Arctique : le Danemark prêt à « coopérer » avec les Etats-Unis
latribune.fr
latribune.fr
Le Royaume du Danemark, qui rassemble Danemark continental, Groenland et îles Féroé, est « ouvert à un dialogue avec les Américains sur la manière dont nous pouvons coopérer, peut-être même plus étroitement que nous ne le faisons déjà », a déclaré le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, ce mercredi.
Le chef de la diplomatie danoise a noté, pendant une conférence de presse, que la fonte des glaces et l'ouverture de nouvelles voies maritimes arctiques conduisaient à une « rivalité croissante entre les grandes puissances » dans la région, avec la présence à la fois de la Chine et de la Russie. « Il est tout à fait légitime que les États-Unis et l'Otan - et donc aussi le Royaume du Danemark - en soient conscients », a-t-il ajouté.
Ces déclarations interviennent après que Donald Trump a jugé avant Noël que le contrôle du Groenland était une « nécessité absolue » pour « la sécurité nationale et la liberté à travers le monde ».
Le Groenland, qui cherche à gagner en souveraineté mais reste financièrement dépendant de Copenhague, attise les convoitises pour ses ressources naturelles - bien que la prospection pétrolière et l'exploitation de l'uranium y soient interdits - et pour son importance géostratégique - les Etats-Unis y ayant déjà une base militaire.
Mardi, Donald Trump a refusé d'exclure le recours à la force pour l'annexer, provoquant la stupéfaction dans ce vaste territoire et à Copenhague, comme dans les autres capitales européennes, Paris dénonçant « une forme d'impérialisme ».
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Pour le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot, il n'est pas « question » que l'Union européenne laisse des pays « s'en prendre à ses frontières souveraines ». Le chancelier allemand Olaf Scholz a lui fait part d'une « certaine incompréhension » des dirigeants européens.
Lars Løkke Rasmussen a quant à lui appelé au calme. « Il ne faut pas forcément dire tout haut tout ce que l'on pense », a-t-il lancé. « J'essaie de travailler en fonction des réalités et je pense que nous devrions tous nous rendre service en ralentissant un peu notre rythme cardiaque ».
Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a pour sa part rejeté ce mercredi l'idée d'annexer le Groenland, assurant qu'une telle intervention militaire n'aurait pas lieu.
À lire également
« L'idée exprimée à propos du Groenland n'est évidemment pas bonne, mais peut-être plus important encore, cela ne va pas se produire », a déclaré Anthony Blinken lors d'une conférence de presse à Paris. Estimant que les Etats-Unis sont « plus forts », et « plus efficaces avec (leurs) alliés » en l'occurrence européens, il a exhorté à « ne pas faire des choses qui pourraient les aliéner ».
(Avec AFP)
latribune.fr