Dans l'objectif de réduire les dépenses publiques et le déficit budgétaire américain, Donald Trump souhaite se séparer d'une partie des fonctionnaires. Ces derniers sont incités à prendre la porte.
Dix jours après sa prise de poste, le président Donald Trump laisse déjà sa marque au sein de l'administration fédérale qu'il s'est engagé à remodeler. Le gouvernement américain a proposé mardi une mesure inédite aux deux millions de fonctionnaires fédéraux : démissionner tout en conservant leur salaire et avantages sociaux jusqu'à la fin septembre. Selon un message interne consulté par l'Agence France presse, cette « démission différée » comprend une indemnisation équivalente à huit mois de salaire.
Cette initiative, confirmée par Elon Musk sur X, vise à réduire les effectifs de 5 à 10 %, permettant ainsi, selon les projections, une économie de 100 milliards de dollars. L'administration Trump entend ainsi réduire le poids de l'État fédéral, une promesse de campagne du président réélu. Le patron de Tesla a été nommé directeur du département de l'efficacité gouvernemental (DOGE) avec pour objectif de réduire les dépenses publiques de 6.500 milliards de dollars. Cette annonce d'incitation à la démission survient alors qu'une juge fédérale vient tout juste de suspendre le gel de plusieurs milliards de dollars d'aides publiques, précédemment décidé par la Maison-Blanche, afin d'examiner la conformité des subventions aux priorités présidentielles.
Une prise de contrôle du ministère de la Justice
Parallèlement à cette réduction de l'administration, Donald Trump s'emploie à remodeler le ministère de la Justice en plaçant des fidèles et en écartant les responsables impliqués dans les poursuites judiciaires le visant. Le président avait déjà annoncé lors de son discours d'investiture vouloir mettre fin à « l'instrumentalisation malveillante » du ministère. Les procédures menées par le procureur spécial Jack Smith contre Donald Trump ont été abandonnées après l'élection de ce dernier en novembre. Jack Smith, anticipant son renvoi, a quitté le ministère de la Justice le 10 janvier. Mais d'autres hauts responsables impliqués dans ces affaires ont été limogés lundi.
Dans le même temps, trois avocats personnels de Trump ont été placés à des postes stratégiques du ministère. Pam Bondi, ancienne défenseure du président lors de son procès en destitution en 2020, est pressentie pour diriger l'institution, bien que sa nomination doive encore être confirmée par le Congrès. Cette refonte inquiète les experts. « Trump traite le ministère de la Justice comme son cabinet d'avocats personnel », explique Steven Schwinn, professeur de droit constitutionnel à l'Université de l'Illinois. Il craint que les nouveaux responsables ne s'opposent pas aux directives présidentielles. Autre nomination décisive : Kash Patel, proche de Trump et figure de la sphère complotiste, pourrait prendre la tête du FBI. Il avait déclaré en 2023 vouloir enquêter sur des journalistes et des responsables de l'administration Biden.
Une refonte économique avec un nouveau Secrétaire au Trésor
Dans la même logique de réorganisation, Scott Bessent a été confirmé lundi au poste de Secrétaire au Trésor. Ancien investisseur à la tête du hedge fund Key Square Group, il se distingue par son parcours politique : ancien démocrate, il est devenu un fervent partisan de Trump. Sa nomination est hautement symbolique : il devient le deuxième homme ouvertement gay à intégrer un cabinet présidentiel après Pete Buttigieg. Bessent devra relever des défis de taille : réduire le déficit tout en stimulant la croissance économique.
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Son plan repose sur le 3x3, c'est-à-dire garder pour objectif 3 % de déficit, 3 % de croissance et 3 millions de barils de pétrole supplémentaires par jour. Sa nomination n'est pas exempte de controverses. Ses investissements personnels dans des fonds spéculatifs et des devises posent la question de conflits d'intérêts. Il a déjà amorcé la fermeture de son hedge fund pour se conformer aux exigences éthiques.