Câble électrique sous-marin coupé : la Baltique sous tension
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Les câbles sous-marins de la mer Baltique
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Le jour de Noël, la liaison de courant continu EstLink 2, qui relie l'Estonie à la Finlande, a soudain été déconnectée du réseau sans raison apparente, suscitant des craintes de sabotage. Le président finlandais, Alexander Stubb, a immédiatement réagi en appelant à « éliminer » les risques posés par la « flotte fantôme » russe, c'est-à-dire l'ensemble des navires qui contournent les sanctions économiques imposées à la Russie depuis l'invasion de l'Ukraine en ne se signalant pas.
L'Union européenne a annoncé dans la foulée vouloir prendre de nouvelles sanctions contre les navires russes : « Le navire suspect fait partie de la flotte fantôme de la Russie, qui menace la sécurité et l'environnement, tout en finançant le budget de guerre de la Russie. Nous proposerons d'autres mesures, y compris des sanctions, pour cibler cette flotte », ont déclaré la Commission européenne et la cheffe de la diplomatie de l'UE, Kaja Kallas, dans un communiqué commun.
« Nous suivons les enquêtes menées par l'Estonie et la Finlande et nous sommes prêts à fournir une assistance » supplémentaire, a renchéri le chef de l'OTAN, Mark Rutte, sur le réseau X, après un entretien avec le Premier ministre estonien Kristen Michal au sujet du « possible sabotage de câbles en mer Baltique ».

La police finlandaise a rapidement arraisonné le pétrolier Eagle S, battant pavillon des îles Cook, mais provenant de Russie, qu'elle soupçonne d'être impliqué dans la panne survenue la veille d'un câble sous-marin électrique entre la Finlande et l'Estonie.
« Nous avons parlé à l'équipage et recueilli des preuves », a déclaré Robin Lardot, membre du Bureau national d'enquête de Finlande. Le navire se trouve actuellement au large de Porkkala, à environ 30 km d'Helsinki, après intervention d'un patrouilleur finlandais.
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Les autorités finlandaises soupçonnent une ancre de ce navire d'être à l'origine de la perturbation du câble EstLink 2. « Notre patrouilleur s'est rendu dans la zone et a pu constater visuellement que les ancres de ce cargo n'étaient pas présentes. Il y avait donc une raison très claire de soupçonner qu'il se passait quelque chose d'étrange », a exposé Markku Hassinen, membre des gardes-frontières.
Une hypothèse similaire avait été formulée en novembre 2023, après des dommages causés à un gazoduc sous-marin entre la Finlande et l'Estonie. Selon l'enquête de la police finlandaise à l'époque, l'ancre du porte-conteneur NewNew Polar Bear battant pavillon de Hong Kong avait provoqué ces dommages.
La perturbation du câble de transmission électrique EstLink 2 est « très grave », a déclaré le Premier ministre finlandais Petteri Orpo lors d'une conférence de presse jeudi. « C'est pourquoi l'action décisive et déterminée menée aujourd'hui et hier par nos autorités à l'encontre de ce navire dans nos eaux territoriales envoie un message fort aux autres navires : nous interviendrons », a-t-il martelé, sans incriminer spécifiquement la Russie à ce stade.
« Les dommages causés aux infrastructures sous-marines sensibles sont devenus si fréquents qu'il est difficile de croire qu'il s'agit d'accidents ou simplement de mauvaises manœuvres maritimes », a estimé l'Estonien Margus Tsahkna, cité dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères.
Cette panne, qui n'a pas affecté l'approvisionnement des Finlandais en électricité, s'inscrit dans un contexte plus large de tensions géopolitiques. Un mois auparavant, deux câbles de télécommunications, l'Arelion et le C-Lion1, avaient été rompus dans les eaux territoriales suédoises.
Ces câbles ont ensuite été réparés, mais leurs ruptures restent en partie inexpliquées. Les opérateurs ont confirmé que les dommages étaient dus à un impact extérieur, sans que le responsable soit identifié. Les soupçons se portent notamment sur le vraquier chinois Yi Peng 3, qui se trouvait dans la zone au moment des ruptures de câbles sous-marins.
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Ces actions, ciblant notamment les infrastructures énergétiques et de communication, s'inscrivent, selon experts et politiques, dans le contexte de la « guerre hybride » entre la Russie et les pays occidentaux, dans ce vaste espace bordé par plusieurs membres de l'Otan, où Moscou dispose également de points d'entrée.
(Avec AFP)
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