Le commerce mondial accélère malgré le protectionnisme (OMC)

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(Crédits : Reuters/Romeo Ranoco)
D'après un bilan de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), le nombre de mesures restrictives pour les échanges mondiaux a clairement diminué au cours des douze derniers mois. Malgré des discours protectionnistes très exacerbés et des critiques récurrentes de la part des Etats-Unis, la diminution des barrières douanières semble se confirmer à l'échelle mondiale.

La libéralisation du commerce international bat son plein. Selon une récente étude de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), les membres de l'institution internationale ont imposé moins de mesures restrictives pour les échanges entre octobre 2016 et octobre 2017. Ce bilan intervient alors que le déficit commercial de la France s'est à nouveau creusé en octobre pour atteindre 5 milliards d'euros, contre 4,6 milliards le mois précédent, ont annoncé jeudi les Douanes.

> Lire aussi : France : le déficit commercial s'est (encore) creusé

Moins de restrictions

Pendant la période d'octobre 2016 à octobre 2017, 108 mesures restrictives pour le commerce ont été mises en place comme l'introduction ou l'augmentation de droits de douanes, ou des restrictions quantitatives. Cela correspond à une moyenne de 9 mesures par mois contre 15 durant la période précédente.

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En parallèle, les membre de l'OMC ont également mis en oeuvre 128 mesures visant à faciliter les échanges y compris la suppression ou la réduction des droits de douane. "Cela correspond à près de 11 mesures de facilitation des échanges par mois, ce qui est beaucoup moins que la moyenne mensuelle indiquée dans le précédent rapport de suivi annuel".

OMC mesures de facilitation

Au final, les membres de l'OMC continuent "de prendre plus de mesures de facilitation des échanges que de mesures restrictives pour le commerce", une tendance observée depuis quatre ans.

Des enquêtes antidumping à foison

L'une des missions de l'OMC est d'assurer le réglement des litiges commerciaux. Le site officiel rappelle à ce propos que les pays soumettent leurs différends à l'OMC "lorsqu'ils estiment qu'il est porté atteinte aux droits que leur confèrent les accords", précisant :

"Les décisions rendues par des experts indépendants nommés spécialement sont fondées sur l'interprétation des accords et des engagements pris par les différents pays."

 Et il apparaît que les investigations menées par l''instance mondiale concernent en grande majorité les pratiques de dumping des pays membres de l'OMC.

"Les ouvertures d'enquêtes antidumping ont compté pour 83% des ouvertures d'enquêtes concernant des mesures correctives commerciales."

Hausse du commerce mondial, en volume et en valeur

Cet assouplissement des mesures restrictives a eu lieu dans dans le contexte d'une embellie des échanges commerciaux. Selon le document, le volume du commerce mondial des marchandises était en hausse de 4,2% au premier semestre 2017 par rapport à la même période un an plus tôt. Il y a eu également un fort accroissement du commerce en valeur, avec une hausse en glissement annuel de 9,3% pour les exportations de marchandises et de 4,9% pour les exportations de services commerciaux.

Ces hausses "représentent une amélioration importante par rapport à 2016, lorsque les flux commerciaux internationaux avaient diminué en valeur et que la croissance du commerce en volume était tombée à son plus bas niveau depuis la crise financière."

Pour les auteurs du rapport, plusieurs facteurs ont contribué à la reprise du commerce mondial en 2017. Le premier est que les flux commerciaux asiatiques se sont renforcés.

"Le commerce intrarégional est plus solide étant donné que la Chine et ses voisins sont sortis de la période de volatilité financière du début de l'année 2016, et d'autre part parce que les expéditions extrarégionales ont augmenté sous l'effet d'une demande accrue aux États-Unis et stable dans l'Union européenne."

Des perspectives favorables pour 2017

Les économistes de l'OMC ont noté que la croissance du commerce a été plus forte que prévu au premier semestre cette année. L'OMC a ainsi revu à la hausse ses prévisions commerciales pour 2017 et 2018. Le secrétariat de l'OMC "table maintenant sur une croissance en volume du commerce des marchandises de 3,6% en 2017, à l'intérieur d'une fourchette de 3,2% à 3,9%".

> Lire aussi : Commerce mondial : l'OMC relève ses prévisions de croissance pour 2017

En revanche, les projections pour 2018 sont bien plus incertaines en raison de plusieurs facteurs. La croissance du commerce en volume "devrait ralentir à 3,2% en 2018, à l'intérieur d'une fourchette plus large allant de 1,4% à 4,4%," qui reflète le plus grand degré d'incertitude associé aux prévisions à plus long terme. Les différents discours protectionnistes, souvent exprimés par Donald Trump par exemple, peuvent donner lieu à la mise en place de mesures restrictives. Le coût économique grandissant des catastrophes naturelles dans plusieurs régions peuvent également assombrir les différentes perspectives commerciales. Enfin, la transformation de l'économie chinoise vers des activités de services pourrait peser sur "la croissance du commerce à court terme, mais cette évolution devrait permettre une croissance plus forte et plus durable sur le long terme".

Si ces hypothèses se vérifient, 2017 sera la première année depuis 2013 où les importations des pays en développement auront augmenté plus rapidement que celles des pays développés. Il reste à voir si cela marquera la fin du prétendu ralentissement des marchés émergents.

A l'approche de la 11e conférence ministérielle de l'organisation, qui se tiendra entre le 10 au le 13 décembre à Buenos Aires, les débats entre les Etats-membres de l'organisation risquent d'être tendus. En effet, Donald Trump critique régulièrement le fonctionnement de l'organisation basée à Genève et son rôle d'arbitre dans les différends commerciaux.

> Lire aussi : Protectionnisme : les Etats-Unis n'ont pas attendu Donald Trump pour en faire

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Commentaires
a écrit le 13/12/2017 à 17:23 :
IL Y A UN TRISE PARADOXE A VOULOIR TOUJOURS PLUS DE CROISANCE? ALORS QUE L ON VAS VERS LES 9 MILLARDS D INDIVIDUES SUR NOTRE PLANETTE? TOUS LES EXPERTS L ON PREVUE DEPUIS PLUS DE30 ANS MAIS PERSONNE NE VEUT VRAIMENT ARRETER LA MACHINE INFERNALE ? C EST CE QUE L ON APELLE UN SUCIDE COLLECTIFS PROGRAMME??,///dernierement un sage a dit l argent ne se mange pas///
a écrit le 08/12/2017 à 15:16 :
C'est peut-être justement parce que les échanges internationaux augmentent très vite et tout le temps que le protectionnisme revient en force non ? Nous connaissons des multiples abus des uns et des autres.

Par contre le protectionnisme a toujours existé et existera toujours c'est juste que selon la règle oligarchique, quand c'est pour protéger les intérêts des fortunes nationales (qui en fait s'évadent fiscalement donc ce ne sont plus des fortunes nationales en soi c'est juste qu'ils font quand même des gros chèques aux politiciens, l'argent n'ayant pas d'odeur les pots de vin français peuvent très bien venir de banques Suisses par exemple) il n'y a aucun problème mais si c'est pour protéger les intérêts des peuples alors là ce n'est pas possible hein ! Insupportable même !

"Protectionnisme : les Etats-Unis n'ont pas attendu Donald Trump pour en faire" https://www.latribune.fr/economie/international/protectionnisme-les-etats-unis-n-ont-pas-attendu-donald-trump-pour-en-faire-632036.html
a écrit le 08/12/2017 à 10:31 :
"Le commerce mondial accélère"... Pour quels bénéficiaires? Pour quelle planète?
Réponse: pour les ultra riches qui se foutent de la destruction de la planéte.
La preuve qu'ils s'en foutent, c'est qu'ils cherchent, investissent pour trouver un autre endroit où vivre ailleurs dans l'espace. Ils savent près bien qu'avec 4/5°C de plus à la fin du siècle la Terre sera invivable écologiquement, socialement, humainement.

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