Chine : le numéro 2, réformiste, de la Banque centrale obtient une promotion

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Fait étonnant, pour un haut responsable chinois, Yi Gang a vécu une quinzaine d'années aux Etats-Unis.
Fait étonnant, pour un haut responsable chinois, Yi Gang a vécu une quinzaine d'années aux Etats-Unis. (Crédits : China Stringer Network)
Cette nomination intervient alors que la Banque centrale a vu ses pouvoirs renforcés dans la supervision financière, notamment en terme de régulation. L'institution est chargée de missions bien complexes à savoir : le pilotage du désendettement du système financier (surveillance des créances douteuses et régulation de la "finance de l'ombre"), sans pour autant étouffer la reprise, très fragile, de l'activité économique et de l'emploi.

Yi Gang, actuel vice-gouverneur de la banque centrale chinoise (PBOC), au profil réputé réformiste, a été nommé lundi à la tête de l'institution, un signe de continuité à l'heure où celle-ci voit ses pouvoirs de supervision financière renforcés.

La désignation de M. Yi comme gouverneur de la PBOC a été entérinée par un vote quasi-unanime de l'Assemblée nationale populaire (ANP), le Parlement chinois.

Dans le même temps, le très influent conseiller économique du président Xi Jinping, Liu He, a été élevé au poste de vice-Premier ministre, d'où il devrait piloter la politique économique et financière du géant asiatique.

Yi Gang, économiste de formation, parfait anglophone et ex-professeur aux Etats-Unis, où il a longuement vécu, est un fin connaisseur des rouages de la banque centrale où il travaille depuis deux décennies.

Il remplace Zhou Xiaochuan, rattrapé à 70 ans par la limite d'âge: le très réformiste gouverneur de la PBOC occupait cette fonction depuis 2002 -une longévité qui en faisait le doyen des grands argentiers mondiaux.

La continuité des orientations réformistes

Comme vice-gouverneur depuis 2008, Yi Gang avait été étroitement associé à la gestion de la crise financière mondiale, puis aux transformations engagées avec vigueur par Zhou Xiaochuan: libéralisation progressive des taux d'emprunt et des dépôts bancaires ; ajustement des mécanismes de conversion du yuan pour mieux refléter les fluctuations du marché...

Suite à ces efforts, Pékin avait décroché en 2015 l'inclusion du yuan dans l'unité de compte du Fonds monétaire international (FMI), même si la convertibilité de la monnaie reste étroitement encadrée et son internationalisation très limitée.

Yi Gang devrait poursuivre ces orientations réformistes de Zhou Xiaochuan, même si, contrairement à la Fed (Réserve fédérale américaine) ou à la Banque centrale européenne (BCE), la PBOC n'est pas indépendante mais étroitement soumise aux consignes du Parti communiste au pouvoir.

Un jeu d'équilibriste

M. Yi, comme Zhou Xiaochuan, se distingue pourtant par ses propos très favorables au marché: devant la presse début mars, il avait ainsi défendu l'élimination des restrictions limitant la participation d'investisseurs étrangers dans les firmes financières chinoises.

La PBOC se voit confier des tâches en partie contradictoires: elle est chargée de piloter le désendettement du système financier, en ciblant les créances douteuses et la "finance de l'ombre" non régulée -mais sans mettre en péril le soutien à une activité économique toujours fragile, ni à l'emploi.

Un délicat exercice d'équilibriste, selon les analystes.

La banque centrale, plus puissante

La nomination de M. Yi intervient par ailleurs à l'heure où la banque centrale voit ses pouvoirs renforcés dans la supervision financière, avec notamment une compétence d'élaboration de nouvelles lois auparavant dévolue aux autorités de régulation.

Alors que la dette chinoise totale, publique et privée, dépasse 250% du PIB, laissant redouter une déstabilisation de la deuxième économie mondiale, Pékin a fait de la lutte contre les risques financiers une "bataille décisive".

Parcours rarissime pour un haut responsable chinois, Yi Gang a vécu une quinzaine d'années aux Etats-Unis: il y a étudié entre 1980 et 1986 avant de décrocher un doctorat en économie de l'université de l'Illinois (nord-est), puis d'enseigner jusqu'en 1994 comme professeur adjoint à l'université de l'Indiana.

Revenu en Chine, il a intégré la banque centrale en 1997, avec des responsabilités au crucial département de politique monétaire, avant d'être nommé vice-gouverneur en 2008.

(avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 19/03/2018 à 8:52 :
"Réformiste"

Oui ça fait 20 ans qu'on nous dit que la Chine se "réforme" alors que c'est toujours une dictature du parti capitalo-communiste chinois.

Marrant comme les médias qui appartiennent aux actionnaires milliardaires évadés fiscaux, veulent à tout prix nous faire penser que la Chine, pays dans lequel tous les propriétaires d'outils de production ont délocalisé, paupérisant ainsi en masse leurs populations locales, serait en voie de démocratisation alors qu'il n'en a jamais été réellement question dans les plans politiques chinois.

Ben oui nos riches ont anéantie nos économies seulement pour leurs intérêts voulant nous faire croire que c'était pour le bien de l'humanité en enrichissant les chinois.

Là où on a eu de la chance c'est que la Chine n'a pas de tradition expansionniste géographique, elle est seulement intéressée par le commerce qu'elle veut par contre s'accaparer.

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