INTERVIEW exclusive - Alors que la contestation enfle contre le projet de ligne électrique très haute tension qui doit relier Jonquières-Saint-Vincent dans le Gard à la zone industrielle de Fos-sur-Mer, Christophe Mirmand, préfet de la région PACA et coordonnateur de ce projet, écarte les solutions alternatives réclamées par les opposants et assure que la concertation va se poursuivre.Le gestionnaire du réseau de transport d'électricité RTE va construire une nouvelle ligne électrique aérienne de 400.000 volts, reliant la commune de Jonquières-Saint-Vincent (Gard) à la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône). L'étude remise par RTE au préfet de la région PACA retient un tracé de 40 kilomètres de large sur de 65 kilomètres de long, nécessitant l'installation de 125 pylônes de 60 mètres de haut. Cette étude a donné lieu à une concertation publique, mais le projet suscite une large mobilisation d'opposition.
LA TRIBUNE - Le rapport publié début mai par le commissaire enquêteur suite à la concertation préalable du public en vue de la création de cette ligne électrique fait état de plus de 1.000 contributions. Cette forte opposition pourrait-elle remettre en cause ce projet ?
Christophe MIRMAND, préfet de la région PACA - Nous entendons ces oppositions mais je reste convaincu de la nécessité de ce projet. Cette ligne très haute tension répond à un double objectif : l'impérative décarbonation de la zone industrielle de Fos-sur-Mer, qui est la deuxième zone la plus émettrice de CO2 en France, et l'approvisionnement en énergie des entreprises qui ont prévu de s'y installer. Elle vise également à sécuriser l'alimentation électrique des Bouches-du-Rhône et du Gard, dont la consommation va augmenter du fait de la décarbonation des usages et de l'accroissement de la population. La ressource énergétique nécessaire pour répondre à tous ces besoins implique le doublement de la puissance électrique utilisée aujourd'hui dans la région. C'est une marche très importante à franchir dans un contexte où la région importe 60% de son énergie électrique. La création de cet ouvrage est indispensable pour tenir nos engagements en matière de réduction de gaz à effet de serre et sécuriser l'alimentation électrique de cette région.