Après sa rencontre avec Trump à Paris, Zelensky insiste pour une « paix durable »
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Sarah Meyssonnier
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M. Zelensky a longtemps été catégoriquement opposé à toute concession à Vladimir Poutine, mais a adouci cette position ces derniers mois face aux difficultés de son armée sur le front et aux craintes d'un affaiblissement de l'aide occidentale. Il a notamment émis l'idée que l'Ukraine renonce temporairement à récupérer les territoires contrôlés par la Russie - près d'un cinquième du pays - en échange de garanties de sécurité de la part de l'OTAN et de livraisons d'armements occidentaux.
Le Kremlin a de son côté accusé Zelensky de « refuser toujours de négocier », soulignant que le président ukrainien avait interdit par décret en octobre 2022 tous les pourparlers avec Poutine. Il a appelé Zelensky à se confronter aux « réalités sur le terrain », où les forces russes avancent sur le front est depuis le début de l'année, malgré une incursion ukrainienne en territoire russe cet été.
La Russie réclame que l'Ukraine lui cède quatre régions de l'est et du sud du pays qu'elle occupe partiellement, en plus de la Crimée annexée en 2014, et qu'elle renonce à intégrer l'OTAN. Des conditions jugées inacceptables par Kiev.
Zelensky a aussi révélé dimanche l'ampleur des pertes officielles subies par l'armée ukrainienne depuis 2022 : 43.000 tués et 370.000 blessés. Le président n'avait révélé qu'une seule fois par le passé, en février 2024, les chiffres des pertes ukrainiennes.
De son côté, la Russie ne communique pas sur ses pertes. Celles-ci ont été chiffrées à plus de 82.000 tués par le média indépendant Mediazona et le service russe de la BBC, qui se basent sur l'exploitation d'informations publiques, telles que les communiqués officiels, les rubriques nécrologiques ou les annonces de décès sur les réseaux sociaux, ainsi que de l'observation des tombes dans les cimetières.
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Ces chiffres de pertes russes comme ukrainiennes pourraient toutefois être sous-estimés, ne prenant notamment pas en compte les portés disparus, selon des experts.
Trump avait lui estimé dimanche que l'Ukraine a perdu « inutilement » 400.000 soldats et « bien plus de civils » tandis que « 600.000 soldats russes sont blessés ou morts, dans une guerre qui n'aurait jamais dû commencer et qui pourrait durer éternellement ».
Dans son message, Trump qui prendra ses fonctions le 20 janvier a également assuré que le président ukrainien Zelensky « aimerait conclure un accord » pour mettre fin à la guerre.
La rencontre avec Trump à Paris revêtait une importance cruciale pour Volodymyr Zelensky, qui craint un désengagement américain après bientôt trois ans d'une invasion russe dévastatrice.
Trump s'est montré très critique des milliards de dollars dépensés pour l'Ukraine. Il a affirmé à plusieurs reprises qu'il comptait se démarquer fortement de la politique d'appui massif à Kiev menée par Joe Biden et promis de régler la guerre rapidement.
Samedi, le ministère américain de la Défense a annoncé une nouvelle aide militaire à l'Ukraine estimée à 988 millions de dollars, alors qu'il ne reste que quelques semaines pour fournir des fonds déjà budgétisés avant l'investiture du républicain.
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Sur le terrain, signe des difficultés ukrainiennes, la Russie a annoncé la prise de deux nouveaux villages au cours du weekend. Ses forces se rapprochent de trois villes d'importance: Kourakhové, Pokrovsk et Koupiansk.
(avec l'AFP)
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