La semaine dernière, l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) a révisé sa projection de croissance du commerce mondial de 3% à 1% pour 2023. La guerre en Ukraine, les prix élevés de l'énergie, l'inflation historique et le resserrement des politiques monétaires font craindre une récession, synonyme de ralentissement des échanges internationaux de biens et de services. L'institution internationale précisait même qu'en raison des incertitudes la prévision allait, selon les scénarios, de -2,8% à 4,6%.
Parmi ces facteurs, le risque géopolitique est le plus à même de désorganiser les chaînes de valeur. Les tensions entre la Chine et les Etats-Unis, comme l'a illustré récemment le cas de Taïwan, ou le choix de l'Opep+ de réduire son offre de 2 millions de barils par jour à partir de novembre au grand dam de Joe Biden, sans compter la rupture entre la Russie et l'Union européenne sur l'Ukraine, dessinent une ligne de partage dangereuse entre pays émergents et pays occidentaux.
Or, aujourd'hui, les Etats-Unis et l'Union européenne (UE) restent encore très dépendants de la Chine, notamment dans des secteurs clés comme l'informatique, les télécoms, l'électronique, les équipements ménagers, la métallurgie, l'automobile ou encore les équipements de transports, qui ont la particularité d'être « à la fois les plus globalisés, et les plus exposés à la Chine », souligne Françoise Huang, économiste chez Allianz Trade, dans une étude intitulée « Mondialisation 2.0. Les Etats-Unis et l'UE peuvent-elles vraiment se passer de la Chine? ».