Le gouvernement travailliste, élu sur un programme d’assainissement des comptes publics, veut faire des économies et augmenter les taxes sans pénaliser l’investissement. Un vrai numéro d’équilibriste.Rachel Reeves ne promet pas, comme d'autres, « du sang et des larmes » à ses compatriotes. Mais la ministre des Finances britannique a tout de même prévenu : le prochain budget, qui sera présenté le 30 octobre à la Chambre des communes, la chambre basse du Parlement, obligera à des « choix difficiles ».
De fait, la chancelière de l'Échiquier se trouve confrontée à la délicate mission de rééquilibrer les comptes publics, le Premier ministre, Keir Starmer, ayant promis lors de sa campagne une politique de sérieux budgétaire. Selon le nouveau locataire du 10 Downing Street, cette orthodoxie serait d'autant plus nécessaire que son prédécesseur, Rishi Sunak, aurait laissé, avant de partir, un trou surprise dans les finances publiques s'élevant à quelque 22 milliards de livres sterling, soit 26 milliards d'euros.
Des mesures déjà impopulaires
Afin de redresser la barre, les travaillistes ont donc annoncé que des coupes budgétaires seraient nécessaires, mais aussi des hausses d'impôts et de nouveaux emprunts. Cela passe d'abord par la fin de l'universalité des aides au chauffage pour les retraités, une mesure introduite en 1997 par Tony Blair. Seuls les retraités les plus défavorisés, soit 10 % d'entre eux, pourront désormais en bénéficier.
Cette mesure doit permettre d'économiser 1,5 milliard de livres (1,77 million d'euros) par an. Mais elle a fait souffler un vent de révolte dans les rangs travaillistes mardi lors de son vote à la Chambre des communes. Cinquante-trois élus se sont abstenus. Pas suffisant pour empêcher le passage de la loi, mais cela montre que la route vers cet assainissement des finances ne se fera pas sans heurts.
Guillaume Renouard, correspondant à Londres