A Cuba, John Kerry hisse la bannière étoilée sur l'ambassade américaine

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En raison des tensions persistantes entre Washington et La Havane, la bannière étoilée n'y a pas flotté à La Havane une seule fois en 54 ans.
En raison des tensions persistantes entre Washington et La Havane, la bannière étoilée n'y a pas flotté à La Havane une seule fois en 54 ans. (Crédits : Reuters)
Alors qu'aucun chef de la diplomatie américaine n'avait foulé le sol cubain depuis soixante-dix ans, le secrétaire d'Etat américain a assisté à la cérémonie en grande pompe du lever des couleurs sur l'ambassade américaine. Mais il a aussi prévu d'aborder les sujets qui fâchent avec ses homologues cubains.

L'image, symbole du rapprochement diplomatique initié en décembre par Cuba et les Etats-Unis, est destinée à passer à la postérité. En présence de John Kerry lui-même, premier secrétaire d'Etat américain à se rendre sur l'île communiste depuis soixante-dix ans, le drapeau américain a été hissé ce vendredi 14 août sur le toit de l'ambassade américaine, tout récemment rouverte à La Havane.

Dans une allocution publique, John Kerry a rappelé que les Etats-Unis étaient "fermement favorable" à la levée de l'embargo. Il s'est également exprimé en espagnol pour affirmer "le peuple de Cuba serait mieux servi par une véritable démocratie".

"Nid d'espions"

Occupant un bâtiment de sept étages sur le front de mer, l'ambassade est resté fermée pendant dix-sept ans, de 1961 à 1977, avant qu'il y soit installé une simple "section d'intérêts" des Etats-Unis. En raison des tensions persistantes entre Washington et La Havane, la bannière étoilée n'y a pas flotté une seule fois en cinquante-quatre ans. Au contraire, des manifestations étaient régulièrement organisées par le gouvernement cubain devant les portes de l'édifice, que Fidel Castro n'avait pas hésité à qualifier lde "nid d'espions".

Désormais, les diplomates américains pourront plus facilement se déplacer dans l'île et leurs effectifs pourront augmenter. Cuba a déjà réduit le nombre des gardes affectés à la surveillance des activités de l'ambassade. Le drapeau cubain a, quant a lui, de nouveau été hissé à Washington le 20 juillet.

Les voyages et le commerce facilités entre les deux pays

Accompagné de conseillers, de membres du Congrès et de trois Marines qui avaient amené le drapeau pour la dernière fois en janvier 1961, John Kerry espère voir s'engager un processus de "transformation" des relations bilatérales, a-t-il affirmé dans un entretien à la chaîne de télévision hispanophone Univision avant son déplacement à La Havane.

"Les gens seront plus nombreux à voyager, il y aura davantage d'échanges, des familles vont être réunies. Et, espérons-le, le gouvernement de Cuba va lui-même prendre des décisions qui vont commencer à changer les choses", a-t-il déclaré.

Depuis l'annonce par le président cubain, Raul Castro, et le président américain, Barack Obama, d'une reprise des relations diplomatiques, ce dernier a par ailleurs usé de ses pouvoirs présidentiels pour assouplir les règles en vigueur en matière de voyages et de commerce entre les deux pays.

Guantanamo, dissidents... la normalisation s'annonce difficile

La normalisation en profondeur des relations s'annonce toutefois complexe. Cuba réclame non seulement la restitution de la base navale de Guantanamo, ainsi que la fin des émission de radio et de télévision diffusées sur l'île depuis le sol américain, mais surtout la fin de l'embargo commercial pratiqué par les Etats-Unis contre l'île. Sur cette question capitale, toutefois, Barack Obama est confronté à la résistance du Congrès américain, contrôlé par les républicains.

Les Etats-Unis demandent pour leur part au régime de Raul Castro la possibilité pour les réfugiés ayant obtenu le droit d'asile de revenir à Cuba et une indemnisation des Américains dont les biens ont été nationalisés lors de l'arrivée de Fidel Castro au pouvoir en 1959. Ils réclament aussi une amélioration de la situation des droits de l'homme bien que, afin de ne pas froisser les autorités locales, John Kerry ait décidé de rencontrer des dissidents cubains à l'ambassade américaine seulement après la cérémonie du lever des couleurs.

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Commentaires
a écrit le 16/08/2015 à 23:56 :
Leçon 1 de la démocratie
La liberté de chacun s' arrête où commence celle des autres.
Leçon 2
Jamais n'annexera ce qui n'est pas tien!
a écrit le 15/08/2015 à 14:23 :
Bizarre, Cuba était hier une "dictature" infréquentable qui se contentait de nourrir, de soigner, d'offrir sport, art et culture à son peuple malgré un embargo "éducatif" décidé et imposé aux autres nations amies par la plus grande "démocratie du monde" les États-Unis contre le peuple cubain. États-Unis, cette "grande" nation qui ne compte que 60 millions de pauvres nourris grâce à la soupe populaire, et où les citoyens bénéficient de soins et loisirs dès qu'ils ont les moyens et sont surprotégés dès qu'ils ont la chance de ne pas être métisses ou noirs... Aujourd'hui la plus "grande démocratie" du monde a décidé de rendre cette toujours "dictature" fréquentable et la France a "choisi" de suivre... Le peuple cubain et ses dirigeants ne sont pas dupes des arrières pensées des gringos... mais moi à présent : Que dois-je dire, à bas les "démocraties" et vive les "dictatures" ou l'inverse ? Ce qui est incontestable c'est que les médias dans les "démocraties" sont totalement libres de dire et de se dédire à leur guise, car côté dignité nos "informateurs ne sont pas à ce détail près...A suivre
a écrit le 14/08/2015 à 21:00 :
Bizarre, Cuba était hier une "dictature" infréquentable qui se contentait de nourrir, de soigner, d'offrir sport, art et culture à son peuple malgré un embargo "éducatif" décidé et imposé aux autres nations amies par la plus grande "démocratie du monde" les États-Unis. Pays qui ne compte que 60 millions de pauvres nourris grâce à la soupe populaire, et où les citoyens bénéficient de soins et loisirs dès qu'ils ont les moyens et sont surprotégés dès qu'ils ont la chance de ne pas être métisses ou noirs...

Aujourd'hui la plus "grande démocratie" a décidé de rendre cette toujours "dictature" fréquentable et la France a "choisi" de suivre...

Que dois-je dire à bas les "démocraties" et vive les "dictatures" ou l'inverse ?

Ce qui est incontestable c'est que les médias dans les "démocraties" sont totalement libres de suivre... A suivre!

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