Le Plan Littoral 21, projet régional élaboré conjointement par la Région Occitanie et la Caisse des Dépôts, a vocation à donner un nouvel élan à l'économie maritime et littorale, dite économie bleue, à horizon 2050.
Lancé en juillet 2016, il a fait l'objet d'une large concertation avec les collectivités locales, les acteurs de l'économie régionale et le Parlement de la mer, et méritait au moins la présence d'un ministre pour venir sceller un accord-cadre Etat-Région-Caisse des dépôts le 10 mars, à Montpellier.
Les premières grandes orientations du rapport sur l'aménagement du littoral, réalisé par les architectes Elisabeth et Christian Portzamparc et Laurence Tubiana, négociatrice de l'accord de Paris sur le climat, ont donc été présentées à l'Hôtel de Région de Montpellier, en présence du Premier ministre, Bernard Cazeneuve.
L'ambition du projet est de doper l'attractivité du littoral méditerranéen sur sa partie Occitanie, menacée par le vieillissement des stations touristiques, l'inadaptation des infrastructures aux nouveaux usages, le risque d'étalement des équipements et le mitage du paysage, ou encore la pollution des lagunes et eaux marines. L'espace retenu par le Plan Littoral 21 n'est donc pas limité au trait de côte, mais s'étend en profondeur sur le territoire, incluant l'arrière-pays.
La vision stratégique était donnée par les auteurs du rapport.
Avant toute chose, l'architecte propose de valoriser tout ce qui fait l'identité de la région.
Elle imagine, dans la continuité, de valoriser les différents sites classés par la création de « pavillons-nature » qui seraient des sortes de résidences d'artistes, afin de « faire vivre ces lieux ».
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Carole Delga, la présidente de la Région Occitanie/Pyrénées-Méditerranée, soulignait la volonté politique forte de ce projet tripartite.
L'ambition du Plan Littoral 21 est donc de concilier économie et tourisme durable. Globalement, il comprend trois orientations stratégiques : faire du littoral languedocien « une vitrine française de la résilience écologique », exploiter le potentiel d'innovation pour booster la croissance bleue, et améliorer l'attractivité, l'accueil et le vivre-ensemble.
Ce qui impliquera de verdir toute action d'aménagement du trait de côte, par exemple en luttant contre l'étalement urbain, en favorisant des infrastructures de transport et des modes doux de mobilité, ou en accompagnant la préservation écologique des milieux littoraux et des eaux marines et lagunaires.
Sur le plan économique, le Plan Littoral 21 s'attachera à valoriser les atouts de la région : faire émerger une filière régionale d'éolien offshore flottant (la région a remporté deux projets de fermes pilotes d'éoliennes flottantes au large de Gruissan et Leucate), renforcer la compétitivité des filières halieutiques, soutenir le développement d'une filière sportive autour du vent, structurer une offre touristique d'excellence, ou encore accompagner les innovations de ruptures dans les filières maritimes.
Toutes les conclusions de l'étude Portzamparc/Tubiana n'ont pas été finalisées. D'autres propositions seront faites d'ici la fin mars.
Ce premier accord-cadre du Plan Littoral 21 préfigure le futur contrat territorial littoral 2018, qui sera intégré au futur Contrat de plan Etat-Région (CPER). Sur la période 2017-2020, le coût total prévisionnel du Plan Littoral 21 est estimé à près d'1 Md €.
La Région Occitanie apportera 300 M€ (soit 33 % du financement global) sur les trois prochaines années. Le reste sera assuré par l'Etat (200 M€, soit 22 %), ainsi que par les collectivités locales et le secteur privé par effet de levier (400 M€, 45 %).
La part de financement de l'Etat repose sur le CPER, les crédits Investissements d'Avenir sur les deux projets d'éoliennes en mer (78 M€ et 60,5 M€), mais aussi sur « une enveloppe d'investissement spécifique 8 M€ annuels pendant dix ans », précise Bernard Cazeneuve, soit 80 M€ contractualisés dans la nouvelle action du programme d'intervention territoriale de l'Etat.
L'économie bleue en Occitanie, c'est...
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En Occitanie, le littoral méditerranéen compte 220 km de rivages, 55 communes classées « littorales » par la loi (450 000 habitants, dont un tiers à Narbonne, Sète, Agde et Frontignan), un parc naturel marin de 4 000 km2, 20 stations balnéaires, 70 ports de plaisance, 5 ports de pêche et 3 ports de commerce (Sète, Port-la-Nouvelle, Port-Vendres). L'économie bleue représente 8 millions de touristes par an, 30 000 chambres d'hôtes, 800 campings, 95 % de la production halieutique en Méditerranée française et 10 % de la production conchylicole nationale (530 exploitations), et 1 790 entreprises dans le secteur du nautisme (6 600 emplois).
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