Vers un gouvernement avant Noël ? « C'est la volonté du Premier ministre »
latribune.fr
Le président des députés du Modem, Marc Fesneau, très proche du Premier ministre François Bayrou, a évoqué mercredi « des échanges très avancés » sur la composition du gouvernement.
Pour Marc Fesneau, président des députés du Modem et proche de François Bayrou, les échanges concernant la constitution du nouveau gouvernement sont « très avancés ».
[Article publié mercredi 18 décembre 2024 à 11h12, mis à jour à 13h20]À quand la nomination du prochain gouvernement ? Ça ne saurait tarder, selon le président des députés du Modem, Marc Fesneau, très proche du Premier ministre François Bayrou, qui a évoqué mercredi sur TF1 « des échanges très avancés » sur la composition de celui-ci. Sans s'engager néanmoins sur une date. Une affirmation confirmée à l'AFP par une source proche de François Bayrou, tout en reconnaissant que si la composante LR et Bruno Retailleau coince, « on s'engage mal ».
Au point de parvenir à un nouveau gouvernement avant Noël ? « Je crois que c'est la volonté du président de la République et du Premier ministre d'[en] avoir [un] avant Noël », a expliqué Marc Fesneau, rappelant qu'« on a vu ce que c'était d'attendre », en référence au gouvernement de Gabriel Attal démissionnaire pendant deux mois cet été.
« Il y a besoin que les équipes puissent se constituer dans les ministères avant Noël pour que, dès la rentrée, les choses puissent se mettre en ordre », a-t-il tranché.
Quoi qu'il en soit, ce ne sera a priori pas avant dimanche, le président de la République étant en déplacement à Bruxelles (conseil européen) ce mercredi, puis à Mayotte jeudi, et enfin auprès des troupes françaises à Djibouti jusqu'à son retour dans l'hexagone dimanche matin. Emmanuel Macron va néanmoins recevoir à nouveau mercredi après-midi François Bayrou à l'Elysée pour avancer sur le dossier.
Partir d'un« socle commun »
François Bayrou a promis mardi aux députés de ne laisser aucun défi « sans réponse », mais sans s'avancer sur ses solutions en attendant de former un gouvernement « dans quelques jours ».
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Marc Fesneau a précisé que « l'objectif » du couple exécutif était « de partir de ce que nous avions constitué autour de Michel Barnier », appelé le « socle commun », qui allait des députés macronistes et alliés aux Républicains. « Et après, de regarder si on peut élargir avec des personnalités », sans « rentrer dans la logique des débauchages », tout en envisageant « des ouvertures à des personnalités qui viennent des horizons de la gauche », a-t-il tâtonné.
Une tâche qui devrait toutefois s'annoncer plus compliquée que prévu. Les conditions « ne sont pas réunies pour l'instant » pour une entrée de LR au gouvernement, a affirmé ce mercredi le ministre démissionnaire de l'Intérieur Bruno Retailleau. Ce dernier doit, à ce propos, rencontrer François Bayrou mercredi matin pour en discuter.
«Je ne pourrai rester au gouvernement que si je suis en mesure de mener la politique que veulent la majorité des Français, c'est-à-dire de restaurer l'autorité, la fermeté, l'ordre public, aussi bien dans la rue qu'à nos frontières», a-t-il affirmé sur BFMTV-RMC au sujet de son cas personnel.
Parlant au nom de son parti, il a expliqué que LR « essaiera de voir dans les jours prochains si un certain nombre d'obstacles sont levés ». « Ce serait un comble que le gouvernement tire à gauche alors que la France, elle est à droite », a prévenu Bruno Retailleau, qui a rencontré le Premier ministre pendant une heure dans la matinée.
Pas d'abrogation de la réforme des retraites en vue
Par ailleurs, à propos de la réforme des retraites, que la gauche souhaiterait suspendre et revoir, Marc Fesneau a évacué toute possibilité d'abrogation. « C'est très facile d'abroger, mais quand on ne pose pas l'équation principale qui est celle du financement, c'est un problème », a-t-il prévenu.
Quant à une éventuelle future loi immigration, il a enfin estimé que « c'est une question d'abord de mise en œuvre des lois qui sont déployées depuis peu de temps » et de traduction en France du pacte asile immigration européen.
La veille, François Bayrou s'est rendu à l'Élysée pour la deuxième fois de la journée afin d'évoquer avec Emmanuel Macron la composition du gouvernement. Dans une journée ponctuée de nouvelles consultations des groupes politiques, qui se poursuivront mercredi à Matignon, et d'un premier contact animé avec l'Assemblée nationale.
« J'espère qu'on va réussir à aller vite », a affirmé François Bayrou mardi en milieu d'après-midi.
Dans le détail, son intention est de présenter une équipe resserrée d'environ 25 ministres avec des personnalités de gauche, du centre et de droite, selon des sources parlementaires. Il doit d'ailleurs prononcer le 14 janvier sa déclaration de politique générale devant le Parlement.
En attendant, il a répondu pour la première fois aux questions de l'Assemblée nationale. Il a notamment été interpellé sur son choix d'aller, lundi, présider le Conseil municipal de sa ville de Pau, dont il entend demeurer maire. Et de n'assister qu'en visioconférence à une réunion de crise sur Mayotte, dévastée par le passage du cyclone Chido.
Le nouveau locataire de Matignon a également été assailli de questions sur la manière dont il entend gravir cet « Himalaya » de défis qu'il a évoqué lors de sa prise de fonctions vendredi. Pour le Rassemblement national, Laure Lavalette a dressé une liste de priorités, demandant notamment le vote d'une « loi d'urgence agricole » avant la fin de l'année. Le socialiste Boris Vallaud lui a adressé un « avertissement républicain solennel », en réclamant des réponses sur le budget, les retraites, le pouvoir d'achat ou encore les services publics. « Serez-vous ouvert aux compromis ? », a-t-il demandé.
François Bayrou, clamant son « respect » pour tous les députés quel que soit leur camp politique, s'est refusé à détailler ses solutions. « Je ne dissimulerai rien, je ne laisserai rien sans traitement et sans réponse », s'est-il borné à répondre.
Faire adopter le budget
De même, il s'est engagé à ne pas laisser « la situation budgétaire sans réponse », alors que l'adoption d'une loi de finances pour 2025 est en jachère depuis la censure de son prédécesseur Michel Barnier. Tout l'enjeu sera de faire adopter le budget 2025 sans nouvelle censure du gouvernement.
Mais le vice-président du Rassemblement national Sébastien Chenu a déjà menacé mercredi le Premier ministre de censure si ce dernier « ne tient pas compte des erreurs qu'a pu commettre Michel Barnier, tant sur la forme que sur le fond » dans la confection de son budget. Si François Bayrou, « a été attentif aux erreurs, aux incohérences de Michel Barnier et qu'il ne les reproduit pas, alors il pourra construire un budget », a estimé le député proche de Marine Le Pen.
En attendant, la « loi spéciale », palliatif budgétaire soumis en urgence après la censure du gouvernement Barnier, entre dans sa dernière ligne droite au Parlement mercredi avec un vote sans suspense attendu au Sénat.