Sabotage de câbles en mer Baltique : le Danemark enquête sur un mystérieux bateau chinois
latribune.fr
Après la rupture de deux câbles en mer Baltique, les enquêtes suédoise et finlandaise se poursuivent afin de déterminer l'origine du « sabotage ».
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Après la rupture de deux câbles de télécommunications sous-marins, les forces de défense danoises suivent la piste d'un bateau nommé Yi Peng 3.
[Article publié le mercredi 20 novembre à 15h09, mis à jour à 19h39]
Les enquêtes suédoise et finlandaise se poursuivent afin de déterminer l'origine du « sabotage » de deux câbles sous-marins. Pour rappel, lundi, le câble « C-Lion1 », reliant la Finlande à l'Allemagne, a été retrouvé rompu dans les eaux suédoises, au sud de l'île d'Öland, à environ 700 km d'Helsinki. Un autre câble de télécommunication, le câble « Arelion », reliant l'île suédoise de Gotland à la Lituanie, a été endommagé dimanche.
Les forces de défense danoises ont annoncé ce mercredi suivre un bateau chinois, le Yi Peng 3.
« Nous sommes présents dans la zone proche du navire chinois Yi Peng 3 », a écrit à l'AFP la Défense danoise.
Le vraquier, construit en 2001 et propriété de l'entreprise chinoise Ningbo Yipeng Shipping Co, a passé la nuit de mardi à mercredi à l'arrêt dans le Kattegat, entre le Danemark et la côte ouest de la Suède, selon le site spécialisé Marinetraffic. Le Yi Peng 3 était proche de la zone où le câble « C-Lion1 », reliant la Finlande à l'Allemagne, a été endommagé lundi. Le navire chinois se trouve actuellement entre 10 et 12 milles des côtes danoises, d'après les calculs de l'AFP. Jusqu'à 12 milles du rivage, n'importe quel navire peut être interpellé par la marine nationale du pays concerné. « La Chine a toujours rempli pleinement ses obligations en tant qu'État du pavillon et exige des navires chinois qu'ils respectent scrupuleusement les lois et les réglementations en vigueur », s'est défendu Lin Jian, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.
Dès mardi matin, le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a affirmé qu'un « sabotage » était certainement à l'origine des dégâts. « Personne ne croit que ces câbles ont été coupés par accident », a-t-il déclaré. « Nous suivons de près ce que disent les autorités compétentes, et je ne serais pas surprise que ce soit un acteur extérieur qui ait procédé au sabotage », a déclaré la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, à l'agence de presse Ritzau. « Nous observons de plus en plus de troubles sur plusieurs fronts », a-t-elle ajouté.
Son homologue suédois, Ulf Kristersson, a également déclaré qu'il reconnaissait que les câbles sectionnés « pourraient très bien être le fruit d'un sabotage intentionnel ». « Ce n'est pas quelque chose que nous savons encore, je ne vais pas spéculer là-dessus », a-t-il déclaré à l'agence de presse suédoise TT. « Nous vivons à une époque où il faut prendre tous les risques très au sérieux. Nous avons déjà assisté à des actes de sabotage », a-t-il ajouté.
La Russie a d'abord été pointée du doigt. Dans une déclaration commune, la Finlande et l'Allemagne ont évoqué la « guerre hybride » et la menace russe, en se disant « profondément préoccupés ». D'après le site spécialisé VesselFinder, le Yin Peng 3 a par ailleurs quitté Oust Louga, à l'ouest de Saint-Pétersbourg le 15 novembre.
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Les câbles sous-marins représentent, qui plus est, un enjeu stratégique important pour les pays, puisqu'ils permettent de les connecter à Internet. Plus de 430 câbles sont ainsi en service dans le monde d'après les données du centre de recherche Telegeography. Ils assurent ainsi 99% des communications entre les continents.
Plusieurs incidents se sont déroulés ces derniers mois dans l'espace baltique, zone maritime partagée par les pays nordiques, baltes, la Pologne et l'Allemagne. En octobre 2023, un gazoduc sous-marin, ainsi que deux câbles entre la Finlande, l'Estonie et la Suède avaient été endommagés par une ancre. Au cœur de son enquête, la Finlande avait pointé du doigt un porte-conteneurs chinois baptisé le NewNew Polar Bear.
De son côté, le Kremlin a jugé mercredi « risible » et « absurde » d'accuser la Russie. « C'est risible étant donné l'absence de réaction face aux activités de sabotage de l'Ukraine dans la mer Baltique », a raillé le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, faisant référence au sabotage des gazoducs Nord Stream en septembre 2022, jusqu'ici non élucidé. Moscou avait accusé Kiev.
L'Ukraine a toujours nié sa participation, mais la justice allemande a émis un mandat d'arrêt européen contre un moniteur de plongée ukrainien, soupçonné d'être impliqué dans le sabotage. L'implication de l'Etat ukrainien n'a, lui, pas été confirmée à ce stade par les multiples enquêtes en cours.