Corée du Sud : le président par intérim tente de rassurer les marchés
latribune.fr
Après avoir été destitué hier, l'ex-président Yoon Suk Yeol ne s'est pas présenté ce dimanche matin alors qu'il était convoqué par le parquet pour un interrogatoire.
Les autorités financières sud-coréennes ont promis ce dimanche de prendre les mesures nécessaires pour stabiliser les marchés, tandis que le ministre des Finances du pays a déclaré qu'il présenterait un plan économique d'ici la fin de l'année.
Le président sud-coréen par intérim, Han Duck-soo, s'est efforcé dimanche de rassurer les alliés du pays, et de calmer les marchés financiers. Une déclaration qui intervient au lendemain de la destitution du président Yoon Suk Yeol, après sa tentative d'imposer la loi martiale au début du mois.
Han Duck-soo, qui était jusqu'ici le Premier ministre du président destitué, s'est ainsi entretenu par téléphone avec le président américain Joe Biden, ont indiqué ses services, ainsi que la Maison Blanche. « La Corée du Sud mènera sa politique étrangère et de sécurité sans perturbation, et s'efforcera d'assurer le maintien et le développement de l'alliance entre la Corée du Sud et les Etats-Unis », écrit Han Duck-soo, cité dans un communiqué de ses services.
Stabiliser les marchés
Le bureau du procureur n'a pas répondu dans l'immédiat aux demandes de l'agence de presse Reuters. De leur côté, les autorités financières sud-coréennes ont promis dimanche de prendre les mesures nécessaires pour stabiliser les marchés, tandis que le ministre des Finances a déclaré qu'il présenterait un plan économique d'ici la fin de l'année.
Soucieux de ne pas aggraver la crise actuelle, le principal parti d'opposition a annoncé qu'il ne chercherait pas à mettre en accusation Han Duck-soo pour son implication dans le recours à la loi martiale prise par Yoon Suk Yeol le 3 décembre. « Étant donné que le Premier ministre a déjà été confirmé dans ses fonctions de président par intérim, et que des mises en accusation excessives pourraient entraîner une confusion dans la gouvernance nationale, nous avons décidé de ne pas engager de procédure de mise en accusation », a déclaré à la presse Lee Jae-myung, chef du parti démocrate.
Le président déchu absent d'une convocation
Après avoir été destitué hier, Yoon Suk Yeol ne s'est pas présenté ce dimanche matin alors qu'il était convoqué par le parquet pour un interrogatoire, dans le cadre d'une enquête au pénal sur sa décision de recourir à la loi martiale, a rapporté l'agence de presse locale Yonhap, précisant que le parquet va émettre une nouvelle convocation.
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Les dizaines de milliers de manifestants massés à l'extérieur de l'Assemblée nationale ont explosé de joie à l'annonce par le président de la chambre Woo Won-shik du résultat du vote: 204 voix pour la destitution, 85 contre, trois abstentions et huit bulletins invalides. La validation de sa destitution doit être actée par la Cour constitutionnelle sous 180 jours. Le 7 décembre dernier, une première motion de destitution avait échoué, la plupart des députés du PPP ayant quitté l'hémicycle pour empêcher le quorum d'être atteint.
Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a estimé samedi que la destitution du président sud-coréen illustrait la « résilience démocratique » en Corée du Sud, et s'est dit « prêt à travailler avec le président Han ». De son côté, l'Union européenne a appelé dans un communiqué à une « résolution rapide et ordonnée de la crise politique actuelle, conformément à la Constitution coréenne ».