La Chine bat un record d'exportations, le risque de guerre commerciale au plus haut

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Sur les deux premiers mois de l'année cumulés, l'excédent de la Chine avec les États-Unis a gonflé de 35% sur un an. Sur l'ensemble de 2017, il avait atteint le niveau record de 275,8 milliards de dollars selon les douanes chinoises (375,2 milliards de dollars, selon Washington...). Dans ce contexte, la nouvelle rodomontade de Trump, par tweet interposé, qui exige que la Chine réduise le déficit de 1 milliard de dollars ressemble à une goutte d'eau dans l'océan...
Sur les deux premiers mois de l'année cumulés, l'excédent de la Chine avec les États-Unis a gonflé de 35% sur un an. Sur l'ensemble de 2017, il avait atteint le niveau record de 275,8 milliards de dollars selon les douanes chinoises (375,2 milliards de dollars, selon Washington...). Dans ce contexte, la nouvelle rodomontade de Trump, par tweet interposé, qui exige que la Chine réduise le déficit de 1 milliard de dollars ressemble à une goutte d'eau dans l'océan... (Crédits : Lee Jae Won)
Les exportations chinoises ont progressé de 44,5% en février sur an, dépassant de très loin les pronostics (+13,6%!), les importations, elles, augmentant de 6,3% (loin des 9,7% attendus!). Mais, alors que Trump finalise la hausse des droits de douane qui inquiète tant les Européens, l'aggravation du déséquilibre de la balance commerciale avec les Etats-Unis ne pouvait plus mal tomber.

Au mois de février, la Chine a vu ses exportations bondir de 44,5% sur un an, selon des statistiques des douanes publiées jeudi, soit leur plus forte hausse depuis trois ans. Ce bond spectaculaire constitue une solide accélération après une hausse de 11,2% (chiffre révisé) en janvier. Surtout, on notera que les prévisions des experts sondés par l'agence Bloomberg (+11%) ont été complètement déjouées, et de loin.

L'énorme excédent commercial avec les États-Unis a encore gonflé

Dans le même temps, l'excédent commercial chinois avec les Etats-Unis s'est établi à 21 milliards de dollars en février, sensiblement moins qu'en janvier (21,9 milliards) et qu'en décembre (25,6 milliards). Pour autant, il reste toujours considérable: il a plus que doublé sur un an, par rapport à février 2017 (10,4 milliards).

Les experts ont cependant accueillis les chiffres chinois publiés jeudi avec prudence, en raison des distorsions dues au décalage des longs congés du Nouvel an lunaire, tombés plus tardivement cette année, et qui paralysent les échanges du pays.

Pour autant, sur les deux premiers mois de l'année cumulés, l'excédent de la Chine avec les Etats-Unis a néanmoins gonflé de 35% sur un an. Sur l'ensemble de 2017, il avait atteint le niveau record de 275,8 milliards de dollars selon les douanes chinoises (mais 375,2 milliards selon Washington).

La réduction de 1 milliard du déficit exigée par Trump : une goutte d'eau...

Dans un tweet, le président américain Donald Trump a affirmé mercredi que Washington avait demandé à la Chine de réduire "de 1 milliard de dollars" son excédent commercial "massif" avec les États-Unis, sans donner de détails. Le milliard de dollars suggéré par l'hôte de la Maison Blanche semble donc une goutte d'eau en comparaison.

Risque de guerre commerciale tous azimuts

Donald Trump fustige régulièrement le déséquilibre des échanges entre les deux puissances, et sa menace d'imposer des droits de douane très élevés sur les importations américaines d'acier et d'aluminium avive le risque d'une guerre commerciale tous azimuts.

Pékin adoptera "certainement" une "réponse appropriée et nécessaire" face à d'éventuelles sanctions commerciales américaines, a martelé jeudi son ministre des Affaires étrangères, Wang Yi.

Le niveau des importations, lui aussi mal anticipé...

Par ailleurs, la Chine a vu ses importations s'essouffler drastiquement en février, selon les douanes. Après avoir gonflé de 36,8% (chiffre révisé) en janvier, elles n'ont grimpé que de 6,3% le mois dernier. C'est très en-dessous des anticipations des analystes (+8%).

En conséquence, l'excédent commercial total du pays est logiquement monté à 33,7 milliards de dollars en février, contre seulement 20,5 milliards le mois précédent... et à rebours de l'anticipation des experts sondés par Bloomberg, qui misaient sur un déficit pour le mois.

(Avec Reuters)

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a écrit le 10/03/2018 à 11:29 :
L OXCIDENT S EST LAISER DISTANSE PAR L LES PAYS EN VOIE DE DEVELOPEMENT ET NOTAMENT LA CHINE ET L INDE ET MEME LE NORD AFRICAIN ? EN CHERCHANT A TOUS PRIX LA MODERATION SALARIAL? QUI ET LE MOT D ORDRE DES PAYS DE L EUROPES CELA A DETRUIT LES EMPLOIS DANS LES PAYS AVEC UN SALAIRE CORRECT ? POUR Y REMEDIER IL FAUT A NOUVEAUX REFABRIQUE NOS PRODUITS NECESSAIRE A NOS BESOIN EN FRANCE EN UTILISANT SI LE FAUT LES NOUVELLES TECHNOLOGIE QUE SONT LE NUMERIQUE LA ROBOTIQUE ET L INTELIGENCE ARTIFICIEl :oblige les emtreprises du cat 40 a reinvestir en france voila ce qui est du travail d un president soucieux de l avenir de tous les francais, ? LE MARCHE C EST ACHETE ET VENDRE? MAIS SI ON PEUT VENDRE PLUS ET ACHETE MOINS C EST MIEUX POUR NOTRE ECONOMIE???
a écrit le 08/03/2018 à 20:17 :
Nous vivons rigoureusement la même chose avec la France de par notre appartenance à l' UE puisque en 1999 nous avions un excédent commercial de 27,1 milliards d’euros avec les pays de la zone euro (contre un déficit de 42,9 milliards en 2012)…

En d’autres termes, en interne les pays du sud subissent la parité fixe entre les monnaies des différents pays de la zone euro. Le taux de change est fonction entre autres de la balance des opérations courantes: si cette dernière est déficitaire, comme c’est le cas des pays de l’Europe du Sud, la monnaie du pays va se déprécier.

C’est important car imaginons que la France ait conservé le Franc et l’Allemagne le Mark. Prenons la parité figée par l’euro de 1 mark = 3,35 francs. Si l’Allemagne accumule les excédents vis-à-vis de la France, comme c’est le cas actuellement, le mark s’appréciera et le franc se dépréciera. Imaginons par conséquent que ce taux de change passe à 1 mark = 4,5 francs.

Un Français qui achetait un produit allemand valant 100 marks, ie 335 francs, devra l’acheter 450 francs. Cela va donc pénaliser les exportations allemandes vers la France. A contrario, il sera plus facile d’exporter vers l’Allemagne car un Allemand qui achetait un produit français qui valait 335 francs, ie 100 marks, pourra maintenant acheter pour 100 marks, un produit français valant 450 francs ou acheter le même produit que précédemment pour 74,5 marks. L’excédent de l’Allemagne vers la France, équivalent au déficit de la France vis-à-vis de l’Allemagne, se réduira.

Cette perte de compétitivité de la France et d’une manière générale de l’Europe du Sud au sein de la zone euro, dans le contexte d’une parité figée, résulte de deux facteurs: des taux d’inflation différenciés et des hausses divergentes de coût du travail.

Plutôt que de dévaluer, pour conserver l’euro, l’UE et les gouvernements complices font subir cette dévaluation interne aux peuples des pays de l’Europe du Sud.

Ces politiques amènent un cercle vicieux du type: baisse de la demande (publique et privée) => baisse de l’investissement et stagnation/baisse de la production => stagnation/baisse de la croissance => hausse du chômage et baisses des recettes fiscales pour l’État => hausse du déficit => augmentation de la dette.

C’est criminel et peu efficace puisque si les balances des opérations courantes se sont légèrement redressées, les dettes publiques et le chômage ont explosé. Cette folie économique digne des années 30 devra être remboursée par les générations suivantes.

Dans l' impossibilité d' ajuster la compétitivité d' un euro monnaie commune désormais beaucoup trop fort pour notre économie, il ne reste plus qu' à accompagner le Brexit des anglais d' un Frexit bien français lui, en s' appuyant sur l' article 50 du TUE.
a écrit le 08/03/2018 à 16:24 :
Nous sommes dans une situation (un peu) semblable aux américains avec comme boulets supplémentaires : une absence de monnaie et des décisions supranationales. il me semblerait sain de regarder ces choses en face et de régulariser cette mondialisation.
a écrit le 08/03/2018 à 14:33 :
Le déséquilibre c'est que les américains ne fabriquent rien et sont riches et que les chinois leur fabriquent tout et sont pauvres. Les USA ne doivent leur salut qu'à une économie de superstars dopée à la fuite des cerveaux et à la fraude fiscale (gafam) , aux rois du pétrole, aux contrats d'armement extorqués aux pays ayant peur des russes et des chinois , à la toute puissance du dollar et les extorsions sous forme d'amendes aux entreprises europeenne. Rien de tout cela ne peut amener à un équilibre, la Chine va supplanter les USA parce-que les élites occidentales y ont mis leurs usines là bas en croyant que les chinois seraient incapable de former une elite capable de les concurrencer. Maintenant la Chine envoie des fusée dans l'espace, construit des avions et ses propres microprocesseurs, fabrique ses smartphones et n'a plus besoin d'aide pour le faire. Leurs prix sont hyper-agressifs. Les USA peuvent mettre des barrières si ils le souhaitent mais il faudra convaincre le peuple américain que tout sera désormais plus cher, politiquement c'est du suicide, tout ce que pourra faire Trump c'est taxer certains secteurs symboliques et bloquer des acquisitions dans des domaines stratégiques, c'est tout.
a écrit le 08/03/2018 à 14:26 :
Trump a raison de mettre des droits de douane aux si tant démocrates chinois . Là balance commerciale française fait de nous un pays de minables qui aboient dans le désert

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