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ClimatEnergie & Environnement

COP28 : l'Union européenne défendra bien la fin des énergies fossiles

latribune.fr

Publié le 17 octobre 2023 à 05:31 - Mis à jour le 17 octobre 2023 à 06:38

L'UE défendra l'élimination des énergies fossiles brûlés sans captage du CO2.

L'UE défendra l'élimination des énergies fossiles brûlés sans captage du CO2.

Reuters

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Ce lundi soir, la position commune des 27 pays membres de l'UE à la COP28 a été adoptée et publiée. Parmi les points défendus, figure l'élimination des combustibles fossiles brûlés. Un sujet qui n'a pas manqué de provoquer du débat entre Etats membres.
La COP28 approche à grand pas et les positions de chaque continent s'affinent et s'affirment. Ce lundi soir, c'est au tour de l'Union européenne, qui négocie au nom de ses 27 Etats membres, de dévoiler les enjeux qu'elle défendra à la prochaine Conférence des parties pour le climat, qui se tient 

 à Dubaï du 30 novembre au 12 décembre prochain.

Lire aussiA cinq mois de la COP28 à Dubai, la sortie des énergies fossiles divise le monde

Crucial pour la baisse drastique du niveau d'émission de CO2, la position de l'UE sur la fin des combustibles fossiles, était particulièrement scrutée. Selon le document qui résume la position des Vingt-Sept, l'UE défendra donc l'élimination des énergies fossiles brûlés sans captage du CO2, avec un pic de leur consommation mondiale dès «cette décennie

». 

Les Européens appelleront par ailleurs à éliminer « aussi tôt que possible » les subventions aux combustibles fossiles qui ne servent pas à combattre la pauvreté énergétique ou à assurer « une transition juste », mais sans fixer de date-butoir comme l'espéraient les ONG.

« La transition vers une économie climatiquement neutre exigera l'élimination à l'échelle mondiale des combustibles fossiles "unabated" [c'est-à-dire non adossé à des dispositifs de captage de carbone, ndlr]», a résumé le Conseil européen, à l'issue d'une réunion des ministres de l'Environnement de l'UE. Dans le même temps, les Vingt-Sept prôneront « un secteur énergétique qui soit de façon prédominante sans combustibles fossiles bien avant 2050 » - formule exprimée cette fois sans la mention « unabated ».

Débat autour des technologies de captage de CO2

Les ministres de l'UE, réunis à Luxembourg, se sont âprement affrontés sur l'inclusion de du mot controversé « unabated » (sans captage de CO2), dans le mandat de négociation donné au nouveau commissaire européen au Climat, le Néerlandais Wopke Hoekstra. Ce dernier représentera les Vingt-Sept lors de la COP28, conférence des Nations unies sur le climat prévue du 30 novembre au 12 décembre à Dubaï.

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A l'unisson des ONG, une partie des pays souhaitait retirer l'adjectif« unabated » ou l'assortir de restrictions sur l'usage des technologies de captage du carbone, de crainte que cela ne serve de prétexte pour continuer à brûler des fossiles et offre une échappatoire au secteur pétro-gazier. « Nous aurons besoin de ces technologies dans les secteurs où les émissions dans la production sont inévitables, comme le ciment (...) Mais il n'y a pas d'alternative à l'abandon progressif des fossiles, cela doit être clair », avait averti la ministre autrichienne Leonore Gewessler.

« Ces technologies sont intéressantes, mais ne peuvent seules prendre en charge l'essentiel des émissions: il faut les réserver aux secteurs qu'on ne sait pas décarboner autrement », abondait son homologue française Agnès Pannier-Runacher. Finalement, l'adjectif a été conservé dans le texte, mais n'est plus mentionné dans la formulation de l'objectif de long terme d'un « système énergétique » majoritairement sans fossiles « bien avant 2050 ».

Dans l'immédiat, les technologies de captage du CO2 seront nécessaires mais « devront être réservées aux secteurs pour lesquels il est difficile de se sevrer des fossiles pour une partie du processus industriel », a expliqué après la réunion la ministre espagnole Teresa Ribera, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE. « L'objectif à long terme reste que les fossiles soient progressivement éliminés du mix énergétique », a-t-elle insisté.

Beaucoup de pays pousseront à la COP28 pour décrocher un engagement inédit de l'humanité à sortir des énergies fossiles, sans captage de carbone. Ce sera cependant « extrêmement difficile », prévoit Wopke Hoekstra. « C'est une équation à plus de 190 entités, mais il n'y a pas d'autre choix », a-t-il estimé.

Tripler les capacités de renouvelables d'ici 2023

Les Européens appellent par ailleurs à viser une production d'électricité « entièrement ou très majoritairement décarbonée » à l'échelle mondiale à partir « des années 2030 ».
Autres engagements portés par l'UE : un triplement d'ici 2030 des capacités installées d'énergies renouvelables, ainsi qu'un doublement de l'efficacité énergétique, en ligne avec la feuille de route du président de la COP28.

Un autre sujet faisait débat : les Européens devaient-ils maintenir à Dubaï leur objectif, juridiquement acté, d'une réduction de 55% des émissions de gaz à effet de serre dans l'UE d'ici 2030 par rapport à 1990, ou défendre la baisse de 57% qu'ils devraient de facto atteindre compte tenu des politiques vertes déjà adoptées ? « 57%, ce serait une excellente annonce, nous démontrerions clairement que l'Europe est leader » sur l'action climatique, estimait le vice-président de la Commission, Maros Sefcovic.

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Au bout du compte, les Vingt-Sept ont simplement actualisé leur « contribution » pour indiquer qu'ils visaient une baisse d'"au moins 55%" d'ici 2030. « Nous insistons sur l'effet des mesures adoptées, le message étant que nous dépasserons l'objectif fixé », a souligné Teresa Ribera, estimant que l'UE, par son exemple, pouvait s'imposer « en moteur de changement ».

Enfin, les Vingt-Sept appelleront à « renforcer les dispositifs de financement » pour le fonds pertes et dommages, créé à la COP27 et destiné à aider les pays pauvres: la COP28 s'efforcera de parvenir à un accord sur son fonctionnement. Les Européens pointent « le potentiel des banques multilatérales de développement et institutions financières internationales » et appellent à « mobiliser toutes les sources de financement ».

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Wopke Hoekstra avait précédemment plaidé pour chercher des ressources propres susceptibles d'abonder, évoquant des taxes internationales sur le kérosène ou le transport maritime, ou encore les recettes du marché du carbone.

(Avec AFP)

latribune.fr

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