En marge du mécontentement qu'elle a exprimé en conférence de presse, le 15 mai, sur le bilan de la convention annuelle entre la Région Occitanie et la SNCF sur le transport de passagers, la présidente Carole Delga a enfoncé le clou sur la polémique du moment : la fermeture imminente de la ligne de fret entre la gare du marché Saint-Charles de Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales, et le marché d'intérêt national de Rungis (MIN), dans le Val-de-Marne.
La ligne de fret achemine chaque année quelque 400 000 tonnes des fruits et légumes en provenance de France, d'Espagne ou du Maroc, via les 800 km de rails entre les deux points.
Or la SNCF et les sociétés de transport Roca et Rey n'ont pas trouvé d'accord sur les conditions de renouvellement du contrat d'exploitation qui les lie depuis une dizaine d'années. A défaut, la ligne pourrait donc fermer fin juin avec la fin du contrat.
Le service fret de la SNCF rapporte que le trafic utilise des wagons frigorifiques « en fin de vie, vieux de plus de 40 ans », qu'il faut retirer du circuit. Une alternative a été évoquée : leur remplacement par de nouveaux containers réfrigérés, mais qui feraient augmenter le coût de la prestation de transport.
Le président du MIN, Stéphane Layani, a fait savoir que Rungis était prêt à verser 300 000 € aux deux exploitants de la ligne pour les aider « à louer temporairement » des wagons frigorifiques plus modernes.
Les transporteurs locaux, eux, ont réaffirmé leur préférence pour le rail plutôt que la route et se sont engagés à garantir les volumes de marchandises pour remplir les trains.
Dénonçant « un non-sens économique et écologique », la présidente de la Région Occitanie avait déjà écrit à Guillaume Pépy, le président de la SNCF, fin mars. Car la situation jetterait quelque 24 000 camions sur les routes chaque année... Et la plate-forme de fruits et légumes pourrait alors être déplacée à Barcelone, de l'autre côté de la frontière espagnole, entraînant des pertes d'emplois sur le territoire perpignanais.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Le 15 mai, Carole Delga a réitéré son indignation, rappelant la volonté de la collectivité « de développer les transports collectifs, et particulièrement le train, car il y a urgence climatique et qu'il s'agit d'une demande sociale et territoriale ».
Comment la Région s'engage-t-elle dans ce dossier ?
À lire également
La ministre des Transports, quant à elle, a annoncé le 10 mai dernier qu'elle allait réunir « la semaine prochaine » les acteurs concernés par la possible fermeture de la liaison ferroviaire, et dit vouloir « trouver une solution » pour maintenir le transport « par le rail ».
Éolien en mer : l’impact sur la biodiversité de mieux en mieux documenté
Occitanie–Maroc : « Nos rapports relèvent du long terme et ne sont pas mus par l'opportunisme »
Résilience : comment les entreprises se protègent face aux aléas climatiques
Après les violents incendies de l'été, Carole Delga veut un « plan Marshall » pour l’Aude