Lorsque Ahmed Al-Jaber a été désigné en janvier pour présider la COP28 aux Émirats arabes unis (EAU), l'égérie de la lutte contre le dérèglement climatique, Greta Thunberg, avait jugé la nomination « complètement ridicule ». Pour nombre d'ONG, cela revenait à confier la garde du poulailler au renard. Paradoxalement, il se pourrait que l'événement qui débute ce 30 novembre à Dubaï soit un moment de vérité pour l'industrie pétrolière et gazière.
La combustion des hydrocarbures liée à l'activité humaine est l'un des principaux émetteurs de gaz à effet de serre (GES), qui sont responsables du dérèglement climatique. L'année 2023 devrait battre le record de températures de 2022, marquée par des pluies diluviennes et des inondations destructrices, des sécheresses qui ont provoqué des incendies gigantesques, des ouragans... L'objectif d'un maintien d'une hausse de la température sous 1,5 degré pour atteindre la neutralité carbone à l'horizon 2050 s'éloigne chaque jour.
Ahmed Al-Jaber sera donc jugé à l'aune de l'accord qu'il obtiendra. Nommé en 2016 par le président émirati à la tête de l'Abu Dhabi National Oil Company (ADNOC), sixième exportateur mondial, il est bien placé pour connaître tous les paramètres de l'équation des hydrocarbures. Né il y a cinquante ans à Umm al-Qaywayn, l'un des sept émirats qui composent les EAU, cet ingénieur formé aux États-Unis et au Royaume-Uni occupe également la fonction de ministre de l'Industrie et de la Technologie. Depuis 2020, ce pragmatique représente son pays pour les questions climatiques internationales.