Affaire Petrobras: malgré une nouvelle enquête, le président brésilien refuse de démissionner

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Malgré la tempête politique, le président brésilien Michel Temer continue de s'accrocher au pouvoir. De toute part, les appels à la démission fleurissent et pourtant, le chef d'Etat a martelé jeudi 18 mai, lors d'une allocution télévisée très attendue: "Je ne démissionnerai pas. Je le répète. Je ne démissionnerai pas".
Michel Temer fait l'objet d'une enquête de la Cour suprême (STF) à la suite d'informations l'accusant d'avoir approuvé le versement d'un pot-de-vin à un témoin clé dans l'affaire Petrobras.
Les révélations, qui ont donné le feu vert à l'ouverture de l'enquête, proviennent du journal O Globo, basé à Rio de Janeiro. Selon le média, le président aurait été enregistré à son insu par un magnat de l'agroalimentaire en train de donner son accord pour le versement de pots-de-vin. Le but de l'acte de corruption ? Acheter le silence d'Eduardo Cunha, ancien patron de la chambre des députés et aujourd'hui emprisonné pour son implication dans le méga-scandale de corruption Petrobras. Ce à quoi a répondu le président:
Suite à ce nouvel épisode dans l'affaire, la base parlementaire semble plus divisée que jamais. Le ministre de la Culture, Roberto Freira a présenté sa démission jeudi 18 mai et, d'après certains médias brésiliens, le ministre de la Ville pourrait en faire de même.
Plusieurs motions de destitution ont été déposée par des parlementaires afin de renverser le président qui s'accroche à son siège. Mais la procédure est longue et fastidieuse puisqu'elle doit être approuvée à la majorité par deux tiers de la chambre des députés puis par le Sénat. Michel Temer entend rallier à sa cause le Congrès dans les jour à venir.
Dans plusieurs villes brésiliennes, des manifestations anti-Temer ont eu lieu. A Rio notamment, plusieurs milliers de personnes ont bravé la pluie en criant "Temer Dehors".
Après un nouvel épisode dans l'affaire Petrobras, visant le président Michel Temer, plusieurs milliers de Brésiliens ont manifesté pour sa destitution, jeudi 18 mai. (Crédits: Reuters/Paulo Whitaker)
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La population est essoufflée d'une crise qui semble sans fin avec un taux de chômage supérieur à 14% et des scandales à répétition entachant l'ensemble de la classe politique. Ceci freine considérablement les efforts du gouvernement qui tente de relancer l'économie par de nouvelles mesures d'austérité impopulaires telles que la réforme des retraites, actuellement en cours d'analyse au Parlement.
Mercredi 17 mai, les marchés se sont effondrés (la bourse de Sao Paulo a clôturé avec un fort recul de 8,8%) et les activités ont même été suspendues pendant une demi-heure après l'ouverture, afin de faire face à une baisse de plus de 10%.
L'actuel président a pris la tête du pays après la destitution controversée de Dilma Rousseff, en 2016, dont il était le vice-président. L'ancienne présidente l'accuse d'ailleurs d'avoir organisé un "coup d'Etat" en s'associant à Eduardo Cunha pour prendre le pouvoir.
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Après l'ouverture de l'enquête, si Michel Temer est inculpé, il sera contraint de démissionner mais, en règle générale, le tribunal met plus d'un an pour rendre des conclusions dans ce type d'affaires. Cela permettrait à Michel Temer de rester à la tête du pays jusqu'en 2018, date de fin de son mandat. L'opposition, conduite par le Parti des travailleurs de Dilma Roussef, réclame, quant à elle, des élections anticipées.
(avec agences)
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