Le scandale Petrobras engloutit la politique brésilienne

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La procédure fleuve autour du scandale Petrobras, qui a coûté son poste à Dilma Rousseff et pour lequel l'ancien président sera jugé, ne semble jamais finir. Le procureur général brésilien a étendu mardi l'enquête pour corruption impliquant le conglomérat du BTP Odebrecht et la classe politique, en ouvrant 83 nouvelles enquêtes sur la base de témoignages mettant en cause des responsables publics.
Pour rappel, la plus importante affaire de corruption de l'histoire du Brésil est définie par le parquet comme un système d'"entreprises qui s'enrichissaient sur le dos de l'Etat, de dirigeants de Petrobras qui monnayaient leurs services", lesquels sont qualifiés de "blanchisseurs d'argent professionnels". De grands groupes de BTP ont constitué un cartel pour faire main basse sur les marchés de construction de Petrobras en lien avec des directeurs du géant pétrolier, eux-mêmes désignés par des hommes politiques. Les pots-de-vin servaient ensuite à financer des partis de la coalition de centre gauche alors au pouvoir. Les contrats de ces chantiers étaient surfacturés de 1 à 5% de leur valeur réelle. Des agents de change géraient ensuite les paiements et blanchissaient l'argent sale.
Le procureur général, Rodrigo Janot, a également demandé le renvoi vers des juridictions inférieures de 211 autres requêtes fondées sur ces témoignages de dirigeants d'Odebrecht.
En vertu de la loi brésilienne, les ministres, sénateurs et députés ne peuvent être traduits en justice que devant la Cour suprême, où le processus juridique requiert habituellement plusieurs années. Les noms des responsables politiques et des autres suspects mentionnés au cours de l'enquête et dans les témoignages n'ont pas été divulgués par le procureur, et restent sous scellé.
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Rodrigo Janot a toutefois demandé au juge de la Cour suprême Edson Fachin, chargé de l'affaire au début du mois dernier, de lever le secret sur ce dossier afin d'assurer sa transparence, dans l'intérêt public. La semaine dernière, une source proche de l'enquête rapportait que deux ministres du gouvernement du président Michel Temer étaient visés.
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Ce dernier a déclaré le mois dernier que tout ministre qui ferait l'objet d'une enquête serait suspendu mais qu'un renvoi définitif n'interviendrait qu'en cas de mise en examen pour corruption.
(Avec agences)
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