Avec la « taxe Trump » sur Nvidia, le mercantilisme règne en maître à Washington
Guillaume Renouard
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Le président américain Donald Trump. © Gage Skidmore
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L'art du deal du président américain a encore frappé. La semaine dernière, une annonce stupéfiante est venue de la Maison-Blanche. Nvidia et sa rivale AMD vont pouvoir reprendre la commercialisation de leurs puces d'IA bridées, la H20 pour Nvidia et la MI308 pour AMD, qui avaient été interdites en avril par l'administration Trump pour des raisons de sécurité nationale.
En échange, les deux sociétés s'engagent à reverser 15 % de leur chiffre d'affaires généré dans l'Empire du Milieu afin de renflouer les caisses de l'État américain. Une obole qui leur permet de contourner des restrictions pourtant mises en place en invoquant un danger pour la sécurité nationale.
Avant que Trump n'interdise l'exportation de la puce H20 en avril, Nvidia générait environ 7,1 milliards de chiffres d'affaires par trimestre grâce à la vente de ces puces dans l'Empire du Milieu. Le nouvel accord signé par Donald Trump signifie donc, à supposer que ces chiffres restent stables, que l'État américain pourrait dorénavant empocher un milliard de dollars par trimestre uniquement grâce à Nvidia.
Pour Jensen Huang, le calcul est vite fait : si reverser 15 % de son chiffre d'affaires à Washington ne doit guère l'enchanter, 85 % valent mieux que 0 %. L'entreprise regagne ainsi l'accès au marché chinois, qui, sans être nécessaire à sa bonne santé économique, assure tout de même environ 13 % de son chiffre d'affaires.
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Deux autres éléments entrent en considération. D'une part, en restant présent en Chine, Nvidia limite les risques de voir rapidement émerger une concurrence chinoise sérieuse susceptible d'offrir un écosystème alternatif, à l'heure où le géant Huawei progresse à grands pas sur les puces d'IA. D'autre part, le gouvernement américain a désormais un intérêt financier direct à ce que Nvidia continue d'opérer en Chine, rendant moins probable l'éventualité de brusques restrictions et interdictions, comme celles que les administrations Trump et Biden ont mises en place depuis des années.
Guillaume Renouard