Au G20, Paris est dans tous les esprits

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Le message de solidarité du président Erdogan, en turc et en français, est affiché dans la salle de presse.
Le message de solidarité du président Erdogan, en turc et en français, est affiché dans la salle de presse. (Crédits : SB)
A Antalya, le G20 a donné lieu à un dispositif de sécurité exceptionnel pour faire face aux risques d'attaques terroristes. Ce samedi matin, alors que les délégations officielles commencent à arriver, les regards sont tournés vers Paris. Si François Hollande a annulé sa venue, le programme ne devrait cependant pas être bouleversé.

Le message du président Erdogan est écrit en turc et en français.  « Je condamne l'attaque terroriste survenue en France et présente mes sincères condoléances à mon homologue François Hollande », peut-on lire sur l'un des écrans géants de la salle de presse du G20.

Dans les couloirs de l'hôtel Kaya Palazzo, Paris est dans tous les esprits. « Awful », « terrible », « without words ». Du personnel de sécurité aux délégations officielles, on ne parle que de ça. Le bilan du massacre s'affiche en anglais, en turc. Des images de rues qui nous sont familières défilent en boucle. « Nous avons vécu Ankara le mois dernier, alors on comprend », lâche pudiquement une des organisatrices, avant de détourner le regard pour cacher ses larmes. Le 10 octobre, la Turquie a connu l'attentat le plus meurtrier de son histoire, perpétré à Ankara, avec un bilan de 102 morts et des centaines de blessés.

François Hollande annule sa venue

Ce matin, chacun tente de rester concentré. En vain. Le sérieux de l'événement a laissé place à l'émotion, et à la solidarité. Un journaliste indien du Times of India vient spontanément nous présenter ses condoléances. Une journaliste turque cherche à comprendre. "Cette attaque était-elle prévisible ?". Si la délégation française de l'Elysée est arrivée à Antalya, le président François Hollande a annoncé dès hier soir qu'il annulait sa venue. Selon nos informations, Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères, qui sera présent à partir de demain, pourrait tenir une conférence de presse. L'agenda des chefs d'Etat devrait quant à lui être maintenu. Ils doivent notamment se réunir dimanche soir pour une réunion de travail sur la crise des réfugiés.

12.000 officiers de police mobilisés à Antalya

A Antalya, la peur d'une attaque a donné lieu il y a plusieurs semaines à un dispositif de sécurité digne d'un état de siège. La station balnéaire du sud de la Turquie a l'habitude d'une certaine effervescence en période estivale, mais cette fois elle s'apprête à accueillir les plus grands dirigeants de la planète. A peine sortis de l'aéroport, la route est encerclée par des barrières. Pas moins de 12.000 officiers de sécurité ont été mobilisés pour accueillir quelque 13.000 visiteurs. A titre de comparaison, le G20 de Brisbane avait mobilisé 6.000 policiers. La zone sécurisée n'est accessible que sur accréditation. Les routes sont fermées aux riverains.

Les fouilles autorisées

Pour assurer leur sécurité, les chefs d'Etat et de gouvernement emprunteront aussi un itinéraire spécial.  Le temps d'un week-end, la vie s'est figée à Antalya. A l'entrée de la zone sécurisée qui ressemble davantage à une gare routière qu'à un poste de contrôle, il faut montrer son passeport. Les bagages sont contrôlés comme dans les aéroports, et les fouilles autorisées. Devant chaque hôtel (30 des 46 hôtels du district de Belek ont été réquisitionnés pour l'événement), une patrouille de police contrôle les allers et venues.

Plusieurs médias turcs rapportent que 350 nouvelles caméras avec reconnaissance faciale ont été installées afin de prévenir des entrées non autorisées dans la région. On parle également de la mise en place d'une no-fly zone au dessus du complexe réservé au sommet, et de garde-côtes. Sans toutefois préciser l'ampleur du dispositif. Vivement critiqué pour sa gestion des attentats, Erdogan a souhaité envoyé un signal fort pour ce G20. Non sans raison. Le 6 novembre, 20 sympathisants présumés à l'Etat islamique ont été arrêtés à Antalya. Soit une semaine seulement avant le sommet.

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Commentaires
a écrit le 14/11/2015 à 14:32 :
Mr Hollande n'ira pas au G20, c'est bien le minimum.II devrait aussi annuler la COP21,désolé pour la communication de 'Moi Président' sur ce bon sujet, la sécurité n'est plus assuré en France depuis le début de l'année 2015, les attentats effectifs et déjoués allant crescendo malheureusement, le démontre de plus en plus .

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