Chine : le ralentissement se confirme en mai, malgré le soutien de la banque centrale
latribune.fr

Alors que la Chine connaît un ralentissement économique, la banque centrale chinoise tente de stimuler l'activité.
Thomas Peter
latribune.fr

Alors que la Chine connaît un ralentissement économique, la banque centrale chinoise tente de stimuler l'activité.
Thomas Peter
La croissance économique chinoise tarde à reprendre. C'est le bilan que permettent de dresser les indicateurs économiques pour le mois de mai, publiés ce jeudi par la Chine. Les chiffres annoncés sont moins bons qu'espérés, notamment en ce qui concerne le chômage et la consommation.
Au mois de mai, le taux de chômage des jeunes Chinois a atteint un record en s'élevant à 20,8%. Un jeune Chinois sur cinq était ainsi au chômage le mois dernier. Ce taux, qui concerne les 16-24 ans en zones urbaines, ne cesse de progresser. Il était de 20,4% en avril, soit 0,4 point de pourcentage de moins qu'en mai. Pour ce qui est du taux de chômage de l'ensemble de la population active, il reste le même que celui du mois d'avril (5,2%).
À noter toutefois qu'en Chine, le taux de chômage n'est calculé que dans les zones urbaines. Il ne dresse donc qu'un bilan partiel de la situation du pays.
Les ventes au détail donnent une vision plus globale de la consommation des ménages. Selon les chiffres du Bureau national des statistiques, elles ont connu un tassement. Très suivi par les marchés, l'indicateur de ces ventes a augmenté le mois dernier de 12,7% sur un an, mais à un rythme bien inférieur à celui d'avril (18,4%).
Un ralentissement avait bel et bien été anticipé par les analystes, mais pas de cette ampleur. Les experts interrogés par l'agence Bloomberg s'attendaient à une décélération plus modérée (13,7%), malgré le retour des clients dans les centres commerciaux et les restaurants ces derniers mois après la levée des restrictions anti-Covid. En dépit d'une inflation quasi-nulle, la faiblesse de la demande intérieure freine la reprise du pays.
Du côté de la production industrielle, elle aussi a ralenti au mois de mai. +3,5% sur un an contre 5,6% au mois d'avril, alors que les usines retrouvent leur pleine capacité au fur et à mesure. Toutefois, les analystes avaient prévu cette baisse.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Quant à l'investissement en capital fixe, il a lui aussi ralenti à +4%. Il s'agit d'un indicateur des dépenses consacrées à l'immobilier, aux infrastructures, aux équipements ou encore aux machines, des secteurs sur lesquels le gouvernement s'est appuyé pour stimuler l'activité.
Selon les prévisions du gouvernement chinois, la croissance de l'année 2023 devrait atteindre les 5%. Ce rythme serait l'un des plus faibles enregistrés depuis des décennies pour le géant asiatique.
Pour soutenir la reprise, la banque centrale chinoise a baissé jeudi un taux de référence pour les prêts à moyen terme, une mesure anticipée par les marchés. Le but est de réduire les coûts de financement des banques commerciales pour les encourager à accorder davantage de crédits à des conditions plus favorables.
L'institution bancaire avait aussi injecté dans l'économie 237 milliards de yuans (30,6 milliards d'euros). Et ce mardi, elle a réduit son taux d'intérêt directeur à court terme.
À lire également
La reprise en Chine reste « fragile » et elle demeure conditionnée au « soutien » des pouvoirs publics, a estimé mercredi la Banque mondiale, au moment où certains économistes plaident pour un plan de relance pour stimuler la croissance.
Mais les autorités semblent pour l'heure écarter cette option.
(avec AFP)
latribune.fr