Trafic de drogues : un impact économique marginal

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Cette prise en compte s'inscrit dans le cadre d'une refonte plus large des méthodes de calcul de l'Insee, visant à aligner les pratiques comptables françaises sur celles des autres pays de l'Union européenne.
Cette prise en compte s'inscrit dans le cadre d'une refonte plus large des méthodes de calcul de l'Insee, visant à aligner les pratiques comptables françaises sur celles des autres pays de l'Union européenne. (Crédits : ANDRES STAPFF)
Les flux économiques relatifs au trafic de stupéfiants représentent 0,1 point de PIB chaque année selon des calculs de l'Insee rendus publics ce mercredi.

C'est inédit. Selon une note de l'Insee, l'impact du trafic de stupéfiants sur le produit intérieur brut français (PIB) s'élèverait à 0,1 point, soit 2,7 milliards d'euros par an. Pour calculer le poids de ce marché illicite dans l'économie française, les économistes de l'organisme public ont soustrait le montant de la consommation de drogues évalué à 3,1 milliards d'euros au montant des importations estimé à 400 millions d'euros. À la demande d'Eurostat, bien d'autres pays européens avaient déjà pris en compte ces activités depuis 2014 (Espagne, Italie). Cette prise en compte, effectuée à la demande de l'institut européen des statistiques publiques, vise à "aligner" les normes comptables tricolores "sur la pratique des autres pays européens", précise l'organisme public.

"Des échanges au niveau européen à des fins d'harmonisation des méthodes de comptabilité nationale ont en outre montré que la position de l'Insee sur ce sujet était minoritaire", explique la note de l'Insee.

1,1 milliard de dépenses de consommation pour le cannabis

Pour définir ce montant, les statisticiens français se sont fondés sur un rapport publié en 2016 par la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca) qui fournit des éléments précis sur les flux économiques du trafic des principales drogues.

Pour refléter les changements dans le temps de ces flux dans leurs calculs, ils tiennent également compte des évolutions de la consommation et des prix des différentes drogues, à partir des données régulièrement publiées par l'Office français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Les différentes sources documentaires fournissent plusieurs estimations sur les montants de consommation par drogue en 2010 : 1,1 milliard d'euros pour le cannabis, 902 millions d'euros pour la cocaïne, 267 millions d'euros pour l'héroïne, 42 millions d'euros pour l'Ecstasy et enfin 13 millions d'euros pour les amphétamines, soit un total de 2,3 milliards d'euros de dépenses de consommation.

> Lire aussi : La drogue, un marché à 2,3 milliards d'euros en France

21.000 emplois générés

Les conséquences de ces activités illicites ont un impact non-négligeable sur le marché du travail. Selon l'organisme de statistiques, le trafic de stupéfiants représenterait un total de 21.000 emplois en équivalent temps plein, soit 0,08% de l'ensemble des ETP en 2014. Les évaluations ont été rehaussées de 1.000 personnes "dans la mesure où les réseaux mobilisent un nombre important d'intermédiaires dont le trafic de drogues n'est pas la principale source de revenus". Ce qui signifie en outre que ce sont beaucoup d'emplois à temps partiel.

La prostitution écartée

Parmi les activités illégales, la prostitution n'est pas prise en compte dans la comptabilité nationale. Pour l'institution responsable des statistiques publiques,

"La prostitution exercée dans la rue est notoirement le fait de personnes généralement en situation irrégulière, souvent mineures et sous la coupe de réseaux clandestins qui les ont acheminées en France, et qu'elles remboursent en se prostituant. Ces situations s'apparentent davantage à une forme d'esclavage sexuel qu'à l'exercice librement consenti d'une activité professionnelle."

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a écrit le 01/06/2018 à 5:59 :
En Coree du sud, deux (officiellement" )citoyens francais sont embastilles pour usage de stups. Hasch, coke ou autres produits sont strictement interdits. La loi est ferme et tres severe pour celui ou celle qui tente de s'y soustraire.
Et c'est tant mieux.
Inclure dans le PIB les revenus des drogues est une heresie. Signe de grande decadence. Le prix a payer sera eleve en termes de dommages.
a écrit le 31/05/2018 à 14:30 :
Banaliser les drogues, au même titre que les autres marchandises, est un scandale hélas avalisé par notre gouvernement et Bruxelles, pour qui seul le fric compte. Combien de gens, de familles, détruits par la drogue, les trafics ? Combien d'accidents de la route dus à la drogue, dans lesquels des innocents sont tués ou gravement blessés ? (bien sûr même chose pour l'alcool) . Rouler à 80 au lieu de 90 ne changera rien pour les drogués. mais c'est plus facile de mettre des radars que de lutter contre les trafics et les zones de non-droit qu'ils entraînent. Tous nos élus et gouvernants qui laissent faire cela sont une honte.
Réponse de le 01/06/2018 à 14:25 :
D'autres drogues "légales" sont bien comptées dans le PIB : alcool, cigarettes, chocolats, glucides, ... Et renseignez vous sur les aspects addictifs de ces produits avant de penser que j'écris n'importe quoi.
a écrit le 31/05/2018 à 11:57 :
Bonjour,

Si il y a «  des moyens statistiques » de mesurer ce «  marché illégal » il est possible de le «  cadrer » pour un «  arrêt total de ce marché illicite , qui tue des vies humaines »

ça va de «  soi » non ?
Pourquoi cette décision d’insérer au PIB intérieur ?

pourquoi ne pas «  calculer les ressources sains »
pour voir vraiment les «  pertes et dépenses des pays »?

cette mesure induit «  des analyses fausses du marché «  à mon sens

il faut séparer légal et illégal , c’est du bon sens démocratique et cohérent.
Réponse de le 31/05/2018 à 15:11 :
la prohibition ne marche pas. Ca fait 30 ans qu on essaie. C est pas nouveau, les USA ont echoue il y a un sciecle avec l alcool (ca a donne Al Capone)

La seule solution c est de legaliser (et pas depenaliser) et de taxer comme le tabac. Si des gens veulent se detruire la santé c est leur probleme du moment qu ils sont adulte. Vrai avec l alcool, le tabac ou le canabis
Réponse de le 31/05/2018 à 16:03 :
@ cd: quand vous vous ferez "démolir" sur la route par un chauffard drogué, et même "légalisé et taxé", vous viendrez dire si vous tenez le même discours. Les accidents de ce type sont quotidiens. Car malheureusement, les drogués ne détruisent pas que leur santé, mais aussi potentiellement celle des autres. Et c'est identique avec l'alcool
Réponse de le 31/05/2018 à 22:52 :
@cd,

c’est vrai que interdire pousse vers l’effet contraire. Maintenant il y a aussi le problème des contre- façon ( alcool, drogues et tabac)

la solution serait une prévention
information massive dans les écoles , familles , publiques , populations et dédramatiser ces «  substances » en diminuant «  la valeur matérielle » pour que ça n’intéresse pas au niveau vénale.

c’est «  vrai » que la société ne peut rien faire pour les «  gens » qui ont décidé de se détruire ,
juste que s’ils demandent de «  l’aide »
la société a des structures d’aide.

ce qui n’ est pas normal » c’est que les gens drogués , alcooliques ou autres mettent en «  danger » la vie des autres aussi
ça » c’est complètement irresponsable .

La société peut cadrer :
comment ?
le «  data » , répertoire des risques sur les routes , par exemple.( reprendre tous les PV et antécédents ...)
les états ne font ils rien à cause des bénéfices de taxes sur ces produits dangereux ?

il ne faut pas oublier » que ces substances » changent le cerveau a fortes doses ( un moment ) et peut être a l’origine de comportements violents
rien n’excuse la violence et l’incivilité.
a écrit le 31/05/2018 à 10:47 :
Ces chiffres ne sont pas inédits et ce n'est pas un scoop. Dans les autres pays de la ZE qui comptabilisent, ces éléments sont estimés représenter entre + 0.1 et 0.2 % du PIB (prostitution comprise).
Cordialement
a écrit le 31/05/2018 à 10:14 :
legalisez ca et vous verrez l'impact que ca a sur les banlieues....... pour le reste je serais curieux de voir une methodologie d'estimation sur qqch qui par definition est cache!
sauf si bienentendu, l'insee a fait un sondage aupres de dealers qui ont repondu les bons chiffres avec bienveillance...
Réponse de le 31/05/2018 à 12:52 :
On verra l'impact? Ce sera l'insurrection, la guerre civile c'est ça? Donc on laisse un trafic qui gangrène tous les quartiers, qui créent des inégalités énormes avec des débilos sans éducation ni valeurs qui palpent 15ke / mois et font les kekouzes en R8. Tout en vendant des produits coupés avec des substances nocives qui nuisent à la santé des consommateurs.

Ce n'est pas acceptable de laisser pourrir cette situation, fruit d'une politique de la ville et de l'ubranisme mauvaise dans les années 70. Et aucun politique n'a eu le courage de changers les choses.
Réponse de le 31/05/2018 à 13:20 :
Il est temps de soumettre le trafic aux cotisations sociales, à l'impôt sur le revenu, à la TVA. Peut être que quand on arrête un trafiquant, il faudrait lui présenter la note...
Réponse de le 31/05/2018 à 15:17 :
on est d'accord....... un petit dealer, c'est 600 euros/ jour sans impots sans charges sociales et sans tva, et en plus ca touche toutes les aides possibles et imaginables, eu egard a ce qu'ils declarent au fisc francais!
donc legaliser, c'est effectivement tuer leur business, donc s'exposer a la guerre civile........ et faut pas oublier que ca vote, et que c'est le fonds de commerce de certains, ces banlieues qui sentent bon la misere...
a écrit le 31/05/2018 à 8:29 :
Hum... marginal ? Vous êtes sûr ?

"Comment la cocaïne nous a sauvés de la crise financière" https://bibliobs.nouvelobs.com/documents/20141017.OBS2476/comment-la-cocaine-nous-a-sauves-de-la-crise-financiere.html

"Roberto Saviano : « L’argent de la drogue a sauvé les banques européennes »" https://olivierdemeulenaere.wordpress.com/2013/04/22/roberto-saviano-largent-de-la-drogue-a-sauve-les-banques-europeennes/

" Le trafic de drogue a sauvé l'économie mondiale, selon l'ONU" http://www.lesmotsontunsens.com/le-trafic-de-drogue-a-sauve-l-economie-mondiale-selon-l-onu-6661

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