Royaume-Uni : Google accusé de position dominante par le régulateur
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Le régulateur britannique avait lancé une enquête en 2022 sur cette question.
GONZALO FUENTES
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Le régulateur britannique avait lancé une enquête en 2022 sur cette question.
GONZALO FUENTES
Google est encore une fois pointé du doigt par un régulateur européen. Ce vendredi, l'autorité britannique de la concurrence (CMA), a accusé le géant californien d'avoir de sa position dominante dans la publicité en ligne au Royaume-Uni. Pour rappel, le régulateur avait lancé une enquête en 2022 sur cette question.
Ses conclusions mises au jour ce vendredi portent sur « la manière dont Google a privilégié son propre système d'échange d'annonces, ce qui nuit à la concurrence », écrit la CMA dans un communiqué. Le régulateur dit avoir constaté « que la grande majorité des éditeurs et des annonceurs » britanniques utilisent les services de Google « pour faire des offres et vendre de l'espace publicitaire ». En 2019, les annonceurs britanniques ont dépensé environ 1,8 milliard de livres pour des publicités en ligne auprès des consommateurs, selon le régulateur britannique.
Les problèmes ne sont pas terminés pour le géant de la recherche en ligne. « La CMA va maintenant examiner attentivement les observations de Google avant de prendre sa décision finale », écrit-elle dans son communiqué.
Surtout, l'entreprise n'en est pas à sa première confrontation avec les autorités du pays. Un tribunal britannique a donné, le 5 juin, son feu vert à une plainte en nom collectif visant le géant américain de la tech, accusé d'abus de position dominante sur le marché de la publicité numérique, pour des dommages estimés par les plaignants à 13,6 milliards de livres (16 milliards d'euros).
Concrètement, ils accusent Google d'avoir réduit les revenus des éditeurs de contenus en faisant monter les prix d'utilisation de sa plateforme publicitaire tout en faisant baisser leurs recettes issues des annonces en ligne. Ils indiquent, par ailleurs, agir au nom de toutes les personnes qui ont « publié du contenu sur des sites web ou des applications mobiles contenant des blocs publicitaires pour lesquels elles ont perçu des revenus entre le 1er janvier 2014 et le 30 novembre 2022 ».
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« Ce procès est spéculatif et opportuniste. Nous nous y opposerons vigoureusement et sur la base des faits », avait alors réagi le directeur juridique de Google, Oliver Bethell, dans une déclaration transmise à l'AFP. « Google travaille de manière constructive avec des éditeurs [de contenu] au Royaume-Uni et en Europe », avait-il ajouté, assurant que les outils publicitaires de l'entreprise « aidaient des millions de sites web et d'applications à financer leur contenu ».
Au cours de la procédure, Google avait notamment soutenu que la plainte n'était « pas suffisamment étayée » et critiquait la méthodologie des plaignants. Des arguments rejetés par le tribunal qui a décidé de « faire droit à la demande (...) de procédure collective », selon le texte de la décision du Tribunal d'appel de la concurrence, consulté par l'AFP. Une date de procès n'a pas encore été fixée
Par ailleurs, Google est également ciblé par une autre action de groupe à 7 milliards de livres au Royaume-Uni, dans laquelle l'entreprise est accusée de pratiques anti-concurrentielles et abus de position dominante en augmentant les prix payés par les annonceurs pour améliorer leur positionnement.
Et la firme cumule aussi les plaintes et les enquêtes dans d'autres pays. Aux Etats-Unis, la multinationale fait face à des poursuites lancées par des utilisateurs qui accusent le géant d'internet d'avoir récolté leurs données personnelles sur son navigateur Chrome, sans leur permission. Les plaignants avaient choisi de ne pas synchroniser Chrome avec leurs comptes Google (comme leur messagerie Gmail ou leur compte sur YouTube). Ils pensaient ainsi, sur la base des termes indiqués par le navigateur au moment du choix, « que certaines informations personnelles ne seraient pas collectées et utilisées par Google », a expliqué une cour d'appel de San Francisco, dans une décision mise en ligne le 21 août.
Une juge avait initialement rejeté ce recours collectif, estimant que Google avait réussi à prouver que les utilisateurs avaient consenti à la collecte de leurs informations privées. Mais selon les magistrats de la cour d'appel, les termes utilisés par l'entreprise californienne peuvent prêter à confusion.
Enfin, en France, l'Autorité de la Concurrence a annoncé en juin infliger une amende de 220 millions d'euros à Google. Le géant américain est accusé d'avoir favorisé ses propres services dans le secteur de la publicité en ligne, a-t-elle annoncé dans un communiqué. L'enquête de l'autorité de la concurrence faisait suite à une plainte déposée par trois groupes de presse : News Corp., Le Figaro (qui s'est désisté de la saisine en novembre 2020) et le groupe belge Rossel. Cette plainte portait sur les outils que Google propose aux éditeurs en ligne afin de vendre et gérer les annonces.
Selon la présidente de l'Autorité de la concurrence, Isabelle de Silva, cette décision est « historique » car il s'agit de la première du genre au monde à se pencher sur « les processus algorithmiques complexes d'enchères par lesquels fonctionne la publicité en ligne display »(qui vient s'afficher sur les écrans des internautes), a-t-elle souligné lors d'une conférence de presse, rapporte l'AFP.
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Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a salué la décision de l'Autorité de la concurrence qui permet, selon lui, de faire appliquer les règles concurrentielles de la France aux géants du numérique qui exercent leur activité dans l'Hexagone. « C'est d'autant plus vital que les pratiques mises en place par Google pour favoriser ses propres technologies publicitaires ont affecté les groupes de presse, alors même que leur modèle économique est fortement dépendant des revenus publicitaires. Ce sont des pratiques graves et elles ont été sanctionnées à juste titre », a-t-il souligné dans un communiqué.
(Avec AFP)
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