Dette américaine : la Maison Blanche écarte l'idée d'un passage en force constitutionnel
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La porte-parole de la maison blanche karine jean-pierre tient le point de presse quotidien a la maison blanche
EVELYN HOCKSTEIN
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La porte-parole de la maison blanche karine jean-pierre tient le point de presse quotidien a la maison blanche
EVELYN HOCKSTEIN
Les négociations continuent au Congrès américain dans l'épineux dossier du relèvement de la dette publique. Pour rappel, l'opposition républicaine conditionnent leur feu vert à une telle procédure, courante puisque déclenchée à 78 reprises depuis le début des années 1960, à une coupe drastique des dépenses fédérales.
Les négociateurs des deux partis se sont donc réunis encore ce mardi pendant plusieurs heures, après avoir déjà travaillé jusque tard lundi soir. Car le temps presse : au 1er juin, un défaut de paiement américain inédit et périlleux pourrait être acté.
L'exécutif n'entend toutefois pas passer en force en invoquant le 14ème amendement de la Constitution, texte qui interdit de « remettre en question » la solvabilité de la première puissance mondiale. « Cela ne résoudrait pas le problème que nous avons en ce moment », a indiqué la porte-parole. Cette stratégie a été évoquée récemment par le président américain. Elle consisterait à émettre de nouveaux emprunts sans se soucier du « plafond de la dette », objet de toutes les discussions du moment.
Reste que le Congrès doit absolument augmenter ce fameux plafond pour éviter la banqueroute. Le gouvernement fédéral se retrouverait alors plus ou moins rapidement incapable de payer certains fonctionnaires, de verser certaines prestations sociales et de rembourser certains créanciers. S'en suivraient, selon les économistes, une panique financière et une récession massive, avec un effet de contagion à l'échelle mondiale.
Pour voter en faveur d'un plafond d'endettement plus élevé - il est pour l'heure de plus de 31.000 milliards de dollars - les républicains exigent un effort budgétaire. Les démocrates emmenés par Joe Biden sont eux aussi favorables à une réduction du déficit. Problème : chaque camp a des idées opposées sur la manière d'y parvenir.
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La Maison Blanche voudrait taxer davantage les plus riches et les grandes entreprises, sans toucher aux prestations sociales ni aux immenses projets d'investissement du président. En clair, augmenter les revenus de l'État fédéral. Les conservateurs, eux, voudraient plutôt tailler dans la dépense publique.
Le compromis, selon la presse américaine, pourrait être trouvé sur quelques postes budgétaires ciblés, dans une réaffectation de fonds destinés à lutter contre la pandémie de Covid-19 et via un gel de certaines dépenses, dont la durée est âprement discutée.
Le temps presse d'autant plus qu'il ne s'agit pas seulement, pour Joe Biden et Kevin McCarthy, de se mettre d'accord entre eux. Il faudra encore que le compromis trouvé soit validé par le Congrès. Les démocrates ne contrôlent le Sénat que d'une courte tête, tandis que les républicains n'ont que quelques sièges de majorité à la Chambre des représentants. Or, les sénateurs progressistes côté démocrate, et les élus trumpistes côté républicain, ont déjà donné de la voix pour exiger de leurs dirigeants respectifs la plus grande fermeté.
Un défaut de paiement pourrait en tout cas changer la face de la campagne pour la présidentielle de 2024. Joe Biden, qui à 80 ans brigue sa réélection, peine pour l'heure à enthousiasmer l'opinion avec ses promesses de prospérité et de justice sociale. Une récession plomberait à coup sûr sa candidature.
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Face à lui, Donald Trump cherche à se faire réélire à la présidence des États-Unis et fait déjà figure de favori de la primaire républicaine. Sur ce sujet de la dette, l'ancien président appelle son camp à ne surtout pas « plier » face à la Maison Blanche. Selon lui, le défaut de paiement sera probablement évité, prédisant que les démocrates allaient « céder » sur le dossier.
(Avec AFP)
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