Inflation : les Américains commencent à faire les frais de la guerre commerciale

D’après les experts, la hausse des droits de douane américains favorise l’inflation des prix aux États-Unis
Jonathan Ernst

D’après les experts, la hausse des droits de douane américains favorise l’inflation des prix aux États-Unis
Jonathan Ernst
C'est l'un des indicateurs économiques auquel Donald Trump reste le plus attentif, car il a un impact direct sur sa base électorale. Et il n'est pas très bon. Au mois de juin, l'inflation américaine a en effet poursuivi sa hausse à 2,7 % sur un an, selon l'indice mensuel CPI, publié par le Bureau of Labor Statistics (BLS). Et ce, après avoir atteint en mai 2,4 % sur un an, après 2,3 % en avril.
La tendance est la même sur un mois, avec des prix en hausse de 0,3 % en juin (contre 0,1 % en mai). Hors prix de l'alimentation et de l'énergie, toujours volatiles, l'indice a progressé de 0,2 % sur un mois et 2,9 % sur un an, soit une légère hausse dans les deux cas par rapport à mai.
À court terme, le premier facteur qui explique cette hausse de juin est l'énergie, dont le prix est tiré vers le haut. Une tendance consécutive du conflit éclair entre Israël et l'Iran qui a entraîné une forte hausse des tarifs du pétrole, restés depuis à des nouveaux élevés. La hausse sur l'énergie concerne également les prix de l'électricité et du gaz, qui ont connu une forte hausse d'un mois sur l'autre, selon le BLS.
Mais selon la plupart des économistes, la tendance inflationniste s'explique par les droits de douane, qui commenceraient peu à peu à peser sur le portefeuille des Américains, avec des produits étrangers plus taxés, donc plus chers.
Ceci étant dit, l'explosion des prix n'a pas encore eu lieu aux États-Unis, selon plusieurs médias américains. D'après eux, depuis la salve des droits de douane lancés en avril, la relative maîtrise des prix s'explique par les stocks de marchandises que de nombreuses entreprises exportatrices ont constitué en prévision des droits de douane.
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Interviewée sur la chaîne américaine CNBC lundi, Kevin Hassett, un des principaux conseillers économiques de la Maison-Blanche avance deux autres explications, sans que celles-ci soient vérifiées. Pour lui, les Américains feraient preuve d'un certain « patriotisme économique » en achetant davantage de produits américains, et les pays exportateurs ne répercuteraient pas les droits de douane sur le prix de leurs marchandises.
Quoi qu'il en soit, la donne pourrait bientôt changer, car le véritable impact apparaîtra en fonction de l'issue des négociations commerciales entre Washington et les nombreux États qui exportent sur le sol américain. Une course contre la montre dont la date butoir est fixée le 1er août, sans quoi l'administration Trump appliquera des taxes douanières maximales.
En outre, le New York Times rappelle ce mardi cette autre menace économique: « Ce que craignent le plus les économistes et les décideurs politiques, c'est un choc stagnant, caractérisé par une hausse de l'inflation, tandis que l'économie américaine stagne, voire se contracte. »
Un scénario catastrophe à propos duquel la Réserve fédérale américaine (Fed) reste très attentive. Depuis plusieurs mois, le président américain multiplie les déclarations à l'adresse de Jerome Powell, son président, afin que l'institution indépendante baisse ses taux directeurs. Objectif, selon Donald Trump : stimuler l'économie américaine.
Une demande insistante à laquelle le patron de la Fed n'a pas cédé, ce dernier maintenant les taux américains à 4,25 - 4,50 %. Et l'inflation en hausse de juin ne devrait pas pousser la Réserve fédérale à changer de direction.
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« Pour que la Fed baisse ses taux d'intérêt, elle doit, soit avoir la preuve que l'inflation est bien maîtrisée et ne risque pas de flamber, soit que le marché du travail doit s'affaiblir davantage », analyse le NYT ce mardi. Et d'ajouter : « Jusqu'à présent, aucune de ces deux promesses n'a été tenue, ce qui suggère que la plupart des responsables ne sont pas encore très pressés de voir la banque centrale prendre une décision. »