L'onde de choc provoquée par la pandémie continue de secouer la planète économique et sociale. Ce séisme a précipité un grand nombre de personnes en situation de détresse morale et financière à travers toute la planète. Pour éviter une catastrophe, beaucoup d'Etats ont déployé des mesures d'urgence et de soutien pour venir en aide aux entreprises et aux populations et les banques centrales ont assoupli leur politique monétaire pour faciliter l'injection d'argent liquide dans l'économie. En outre, les Etats via les prélèvements ont grandement contribué à financer les programmes de recherche en faveur des vaccins et au renforcement des systèmes de santé. Toutes ces dépenses ont fait exploser les compteurs de la dette mondiale.
Face à tous ces efforts menés depuis plus d'un an, les organisations internationales d'habitude attachées à une réduction de la fiscalité et aux principes de l'orthodoxie budgétaire prennent de plus en plus souvent position en faveur d'une hausse de la fiscalité sur les grandes fortunes. Au début du mois d'avril, le Fonds monétaire international (FMI) a proposé la mise en place d'une fiscalité provisoire sur les hauts revenus "pour couvrir une partie des dépenses engagées afin de surmonter la pandémie de COVID-19". A l'OCDE, les économistes planchent sur des mécanismes de prélèvements sur le patrimoine et les héritages plus efficaces.
"Les pays auront à revisiter ces questions de succession dans les années qui viennent en raison de l'intolérance au niveau des inégalités qui a été atteint. Au-delà de cet aspect social, il est question d'efficacité économique. La trop grande concentration de richesse sans rotation, qui nourrit elle-même les inégalités, est inefficace économiquement et mine la cohésion des sociétés"a déclaré le directeur du centre de politique et d'administration fiscales de l'OCDE, Pascal Saint-Amans, lors d'une réunion avec des journalistes.