TPE-PME : les salaires augmentent plus que l'inflation, les patrons rognent leurs marges
latribune.fr
06/09/2022 01:00 PICTURE HANS-LUCAS/ FRANCE - SALARY - ILLUSTRATION Disclaimer: This asset - including all text, audio and imagery - is provided by Hans Lucas. Reuters does not guarantee the accuracy of, or endorse any views or opinions expressed in,...
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Les salaires dans les PME et les très petites entreprises (TPE) ont augmenté en moyenne de 5,49% entre décembre 2021 et janvier 2023, d'après le baromètre du Cercle Perspectives. Une belle hausse de prime abord, mais qui est quasiment réduite à rien étant donné la forte inflation sur la même période. Les patrons ont pour cela rogné sur leurs marges, une pratique constatée de façon générale en France, excepté dans certains secteurs comme l'agroalimentaire.
La hausse des salaires dans les TPE et PME a atteint +5,49% entre décembre 2021 et janvier 2023, d'après le baromètre du Cercle Perspectives publié ce mercredi 26 avril. Regroupant 17 cabinets d'expertise comptable, il a été réalisé à partir des bulletins de paie de près de 365.000 salariés de TPE/PME, avec l'aide du cabinet d'études Init.
Reste que, mise en regard de l'inflation, qui s'est établie en moyenne à 5,2% en 2022, cette évolution n'est finalement que de 0,29%. Et ne représente ainsi qu'une légère augmentation du pouvoir d'achat pour les salariés concernés.
Dans le détail, les augmentations enregistré dans le baromètre de Cercle Perspectives ont été légèrement plus fortes pour les femmes (5,66%) que pour les hommes (5,35%). Ce qui constitue finalement un « léger effet de rattrapage » selon les cabinets d'expertise comptable, les salaires des femmes étant en moyenne moins élevés que ceux des hommes.
La hausse moyenne des salaires non-cadres, soit 5,67%, a été plus forte que celle des cadres, à 4,40%, grâce notamment aux revalorisations du Smic.
Les hausses salariales varient également selon les secteurs. Elles ont été les plus fortes dans ceux ayant le plus de mal à recruter, par exemple le transport (7,17%) et l'hôtellerie-restauration (6,35%). En queue de peloton, on trouve l'enseignement (4,89%) et les activités immobilières (4,65%).
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Au niveau géographique, dans les régions, « les salaires ont continué à converger » vers ceux pratiqués en Ile-de-France.
Afin de rester attractifs face aux difficultés de recrutement et soutenir le pouvoir d'achat de leur salariés, « les patrons de TPE/PME ont très majoritairement choisi de rogner sur leurs marges », explique Antoine de Riedmatten, président du Cercle Perspectives et président du directoire du cabinet d'expertise comptable In Extenso.
En début de semaine, le gouverneur de la Banque de France indiquait justement que « globalement, les marges ont reculé en 2022 ». Après un niveau record de 34% en 2021, le taux de marge des entreprises a atteint 32% l'an dernier, proche de son niveau pré-Covid. Il a toutefois prévenu que les évolutions de marges différaient selon les secteurs voire les entreprises, l'agroalimentaire notamment se démarquant par une « forte hausse » de son taux de marge en 2022.
Pour 2023 et 2024, « les marges des entreprises devraient reculer modérément et temporairement du fait de la situation économique, avant de remonter en 2025 », selon François Villeroy de Galhau.
Pas de spirale prix-salaire
Le gouverneur a aussi déclaré ne pas constater d'emballement d'une spirale prix-salaire en France. Le salaire moyen par tête a augmenté de près de 4% en moyenne en 2022 (moins que l'inflation), et pourrait progresser de 6% cette année (plus que l'inflation), mais le rattrapage devrait ensuite retomber à environ 3% en glissement annuel d'ici fin 2025.
« Ce que nous voyons aujourd'hui, c'est un pic d'inflation en France au cours de ce premier semestre et un pic des salaires un peu décalé au cours du deuxième semestre »,a expliqué le gouverneur.