"Not my president" ! Des manifestations anti-Trump un peu partout aux Etats-Unis

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A Oakland, en Californie, quelque 6.000 manifestants ont bloqué le trafic routier et lancé des projectiles en direction des forces de police.
A Oakland, en Californie, quelque 6.000 manifestants ont bloqué le trafic routier et lancé des projectiles en direction des forces de police. (Crédits : Reuters)
Scandalisées par la victoire surprise du milliardaire de l'immobilier à l'élection présidentielle, des milliers de personnes ont manifesté mercredi soir dans plusieurs villes des Etats-Unis.

A Oakland, en Californie, quelque 6.000 manifestants ont bloqué le trafic routier et lancé des projectiles en direction des forces de police. Des vitrines de magasin ont été brisées et des poubelles incendiées. La police a riposté en tirant des gaz lacrymogènes, a rapporté un journaliste de Reuters.

A Los Angeles, ils étaient un peu plus de 5.000 à avoir répondu à un appel à un sit-in géant contre le milliardaire républicain. Des centaines de personnes se sont également rassemblées à Philadelphie, Boston, Portland ou encore Austin, la capitale du Texas.

En Californie : "Not my president"

Mercredi à Berkeley, en Californie également, quelque 1.500 lycéens et d'enseignants ont quitté les classes pour protester sous le mot d'ordre "Ce n'est pas notre président" ("Not my president") contre la victoire surprise de Donald Trump à l'élection présidentielle. Ces lycéens se sont rassemblés dans la cour de la Berkeley High School (photo ci-dessous), selon Charles Burress, porte-parole du district scolaire, dans la baie de San Francisco. Ils se sont ensuite dirigés vers le campus de l'université de Berkeley, ville connue pour son progressisme.

Manifestations anti-Trump, Berkeley, lycéens, Californie, Etats-Unis

Ariana Melton 16 ans, manifeste ses craintes après l'élection de Donald Trump à la présidence de son pays, les Etats-Unis, mercredi 9 novembre, devant le lycée de Berkeley (Californie)

Retour dans l'Amérique raciste des années 1950 ?

"Nous avons remonté le temps et sommes revenus aux années 1950 en élisant cet imbécile. Vous savez quoi ? Trump nous fait réaliser combien la haine et l'ignorance sont encore répandues", a déclaré une étudiante présente sur place, selon une retransmission en direct via l'application Periscope.

Brandissant des pancartes frappées de slogans anti-Trump -anti-racistes et anti-sexistes- et des drapeaux mexicains, les étudiants scandaient : "Not my president !" et "Si se puede !", l'équivalent du "Yes We Can" d'Obama, et formule désormais classique du mouvement des droits civiques des immigrés.

Contre la militarisation de la frontière avec le Mexique

Selon un tract trouvé sur place, les manifestants entendent dénoncer l'arrivée d'une "tyrannie Trump" et refusent des atteintes aux droits des immigrés et la "militarisation" de la frontière avec le Mexique. Trump s'est proposé pendant la campagne d'y construire un mur pour endiguer l'immigration.

Une autre manifestation a eu lieu à l'Université de Californie, à Davis, non loin de la capitale de l'Etat, Sacramento, où des étudiants ont bloqué les rues et scandé :

"Vous n'êtes pas l'Amérique! Nous sommes l'Amérique!"

     > Lire: Présidentielle américaine : Sacramento ou la revanche des hispaniques

Des rassemblements anti-Trump sont prévus plus tard dans l'après-midi à New York, à Boston, à Chicago et dans d'autres villes, selon les réseaux sociaux.

New-York : 8.000 participants annoncés à Manhattan

A New York, les manifestants se sont dirigés par milliers vers la Trump Tower, la résidence luxueuse du futur 45e président des Etats-Unis situé sur la 5e Avenue tandis que des centaines d'autres se rassemblaient dans un parc de Manhattan au cris de "Pas mon président". La page Facebook de cette manifestation prévue dans le parc de Union Square recense pour le moment plus de 8.000 participants.

Chicago : "Profitez de vos droits tant que vous le pouvez!"

Dans le centre de Chicago, quelque 1.800 personnes massées à l'extérieur d'un bâtiment appartenant au magnat immobilier - la Trump International Hotel and Tower - ont scandé des slogans tels que "Non à Trump ! Non au KKK (Ku Klux Klan) ! Non à une Amérique raciste !"

     >Lire: Chicago, chronique de la violence quotidienne et du racisme ordinaire

La police de Chicago a bloqué les rues autour de la zone de la manifestation. Aucune interpellation ni actes de violence n'ont été signalés.

"Je suis tout simplement terrifiée par ce qui arrive à mon pays", a dit Adriana Rizzo, 22 ans, venue avec une pancarte "Profitez de vos droits tant que vous le pouvez".

(Avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 12/11/2016 à 0:10 :
On peut remercier les médias de nous informer sur ce qu'elles ont provoqué, c'est un "cercle de vertu" pour leur propriétaire!
a écrit le 11/11/2016 à 22:38 :
Trump est vraiment un mec "anti-système" : il n'a pas choisi un banquier de golman sachs comme secrétaire d'état au trésor... il a pris quelqu'un de JP morgan, c'est très courageux, ça c'est du changement.

Et puis c'est vraiment quelqu'un du peuple : il n'a hérité que de 200 millions de dollars, donc il est tout à fait à même de comprendre les pauvres qui ont voté pour lui.

Un "1%" anti-sytème ? c'est une blague : il est au sommet du système. Un milliardaire, un homme d'affaire malin et persuasif avec une grande soif de pouvoir, rien de plus.
a écrit le 11/11/2016 à 11:28 :
Hollande "is not my president" pourtant j'ai accepté le vote et fermé ma gueule
donc j'espère que pour la prochaine élection française les perdants respecteront le choix des urnes.
a écrit le 11/11/2016 à 11:18 :
Quand la gauche gagne celui qui n'est pas content est un réactionnaire anti démocrate
Quand la gauche perd ,celui qui n'est pas content est un combattant pour la liberté
Quand la gauche gagne il faut respecter le résultat
Quand la gauche perd il faut continuer le combat.
Réponse de le 11/11/2016 à 22:28 :
Quand l'extrême droite gagne il faut faire ses valises.
a écrit le 11/11/2016 à 10:52 :
Il est vrai que cette élection, certes démocratique, a un arrière goût. Un soupçon de malhonnêteté intellectuelle ou morale ? car si on analyse le discours, c’est majoritairement de la démagogie. Certes on jugera aux actes et annoncer un programme et faire le contraire, beaucoup de candidats font cela, même en France. Parfois c’est en pensant bien faire, comme quoi il faut bâtir un vrai programme politique et savoir bien s’entourer.
Mais pour le pays le pays le plus puissant de la planète et le plus libre, le discours est déjà violent et le résultat aura un impact mondial. On se dit qu’ils jouent à se faire peur et à faire peur. Une fracture supplémentaire, qui pourrait engendrer des effets graves en provoquant des séismes.
C’est une mode, dans beaucoup de pays (sauf ceux qui ont vécu de longs épisodes totalitaristes, ou de guerres), on sent monter un besoin de fermeté. Certainement engendré par des peurs : peur de la mondialisation, de la concurrence, du progrès, de la disparition progressive du travail pour tous,… Mais on ne peut l’avouer, car tout le monde profite du pétrole à bas prix, des ordinateurs, télés et smartphones fabriqués ailleurs et peu importe où. Alors on se dit que tout cela c’est la faute des autres et qu’en restant « entre nous » et en rétablissant les vieux modèles protectionnistes ou nationalistes, tout redeviendrait comme avant. Même les USA ont besoin des autres, alors imaginons n’importe quel pays sorti de la coalition européenne…
Je ne suis pas convaincu que ce comportement infantile, cette espèce « de volonté d’autoritarisme», soit un passage utile pour nos démocraties, sauf à être masochiste.

Surtout ! il faut veiller à ne pas confondre Intégrité et intégrisme, si on ne veut pas se réveiller un matin avec un pouvoir fasciste. A ce sujet, le sondage Ifop/Fiducial/France Digital, fait peur, car quand le politique perd son pouvoir ou sa crédibilité, c’est soit l’idéologie qui prend la place, soit la force. C’est au politique de maitriser le régalien, mais pas d’en abuser. L’équilibre est fragile.
On a les politiques que l’on choisit, ou à défaut que l’on mérite et ce ne sont pas les élections qui manquent. Pour éviter les extrêmes, la solution est simple : il suffit d’élire des démocrates intègres, ayant un programme et ayant surtout une vision de l’avenir et non du passé.
a écrit le 11/11/2016 à 9:18 :
les citoyens français doivent se mobiliser en solidarité avec le peuple américain.les syndicats et le secteur associatif doivent lancer les mots d'ordre.il faut aussi une mobilisation des intellectuels,artistes et médias français pour peser dans le débat.profitons des élections a venir pour nous faire entendre!
a écrit le 11/11/2016 à 4:54 :
bien sur ce n'est pas très démocratique , mais c'est une réaction compréhensible après avoir été intoxiqué pendant si longtemps par les journalistes , et les experts sondeurs !!
a écrit le 10/11/2016 à 19:53 :
O pourrait avoir des plans larges des photos svp? J'ai personnellement assisté à une manifestation anti Trump à New York il y a 2 semaines, devant la Trump Tower. Les manifestants étaient 3 ! (véridique). Sur les photos locales, avec les badauds attroupés par le bruit et l'animation, on aurait cru à une foule. Il y a avait 3 personnes en tout et pour tout...
a écrit le 10/11/2016 à 18:39 :
8000 MANIFESTANTS A NEW-YORK ... Un véritable raz-de-marée en effet. L'équivalent d'une manif de fonctionnaires dans une sous-préfecture française. Apparemment l'insignifiance du chiffre n'a pas frappé l'auteur de cet article.
Réponse de le 11/11/2016 à 18:10 :
Pas besoin d'être nombreux pour mettre le bazar ( voir chez nous ) de plus et contrairement à nous, une grande partie de la population est armée jusqu'aux dents et semble avoir la gâchette facile.
Réponse de le 11/11/2016 à 22:44 :
La culture des manifestation n'est pas la même aux USA et en France...
Mais si tu veut voir des grosses manifs attend un peu, Trump ne pourra pas tenir la moitié les promesses qu'il a fait, c'est impossible. Il va juste mettre de l'huile sur le feu entre les différentes communautés...
On va avoir droit à de nouvelles émeutes du style de celle de 1992 à Los Angeles avant la fin de son mandat.
a écrit le 10/11/2016 à 18:13 :
La presse française subventionnée aime dire tout le mal qu'elle pense de Trump. C'était grotesque maintenant, cela devient lassant.
Rapporter une manifestation de quelques individus racistes,violents,qui refusent la démocratie et qui devraient être 8 000 selon facebook frise le ridicule.
a écrit le 10/11/2016 à 16:08 :
Souligner que c'est la victoire du "milliardaire de l'immobilier" pour oublier la corrompue et richissime Clinton que les vilains populistes ont rejeté !
a écrit le 10/11/2016 à 15:41 :
ça me rappelle les sixties de ma jeunesse dont on sait comme elles ont fini : quelques 200 millions d'américains versus quelques milliers voire dizaine de milliers de protestataires :
il faut bien que jeunesse se passe à gauche généralement
a écrit le 10/11/2016 à 15:05 :
Des adeptes de Sarko sans doute: si ça va pas dans mon sens, on revote ! Comme quoi la jurisprudence joue un rôle important dans les réactions des gens, même chez les Américains qui pourtant ne connaissent pas nos idiots de village :-)
a écrit le 10/11/2016 à 13:33 :
Vu Trump, je peux comprendre que certains ne soient pas contents. Mais de là à faire un article à l'international sur 10/15000 manifestants dans tous les USA...
a écrit le 10/11/2016 à 12:58 :
Cette pression populaire permet de contrôler en partie les gouvernements réactionnaires étant donné qu'ils peuvent très vite partir en vrille pour finir au sein d'un chaos généralisé voir d'une révolte assez facilement.

D'où l'intérêt des partis faussement progressistes comme les démocrates aux états unis ou comme les socialistes en france, qui ne sont que des partis de droite comme les autres mais affichant des idéologies progressistes alors que gérant de la façon la plus conservatrice qu'il soit profitant de cette fausse image progressiste pour faire passer des Lois de fond particulièrement agressives vis à vis des peuples.

Les Clinton l'ont démontré avec cette validation tacite du néolibéralisme lui donnant tous les pouvoirs et le parti socialiste nous l'a encore démontré validant une Loi contre le droit du travail permettant de laisser aux autres le soin de tout casser sans avoir besoin de passer devant les parlementaires et donc d'avoir à lancer des débats nationaux.

Tous néolibéraux, tous compromis.
Réponse de le 10/11/2016 à 22:20 :
Bonjour
Certains commentaires traitant les démocrates d'hommes de droite écrasant le peuple relève d'une caricature simpliste
C'est si facile de mettre tout le monde dans le même sac ! Cela permet de s'éviter la lourde tâche de prospection, d'analyse objective et approfondie d'un monde complexe. Bref ceci ressemble étrangement aux discours de ces politiciens sans scrupules qui prétendent être contre le système mais qui en fait protègent le leur. Celui de l'autoritarisme, des conservatismes de tout poils et de la régression morale. Lisez les bons livres d'histoire !
a écrit le 10/11/2016 à 12:22 :
Je ne suis pas un partisan de Mr Tump loin s'en faut. Ceci dit il n'avait pas tort en dénonçant la complicité des média avec Mme Clinton.
Manifester contre le résultat d'une élection/référendum est une pratique déplorable qui a tendance à se banaliser: c'est un rejet total de la démocratie, et cela ne devrait pas être toléré. Les règles sont connues, le résultat est là, il n'y a pas lieu de vouloir revenir dessus.
Réponse de le 10/11/2016 à 15:27 :
@MOUGEON: 100% d'accord avec vous. les votes ont parlé donc il n'y a pas lieu de manifester contre cela. C'est un peu trop facile de dire ok qd c'est mon candidat qui passe et manif qd c'est l'autre. Apres il semble qu'il y ai ben peu de manifestants. 20.000 ou meme 30.000 à la taille du pays ça n'est pas lourd.
Réponse de le 10/11/2016 à 15:46 :
Exact. Tout le monde veut pouvoir s'exprimer a travers le vote ... mais a condition de gagner! Sinon, ils vont contester le resultat du vote.
C'est comme nos bons Zadistes de ND Landes.
En dehors du nombre de grands electeurs qui peut completement fausser le resultat de l'election populaire, Trump a gagne presque autant de votes que Clinton => pres de la moitie des votants l'ont choisi, par conviction ou par rejet d'une certaine caste bien-pensante...
Réponse de le 10/11/2016 à 16:54 :
Tout à fait d'accord avec vous deux.
Réponse de le 10/11/2016 à 18:13 :
Clinton a eu plus de votes (nombre total des électeurs, je ne parle pas des grands électeurs) que trump. Oui, il y a clairement de quoi manifester contre un système américain complètement anti démocratique.
Réponse de le 10/11/2016 à 19:04 :
Les journaux papiers étaient effectivement à 98% pour Clinton mais les TV ont consacré deux fois plus de temps à la campagne de Trump qu'à celle de Clinton, ce qui fait plus que rééquilibrer.
Les républicains ont même des TV totalement à leur bottes qui n'ont quasiment pas eu un mot positif envers Mrs Clinton et les démocrates depuis des années.

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