La Grande-Bretagne va augmenter l'IS pour financer sa dette Covid

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(Crédits : Reuters)
L'exécutif britannique a présenté un budget équivalent à plus de 75 milliards d'euros d'aides pour 2021 et 2022 face aux conséquences de la crise sanitaire. De 19%, l'imposition des sociétés (IS) passera, elle, à 25% d'ici deux ans, pour les grandes et moyennes structures, a expliqué le Chancelier de l'Echiquier. Les petites entreprises ne sont pas concernées.

Le Royaume-Uni va augmenter l'impôt sur les sociétés à 25% d'ici 2023 afin de financer une partie de l'énorme déficit public causé par les mesures d'aides à l'économie dont le montant total va atteindre 407 milliards de livres d'ici 2022 (471 milliards d'euros).

Pour rassurer les milieux d'affaires, il s'est empressé d'ajouter que même avec ce relèvement le Royaume-Uni garderait le niveau de taxe pour les entreprises "le plus bas du G7".

De même, l'augmentation de l'impôt sur les sociétés ne concernera pas les petites entreprises qui continueront à être taxées à 19%, a expliqué le Chancelier de l'Echiquier Rishi Sunak mercredi en dévoilant son budget au Parlement.

Des déductions fiscales sont également prévues lorsque l'entreprise investira.

Le Royaume-Uni, pays européen au pire bilan sanitaire avec quelque 123.000 décès attribués au virus, est aussi le pays développé ayant subi le plus important choc économique avec un PIB qui a plongé de 9,9% l'an dernier, la pire dégringolade en 300 ans.

Mais malgré 280 milliards de livres d'aides pour protéger les emplois et les entreprises face à l'impact de la pandémie, "les dégâts sur notre économie ont été aigus", a reconnu M. Sunak.

Prolongation du chômage partiel et des aides

Le ministre des Finances a donc annoncé une prolongation jusqu'à fin septembre du système de chômage partiel, grâce auquel le gouvernement prend en charge jusqu'à 80% des salaires à hauteur de 2.500 livres par mois.

Un système équivalent est prévu pour les travailleurs indépendants. Les employeurs seront appelés à contribution à partir de juillet quand le gouvernement réduira sa subvention à 70% des salaires puis 60% dès août.

De nouveaux prêts aux entreprises sont également prévus ainsi que plus de 700 millions de livres pour venir en aides aux entreprises culturelles et sportives.

Des aides directes de plusieurs milliers de livres sont aussi en préparation pour les secteurs les plus durement touchés par la pandémie, comme la restauration, les commerces ou les pubs, qui vont aussi bénéficier d'un gel des taxes sur l'alcool.

Une suspension de la taxe sur les transactions immobilières, qui a alimenté un mini boom des achats de logements, est également maintenu pour quelques mois.

Complication du Brexit

Rishi Sunak, un conservateur pro-Brexit et soucieux d'orthodoxie budgétaire, a également insisté: "une fois que nous serons sur la voie de la reprise, nous devrons commencer à redresser les finances publiques".

En raison du confinement actuel, l'économie britannique devrait se contracter à nouveau au premier trimestre, jusqu'à une progressive levée des restrictions à l'activité avec la réouverture des écoles lundi, et des commerces non essentiels mi-avril, entre autres.

Le Brexit a apporté une complication supplémentaire avec de grosses perturbations dans les livraisons et exportations, entre déclarations administratives alourdies et taxes qui mettent en danger certaines PME.

Cette année, l'économie du Royaume-Uni devrait connaître une croissance de 4% d'après les prévisions de l'organisme public OBR qui tablait encore sur une hausse de 5,5% en novembre, soit avant le nouveau confinement.

Mais l'économie devrait retrouver son niveau d'avant la pandémie mi-2022, contre fin 2022 prévu jusque-là, grâce à l'accélération de la croissance à 7,3% l'an prochain.

A la fin de la prochaine année fiscale, le gouvernement aura injecté au total 407 milliards de livres pour maintenir l'économie sous perfusion, et emprunté 355 milliards de livres, un record depuis la deuxième guerre mondiale, a énoncé le Chancelier.

Au total, le budget comporte des annonces de nouvelles mesures d'aides s'élevant à 65 milliards de livres pour cette année et la prochaine.

Lire aussi : Dette: Le Maire favorable à une règle pour stabiliser la dépense publique

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Commentaires
a écrit le 04/03/2021 à 9:25 :
On commence donc à se réveiller, après l'égarement et l'hystérie vient le temps des additions... On parie sur un concours de celui qui proposera la plus grosse taxe ?
a écrit le 04/03/2021 à 9:02 :
Le RU a encore beaucoup de chemin avant de pouvoir chasser le fléau financier de ses rangs qui lui a fait tellement mal, la première des initiatives indispensable était de sortir du consortium européen financier bien entendu mais les pièges sont nombreux et les épreuves multiples, on ne se débarrasse pas de ceux qui détruisent le monde en ronflant comme ça. Le mal est profondément enraciné du fait de nos oligarchies.
a écrit le 04/03/2021 à 8:53 :
Les britanniques en ont sous le pieds , nous aurions été bien inspirés d'avoir une fiscalité aussi légère et un état moins obèse. Pour nous , les réserves soutenables d'augmentations d'impots sont quasi inexistantes.
a écrit le 03/03/2021 à 23:38 :
Il faut qu'ils taxent les footeux.! deux ou trois mois de salaire en moins, ils ne s'en apercevront même pas.
a écrit le 03/03/2021 à 18:12 :
c'est un faux pb
le pb c'est la fiscalite globale, comparee a celles des concurrents
apres, a trop presser le citron...
25% ca reste ' raisonnable', le pb est de savoir si 1 c'est provioire ou ' provisoire a la francaise donc permanent' 2 si ca a vocation a augmenter
ca sera la meme chose en france quand les boites et les salaires confortables vont etre mis a contribution ( mais la les effets seront copieux car c'est deja confiscatoire), donc ca mettra une croix sur les relocalisations
Réponse de le 03/03/2021 à 20:06 :
En FR il faut diviser par cinq les impots de production pour la remettre à niveau de l'Allemagne et autres eur

Basculer les charges sociales sur la TVA

Défiscaliser à 100% les heures supp

Supprimer l' I.F.I

DIVISER L IMPOT SUR LA MORT LE PLUS CONFISCATOIRE AU MONDE

EN FINIR AVEC CETTE BUREAUCRATIE SOVIET, PARALYSANTE
a écrit le 03/03/2021 à 18:05 :
Pour être un futur "paradis fiscal", le nouveau "Singapour" sur Tamise, le gouvernement de M. Boris Johnson devoit baisser l' IS à 10%,et mettre un flat tax à 15%. Les financiers seraient ravis.....le peuple anglais beaucoup moins.
a écrit le 03/03/2021 à 17:59 :
On regrette déjà l'UE !

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