Au Brésil, McDonald's sur le gril

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Aux Etat-Unis et en Amérique Latine, des procès sont intentés contre la chaîne de restauration rapide, sur laquelle la Commission européenne fait une enquête pour avoir échappé à l'impôt.
Aux Etat-Unis et en Amérique Latine, des procès sont intentés contre la chaîne de restauration rapide, sur laquelle la Commission européenne fait une enquête pour avoir échappé à l'impôt. (Crédits : Reuters)
Travailleurs, syndicalistes, représentants politiques... Lors de l'audience d'Arcos Dorados (la plus grosse franchise de McDonald's en Amérique du sud) devant la commission pour les Droits de l'homme du Sénat brésilien, jeudi 20 août, des témoins venus du monde entier ont défilé en nombre pour dénoncer les conditions de travail dans l'entreprise de restauration.

McDonald's est en difficulté au Brésil. La chaîne de restauration rapide était auditionnée, devant la commission pour les Droits de l'homme du Sénat, jeudi 20 août.Travailleurs, syndicalistes et politiciens du monde entier sont venus témoigner des bas salaires et des mauvaises conditions de travail au sein de la chaîne de fast-food.

L'audience résulte d'une plainte de l'une des principales centrales syndicales brésiliennes, l'UGT, le vendredi 14 août, contre Arcos Dorados, la franchise de la chaîne dans le pays. La centrale demande au parquet d'ouvrir une enquête pour évasion fiscale, concurrence déloyale et violation du droit sur les franchises.

La franchise Arcos Dorados ne s'est pas présentée à l'audience

Arcos Dorados Holding, premier opérateur en Amérique Latine, compte 95.000 employés pour 3,7 milliards de dollars de chiffre d'affaire en 2014. Il s'agit de la plus grande franchise de McDonald's dans le monde.

Le groupe américain a quant à lui refusé de participer à l'audience, selon un porte parole de l'entreprise.

"Nous sommes totalement convaincus que la compagnie respecte le droit du travail depuis l'ouverture de son premier restaurant au Brésil il y a 36 ans", affirme sa filiale brésilienne dans un communiqué.

Pourtant, pour les plaignants, au Brésil, la firme refuse de payer les heures supplémentaires, viole le droit de représentation syndicale et ne fournit pas l'équipement nécessaire en cuisine, mettant ses employés en danger de brûlure et autres blessures.

« McDonald's est l'un des plus gros employeurs du pays mais il détient aussi les pires records en matière de conditions de travail » explique Moacyr Roberto Tesch Auersvald du syndicat Nova Central, au Guardian.

Dans une déclaration, un jour avant le procès, Arcos Dourados précise que ses plus de 40.000 employés au Brésil sont représentés par plus de 80 syndicats et que la filiale respecte toutes les lois brésiliennes, rappelle le site du Gardian.

Une semaine d'actions au Brésil pour des meilleures conditions de travail

Jeudi 20 août, le Procureur Leonardo Mendoça a annoncé la formation d'un nouveau groupe de travail sur les conditions d'exploitation de cette franchise McDonald's. De quoi satisfaire les témoins de l'audience qui demandaient l'ouverture d'une enquête sur les pratiques de ces fast-foods au Brésil.

 Depuis une semaines les actions s'enchaînent dans le pays. Lundi 10 août, les employés de McDonald's se sont entretenus avec trois membres du gouvernement brésilien pour améliorer les conditions de travail et exiger des hausses de salaire. Une rencontre suivie le lendemain par une manifestation rassemblent plus de 300 employés.

McDonald's fait face à plusieurs procès dans le monde

L'audience du 20 août au Brésil s'ajoute à d'autres enquêtes aux Etats-Unis et en Amérique Latine. Tandis que sur le Vieux Continent, la Commission européenne enquête sur ses pratiques fiscales.

"Au lieu de créer de bons emplois et d'acquitter sa juste part de taxes, McDonald's exploite la société, pousse les gens dans des emplois sans avenir et échappe à l'impôt", a commenté Scott Courtney du syndicat international des employés de service (SEIU) auprès de l'agence Reuters.

Ce syndicat qui compte 1,9 million de membre mène, depuis une grève à New York en 2012, une campagne pour un salaire de 15 dollars de l'heure dans l'industrie américaine du fast-food.

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Commentaires
a écrit le 23/08/2015 à 22:51 :
Il faudra bannir ces grand enseignes qui vont bientôt nourrir l’humanité comme on nourrit le bétail. Retrouvons notre dignité et droit a la diversité gastronomique
a écrit le 23/08/2015 à 13:46 :
Le groupe Mc Donald a subi en France des attaques en règle par des groupuscules qui n’aimeraient pas les américains. On parle de malbouffe… ne devrait-on parler des affameurs publics qui mettent le monde agricole au chômage, il y aurait des baisses de PAC et un accord libre-échange TAFTA pour des importations alimentaires. Augmenter les prix c’est pour favoriser les importations en augmentant le chômage ? L’Etat ne fait-il pas du favoritisme à l’avantage des retraités alors qu’on rembourse les lunettes en défiscalisant des fortunes sans rembourser le MC Donald pour les jeunes, l’Etat n’est-il pas contre la consommation, quels droits avant 25 ans ? On serait contre les accords libre-échange mais on consomme du coca. On critique la malbouffe, seulement ne fait-on pas des fromages moisis ?
L'Etat fait-il dans l'intelligence avec l'étranger?
a écrit le 22/08/2015 à 12:08 :
On ne peut suivre ce syndicat. Pour de multiples raisons l'on pense attaquer une enseigne connue pour "faire avancer" le pays en accusant des dirigeants éloignés dans des tours aux USA comme on les imaginaient auparavant dans l'iconographie marxiste fumant un gros cigare. En fait on ne peut réclamer plus de protection à l'un que ce qui est fait pour tous. La chaîne américaine ne demande pas de manipulation des produits chauds réelle si les procédures sont respectées. Idem pour les heures, les gens restent car ils ne mesurent pas leur temps ou par fourberie afin de réclamer des heures (qui sont payées lorsque la direction les a proposées). Ensuite, le volet des revendications, 15 dollar serait un salaire plus élevé que ce que l'entreprise réalise comme chiffre d'affaire par personne en comptant un panier moyen clientèle à 5 dollars pour ce pays ! C'est tout simplement absurde et idéologique. Ensuite on ne peut projeter sur une entreprise son envie d'emplois "qualifiés" si toutefois l'on peut définir ce terme, l'américain propose des emplois qui lui sont nécessaires au prix souvent amélioré du marché et dans des conditions de travail toujours meilleures. Les gens voudrait-ils plutôt faire des trous au marteau piqueur dans la chaussée ? Le Brésil devrait se satisfaire de ces emplois car il n'est pas capable d'en créer d'autres. Bien entendu il est toujours possible de tenter des améliorations par le dialogue. L'autre question est celle de l'évasion fiscale. Elle existe pour toutes les franchises et on en connaît le mécanisme : en plus de la part sur recette laissée au franchisé, une somme lui est versée dans le pays de son choix par exemple pour chaque ouverture ou pour l'atteinte d'un objectif annuel. C'est la question des paradis fiscaux qui concerne l'ensemble de la finance. Il est à remarquer que les dirigeants brésiliens marxistes et corrompus utilisent le processus pour s'enrichir comme ils l'avaient utilisé en sens inverse pour financer "la révolution". On ne suivra donc pas ces faux syndicalistes et sans défendre particulièrement McDonald's on ne peut au contraire que se féliciter que des emplois soient encore créés au lieu de la mise en place de robots. Ce qui ne serait pas non plus interdit.
a écrit le 22/08/2015 à 11:37 :
Mac Donald's devrait être aussi poursuivi pour empoisonnement au sucre et au gras.
Comme acteur majeur de la junk food qui provoque l'obésité, et son cortège de maladies cardio-vasculaires, diabète, cholestérol... Un juste procès devrait tout simplement conduire à la fermeture des ces établissements de destruction massive de la santé humaine, jusqu'à ce qu'ils proposent une nourriture saine et équilibrée.
a écrit le 21/08/2015 à 21:45 :
...échappé!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!pfffffffffffffffffffffffffffffffffffff
a écrit le 21/08/2015 à 21:37 :
Bonsoir,
dans la légende de la photo (qui se retrouve dans la description de l'article sur Google News, très propre), "avoir échappé*" serait plus appréciable...

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