Gérald Darmanin, le projet annoncé est « inacceptable »

latribune.fr

Publié le 03 octobre 2024 à 08:31 - Mis à jour le 03 octobre 2024 à 18:00

L'ancien ministre de l'Interieur Gérald Darmanin n'est pas convaincu par le projet de budget annoncé par le gouvernement Barnier.

L'ancien ministre de l'Interieur Gérald Darmanin n'est pas convaincu par le projet de budget annoncé par le gouvernement Barnier.

© Sebastien SALOM-GOMIS/AFP

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Invité de Franceinfo ce jeudi, l'ancien ministre a jugé « inacceptable » le projet de budget annoncé par le Premier ministre Michel Barnier. Un coup dur pour le gouvernement qui doit présenter le projet de loi de finances pour 2025 en Conseil des ministres le 10 octobre.

Entre Gérald Darmanin et Michel Barnier, le torchon brûle. En début de semaine sur France Inter, l'ancien ministre de l'Intérieur avait indiqué sa déception de ne pas avoir été nommé au Quai d'Orsay dans le nouveau gouvernement. Ce jeudi, sur Franceinfo, il a fait part de son opposition au projet de budget pour 2025 tel qu'esquissé par Michel Barnier.

Car l'ancien patron de la place Beauvau n'est pas d'accord avec la trajectoire budgétaire choisie par le chef du gouvernement. Ce dernier entend revenir à 5% de déficit dès l'année prochaine et à 3% de déficit en 2029. Mais pour cela, l'exécutif a annoncé hier qu'il faudra réaliser 60 milliards d'euros d'économies en 2025. Et ce, alors que le déficit de l'Hexagone devrait dépasser 6% d'ici la fin de l'année.

Mais pour celui qui est redevenu simple député, « annoncer 60 milliards d'euros, ça se discute ». « Aujourd'hui, il (Michel Barnier, ndlr) veut absolument faire 3% en 2029 de déficit, et faire 5% l'année prochaine », déplore l'ancien patron de l'Intérieur. « Ce n'est pas forcément 60 milliards et puis c'est tout ! », tâcle-t-il.

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Budget 2025 : 60 milliards d'euros de coupes et de hausses d'impôts en vue

Contre les hausses d'impôt

Le gouvernement a d'ores et déjà indiqué que l'effort budgétaire sera réparti pour deux tiers sur des baisses de dépenses et un tiers sur une hausse de la fiscalité. Des hausses d'impôts qui vont toucher les grandes entreprises, et les 65.000 contribuables les plus fortunés de l'Hexagone qui paient l'impôt sur le revenu (20 millions de foyers assujettis aujourd'hui, d'après Bercy), selon le ministre du Budget Laurent Saint-Martin, interrogé ce jeudi sur Télématin.

« Je ne voterais pas une augmentation d'impôt », rétorque Gérald Darmanin. « C'est une mauvaise direction, c'est la direction François Hollande », a-t-il ajouté en référence à l'ancien président socialiste.

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Et l'ancien ministre de l'Intérieur n'est visiblement pas le seul de l'ancienne majorité macroniste à s'opposer aux hausses de la fiscalité. L'ancien ministre de l'Industrie Roland Lescure partage cette ligne. « Je voterai très probablement contre une hausse de l'impôt sur les sociétés », a abondé l'ancien locataire de Bercy sur Sud Radio ce jeudi. « On a besoin de compétitivité, derrière c'est des millions d'emplois », a-t-il argumenté.

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«Il faut corriger nos anomalies fiscales», selon Patrick Artus

Demande de réformes structurelles

Surtout, à la suite de la déclaration de politique générale du Premier ministre mardi, Gérald Darmanin s'interroge : « Quelles sont les réformes que proposent Michel Barnier ? » Et d'accuser le gouvernement de détricotage de mesures prises par le passé : « Ne touchons pas aux réformes difficiles que nous avons faites, elles ont été faites ! » Dans le viseur de l'ex-ministre, la réforme des retraites pour laquelle Michel Barnier a dit vouloir rouvrir des discussions et celle de l'assurance-chômage manifestement enterrée par Matignon.

Pour Gérald Darmanin, le redressement de l'Hexagone doit passer d'abord par de la pédagogie : « Il faut expliquer ce qu'on va faire du pays », a-t-il martelé. Pas sûr là encore que Michel Barnier apprécie.

Fortes tensions entre Barnier et les Macronistes

Les tensions autour des questions fiscales dans le projet de loi de finances illustrent le malaise qui grandit chaque jour entre Matignon et les parlementaires macronistes (Ensemble pour la République). Les députés ont peu goûter récemment au coup de fil de Michel Barnier à Marine Le Pen pour l'assurer qu'il la considérait dans l'arc républicain. Un appel de courtoisie passé après le rappel à l'ordre du ministre de l'Economie Antoine Armand.

Mardi, la tension est repartie de plus belle après que Michel Barnier a mouché son prédécesseur Gabriel Attal au Palais Bourbon en lui promettant d'être « très attentif » à ses « propositions d'économies supplémentaires (...) pour faire face au déficit (...) trouvé en arrivant ».

« Je ne suis pas sûr que la meilleure manière de s'assurer du soutien de ses députés est de mettre une petite gifle au président de groupe », a observé Roland Lescure.« Ce n'était pas nécessaire », a résumé Gérald Darmanin,« surtout qu'il n'a pas répondu sur le même ton à Madame Le Pen ».

Et l'épisode de tension s'est poursuivi mercredi à l'Assemblée. Lors des questions au gouvernement, Michel Barnier a répondu lui-même à un député indépendantiste Emmanuel Tjibaou, membre du groupe GDR, après avoir pourtant laissé le ministre des Outre-mer François-Noël Buffet donner la réplique à Nicolas Mertzdorf, député EPR.

« Il y a eu un tollé chez EPR, les députés présents ont quitté l'hémicycle à l'initiative de Gérald Darmanin, ils ont pété un câble », relate l'entourage du député loyaliste.« Dans l'état actuel on ne veut pas voter le budget », a-t-on ajouté.

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« C'est une provocation », a renchéri un député macroniste, « beaucoup de collègues se sentent maltraités » par le Premier ministre. Les débats en projet de loi de finances promettent d'être houleux.

(Avec AFP)

latribune.fr

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